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Meta est condamné à payer 25 milliards de dollars pour avoir trompé les utilisateurs de Facebook sur leurs données personnelles dans le cadre du scandale Cambridge Analytica

Les géants du numérique promettent de protéger la vie privée, tout en vivant de la publicité ciblée. La justice américaine vient de rappeler que ces engagements ont un prix. La condamnation de Meta dans l'affai...

Les géants du numérique promettent de protéger la vie privée, tout en vivant de la publicité ciblée. La justice américaine vient de rappeler que ces engagements ont un prix. La condamnation de Meta dans l'affaire Cambridge Analytica sanctionne des années de mensonges sur la protection des comptes.

Julia Garcia

Rédacteur scientifique

Publié le 27/10/26 à 13:00

Ce résumé généré par IA a été validé par les journalistes de la rédaction.

Le juge Francis Mathew a ordonné le 21 octobre 2026, au Nouveau-Mexique, au propriétaire de Facebook de payer 25 milliards de dollars au terme d’un procès sur ses pratiques en matière de vie privée, selon The Verge. Tout remonte au scandale Cambridge Analytica, éclaté en 2018, qui avait entamé la confiance des usagers envers le réseau social. La condamnation de Meta s’appuie sur plus de 43 millions d’infractions retenues par un jury après des années de litige.

La condamnation de Meta referme un bras de fer de cinq ans

Le Nouveau-Mexique avait porté plainte dès 2021, puis a choisi d’aller jusqu’au procès, là où la quasi-totalité des autres États ont préféré un accord à l’amiable de 18 milliards de dollars signé en août. Ce pari solitaire a payé. En septembre, un jury populaire de Santa Fe a jugé l’entreprise coupable d’avoir menti sur sa manière de collecter et de protéger les données personnelles de ses membres.

Pour fixer la somme, le tribunal a retenu le caractère intentionnel et répété des fausses déclarations des dirigeants, ainsi que leur durée. Les jurés avaient passé en revue des dizaines de prises de parole publiques de l’entreprise sur la vie privée et la modération, et en avaient jugé la majorité trompeuses. Le montant dépasse ainsi, et de loin, les amendes que les plateformes absorbent d’ordinaire sans broncher.

Comment Cambridge Analytica a siphonné Facebook

À la fin des années 2010, un simple questionnaire de personnalité proposé sur le réseau social a servi de cheval de Troie. L’application a aspiré les profils d’environ 87 millions d’utilisateurs, bien au-delà des seuls participants, puis a transmis le tout à Cambridge Analytica, sans que personne n’ait vraiment donné son accord. Ce cabinet de conseil politique, depuis disparu, a fabriqué grâce à ces profils des publicités électorales taillées selon le caractère de chaque internaute, notamment pour la campagne de Donald Trump en 2016.

Une amende que Meta juge disproportionnée

D’où sort un tel montant ? Chaque infraction au droit de la consommation du Nouveau-Mexique, c’est-à-dire aux règles qui interdisent de tromper l’acheteur, pouvait coûter jusqu’à 5 000 dollars. Multiplié par les dizaines de millions de manquements retenus, le calcul théorique frôlait 219 milliards, que le juge a ensuite ramenés à 25 milliards. L’État en réclamait entre 35 et 40 milliards, quand l’entreprise plaidait pour ne pas dépasser 3,4 milliards.

Meta juge la sanction indéfendable et conteste que le moindre habitant ait pu voir ces déclarations ou en pâtir. Le groupe rappelle aussi avoir revu ses pratiques depuis 2021 et retirer aujourd’hui 99% des contenus litigieux.

Raúl Torrez, le procureur général de l’État, veut consacrer la totalité de la somme aux écoles publiques et réclame une injonction pour faire cesser ces pratiques. Rien n’est pourtant acquis. L’appel annoncé par Meta pourrait réduire le nombre d’infractions retenues, et la facture avec, pendant que les intérêts s’accumulent. Signe de la sérénité des marchés, le titre a même gagné près de 2% juste après l’annonce.