MHSC-Dijon. “Il est évident qu’on passe dans une étape différente” : plus ambitieux, mieux armé, l’entraîneur Zoumana Camara lance l’an II de son mandat
Pour lancer sa deuxième saison à la tête de la Paillade, sa deuxième comme numéro 1 chez les pros, qui débute ce samedi 8 août (20 h 45) face à Dijon, le coach montpelliérain est apparu résolument plus offensif dans son discours. Plus sûr des forces d’un groupe qu’il juge davantage construit pour lui.
Pour lancer sa deuxième saison à la tête de la Paillade, sa deuxième comme numéro 1 chez les pros, qui débute ce samedi 8 août (20 h 45) face à Dijon, le coach montpelliérain est apparu résolument plus offensif dans son discours. Plus sûr des forces d’un groupe qu’il juge davantage construit pour lui.
Zoumana Camara avait besoin de se détendre. Fin juin, après avoir choisi Midi Libre pour confier longuement ses attentes et ses doutes face au processus de vente du club, finalement interrompu, “Papus” s’était adonné à son "petit vice". Un cigare, seul face à la mer. Un peu plus d’un mois après, la famille Nicollin est restée et l’entraîneur est rassuré.
Ses sourires au moment de donner sa première conférence de presse de la saison, jeudi, ne mentaient pas. Comme son discours, résolument plus ambitieux. "Il ne faut pas fixer de limites", a-t-il lâché, annonçant viser mieux que la dernière 8e place. Comme si l’an II de l’entraîneur au Montpellier Hérault SC, qui débute vraiment ce samedi contre Dijon, était celui qui devait le révéler totalement.
Il y a un an, pour le lancement de sa première campagne comme numéro 1 en pro, Camara (47 ans) avait choisi un mot, "reconstruction". Il l’aura martelé ensuite, jusqu’à la corde. "Je sais que je vous ai fait ch… avec ce mot", se marrait-il avant-hier.
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Philosophie inchangée
Camara a changé son champ lexical. Et là où il avait été perçu trop prudent lors de chocs, il dit maintenant les termes. "Ambition, amélioration, certitude, exigence, liste-t-il. Il est évident qu’on passe dans une étape différente. Cela signifie exigence plus élevée partout. Parce qu’il y a du vécu, de l’expérience."
Lui inclus. Arrivé en avril 2025, quand le bateau montpelliérain coulait, Camara a dû reconstruire donc, et se débattre avec les impératifs financiers d’un MHSC serrant les boulons partout. Il a tâtonné, s’est "adapté". Mais il assure n’avoir pas changé sa philosophie.
Groupe plus en adéquation avec ses principes de jeu
Il ne se cache cependant pas à la question de savoir si l’effectif actuel lui correspond mieux : "Oui, clairement. Plus de mobilité, plus de courses, plus d’intensité", argumente-t-il, bien au fait des investissements consentis pour Mamadou Camara (Laval) ou Daylam Meddah (Pau), une première depuis deux ans qui réduit sa marge d’erreur, mais droit dans ses principes.
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Il ne les a jamais quittés lorsque la gestion de Téji Savanier lui était rabâchée il y a quelques mois, opposant des considérations dépassionnées de "profil". Les interrogations répétées lui avaient aussi arraché des regards noirs et un rare agacement au sortir d’une défaite dans le Chaudron.
Camara, ex-adjoint de Carlo Ancelotti, Thomas Tuchel ou Laurent Blanc, a dû se frotter pour se forger. "Il a une vision et des idées claires. Mais il a appris aussi, note-t-on au club. Il a su durcir le ton face à une équipe qu’il jugeait molle l’an passé."
Management horizontal
Habile communicant en public, il a su imposer en interne un management horizontal, qui rappelle celui de Jean-Louis Gasset, l’une de ses sources d’inspiration. Il implique au maximum son staff, dans les décisions ou avec des briefs et des débriefs de chaque séance d’entraînement. Sans oublier d’aménager des plages de détente, ensemble, pour déconnecter. Auprès des joueurs, dont il est proche, chambreur, "mais qu’il peut recadrer un instant plus tard", il prône la participation. "Son bras droit Nicolas Damon est un vrai support", souffle un témoin.
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À Grammont, en attendant les résultats, juges de paix, la méthode a convaincu, comme la personnalité d’un entraîneur "pédagogue, curieux de tout". Le départ du directeur sportif Bruno Carotti, en juillet, a élargi de fait son champ d’action.
Camara aime de toute façon ne pas s’y borner, s’intéressant aux datas ou l’IA. Elle ne prédit pas (encore) par quoi passera ce groupe. Camara, lui, a son credo. "Si je peux utiliser les mots de mon président, “Retrouver le sourire”. Moi, je ne l’avais pas perdu. Je voudrais que les supporters se reconnaissent dans cette équipe, sa mentalité, ses efforts, sa générosité. Tout ce qui fait que cette équipe doit ressembler à la Paillade." Et lui avec, vraie mue de l’an II ?