Menacé par des codétenus, il fait rentrer du cannabis à la prison d’Andenne : une peine de travail de 200 heures à sa sortie
Le tribunal correctionnel de Namur a condamné à 200 heures de travail un détenu qui avait introduit 41 grammes de cannabis à la prison d'Andenne, après une sortie autorisée. Il a retenu les menaces dont avait fait l'objet l'auteur comme circonstances atténuantes.
"Un couteau sous la gorge." Lors de son passage devant le tribunal correctionnel de Namur, Thibaut (prénom d'emprunt) avait raconté les pressions et les menaces qui l'auraient poussé à ramener 41 grammes de cannabis à la prison d'Andenne, le 4 juin dernier, à l'issue d'une permission de sortie. Ces circonstances n'effacent pas l'infraction. Mais elles n'ont pas été ignorées par le tribunal au moment de déterminer la peine.
Jeudi, les juges ont déclaré la prévention établie telle qu'elle était libellée, y compris l'état de récidive générale du prévenu. Ils ont toutefois appliqué la loi la plus favorable au jour du prononcé du jugement et opté pour une peine de travail de 200 heures, à exécuter à la sortie de prison de Thibaut.
Le trentenaire, toujours détenu, n'avait jamais contesté avoir introduit les stupéfiants dans l'établissement pénitentiaire. Il avait cependant décrit un climat de peur. La veille de sa permission, il aurait été agressé lors d'une promenade. "On me menaçait de mort, ma petite sœur et moi", avait-il expliqué. Les auteurs présumés savaient qu'il devait sortir et lui auraient intimé de ramener des stupéfiants.
À son retour à Andenne, la drogue avait été découverte. Thibaut n'avait prévenu la direction qu'ensuite. Il avait écopé de quatorze jours d'isolement disciplinaire. Il disait n'avoir pas livré le nom des autres détenus impliqués, craignant des représailles. Son avocat, Me Raphaël Mossoux, avait aussi insisté sur l'insécurité ressentie par son client, qui ne se rendrait plus au préau et redouterait qu'un transfert dans une autre prison ne soit interprété comme une dénonciation.
Le parquet avait requis un an d'emprisonnement et une amende de 1 000 euros, en soulignant la récidive. La défense sollicitait une mesure de faveur, évoquant notamment une tentative de suicide en décembre 2024, la fragilité psychique du prévenu, son suivi pour son assuétude et les formations qu'il poursuit en gestion, comptabilité et fiscalité.
Dans son jugement, le tribunal a précisément tenu compte des quatorze jours d'isolement déjà subis, de cette fragilité mentale ainsi que des efforts fournis en vue d'une future réinsertion. La peine de travail ne sera donc exécutée qu'une fois la détention terminée.