Mégaferme à saumons en Gironde : plusieurs ONG, dont Seastemik, annoncent préparer un recours contentieux contre son implantation
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L’État a autorisé, mardi, l’implantation de ce projet qui prévoit de produire sur terre jusqu’à 10 000 tonnes de poisson par an.
Radio France
Publié le 04/08/2026 19:25
Temps de lecture : 1min
Esther Dufaure, cofondatrice et directrice de l'ONG Seastemik, qui travaille sur la sortie de la pisciculture intensive, annonce, mardi 4 août, sur franceinfo que son ONG prépare avec d'autres "un recours contentieux" contre le projet de mégaferme à saumons en Gironde.
L’État a autorisé, mardi, l’implantation de ce projet porté par la société Pure Salmon, propriété d’un fonds d’investissement singapourien, qui prévoit de produire sur terre jusqu’à 10 000 tonnes de poisson par an. Cette usine d’élevage de saumons, en circuit fermé, doit être construite sur 14 hectares au Verdon-sur-Mer, au bout de l’estuaire de la Gironde, à partir de 2027. Elle nécessitera 280 millions d’euros d’investissement. "Ce projet va menacer l'eau potable de l'ensemble de la Gironde", alerte Esther Dufaure.
Selon elle, "le saumon n'est pas du tout un besoin vital. On nous l'avance comme une nécessité pour notre souveraineté alimentaire. On a plutôt besoin de repenser notre rapport à l'alimentation". Elle évoque "un prix à payer très fort pour les pêcheurs" et estime que "tout le tissu économique va se retrouver impacté par une qualité de l'eau qui va complètement changer."
Esther Dufaure invite à "repenser la consommation des poissons carnivores qui viennent de ces élevages intensifs, qui sont particulièrement destructeurs". La cofondatrice et directrice de l'ONG Seastemik compare les effets de ces élevages à ceux des élevages intensifs de porcs et évoque des "rejets de phosphores, d'azotes" auxquels s'ajoutent "des traitements anti-maladies qui vont arriver dans l'estuaire".
"La station d'épuration qui va s'installer est équivalente à une ville de 100 000 habitants. Le Verdon, c'est un petit village de 1 300 habitants. Derrière, automatiquement, la qualité de l'eau va changer", alerte-t-elle. "Tous les acteurs du territoire - les acteurs du tourisme, les ostréiculteurs, les pêcheurs - vont se retrouver impactés."
Esther Dufaure parle de "garde-fous illusoires". Selon elle, "tout est à la bonne volonté de l'industriel : Pure Salmon serait en charge de réunir un comité de surveillance. Tout est indicatif, on est dans de l'auto-évaluation. On est assez inquiets qu'il n'y ait pas de vraies contraintes, surtout quand on voit la crise climatique et hydrique en Gironde à la suite des mégafeux."
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