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Médias. Jean-Emmanuel Casalta : « Les sénatoriales, dernier grand rendez-vous avant la présidentielle »

Dans huit jours, le Sénat renouvelle la moitié de ses membres. Les sortants sont en campagne auprès des grands électeurs -notamment ceux issus des municipales de ce printemps - qui vont décider de leur sort dan...

Dans huit jours, le Sénat renouvelle la moitié de ses membres. Les sortants sont en campagne auprès des grands électeurs -notamment ceux issus des municipales de ce printemps - qui vont décider de leur sort dans un contexte politique et social dégradé. Le président de la chaîne parlementaire Public Sénat, partenaire du groupe Ebra auquel appartient votre journal, la décrypte.

Propos recueillis par Fabrice Veysseyre-Redon -

Aujourd’hui à 07:45

Jean-Emmanuel Casalta, président de Public Sénat. Photo Ebra/Capa Pictures
Jean-Emmanuel Casalta, président de Public Sénat. Photo Ebra/Capa Pictures

La campagne pour les élections sénatoriales bat son plein, loin des regards. À quoi ressemble-t-elle vue de votre « lucarne » ?

« C’est une campagne qui n’est pas faite de grands meetings. C’est une campagne très départementalisée qui n’est pas faite de grands débats nationaux. Elle repose surtout sur la rencontre entre les candidats et leurs grands électeurs. Elle porte sur les difficultés des collectivités locales et les projets qui peuvent être remontés au Sénat ; c’est aussi de l‘échange sur les bilans des sortants par rapport aux enjeux du territoire. Les sénateurs font le tour de l’ensemble des communes de leur département et rencontrent les élus les uns après les autres, que ce soient ceux qui sont bien installés comme ceux qui sont arrivés avec les dernières élections municipales. La personnalité de chacun joue énormément. Et tout ça est aussi bien entendu croisé par des grands courants de pensée. »

Jugez-vous que cette élection au suffrage universel indirect peut intéresser les Français ?

« J’ai quelques convictions sur le rapport des Français à la politique. Je pense qu’ils sont un peuple éminemment politique. Je dirais même qu’ils ont une grande part d’expertise politique. Et je pense que les Français ne sont pas forcément rebutés par la complexité de la politique. En revanche, ils ont besoin de transparence dans ces modalités. »

En tant que premier observateur médiatique de la vie sénatoriale, quel est selon vous est l’enjeu principal de l’élection de la semaine prochaine ?

« Le premier enjeu principal, c’est évidemment le fait qu’il s’agit du dernier grand rendez-vous démocratique de ce pays avant la prochaine élection présidentielle. C’est donc un révélateur de mouvement de fond au sein du pays sur les lignes de force politiques. C’est aussi un grand révélateur du type d’alliance qui se noue. Le deuxième, c’est évidemment le résultat de cette élection, c’est-à-dire comment les équilibres politiques du Sénat vont évoluer après le renouvellement de la moitié des sénatrices et sénateurs. Il nous donnera une lecture d’une partie de l‘évolution du paysage politique de ce pays en prévision de la présidentielle. »

Doit-on s’attendre à des surprises dans ce scrutin ?

« L’interrogation porte sur l’arrivée au Sénat de partis qui ne sont pas ou très peu représentés, c’est-à-dire La France insoumise d’un côté et le Rassemblement national de l’autre. Se posera logiquement la question de la pérennité politique d’un certain nombre de groupes lorsque viendra le jeu des alliances au Sénat pour le faire fonctionner. »

Sur quoi la chaîne Public Sénat entend-elle mettre l’accent ?

« Nous proposerons une couverture à un triple niveau : un niveau d’analyse politique ; un niveau très local en partenariat avec la presse régionale et en particulier les journaux du groupe Ebra et un niveau d’analyse des impacts et des conséquences de ce vote qui remodèle la chambre haute de la Cinquième République. Tout cela étant assez complexe, la stratégie éditoriale de Public Sénat vise à décrypter et vulgariser à travers des reportages sur le terrain et des débats thématiques qui s’accompagnent par ailleurs de modules pédagogiques sur le détail et l’explication du mode de fonctionnement du scrutin. »

Quels rendez-vous donnez-vous aux téléspectateurs ?

« À l’antenne, avec nos émissions "Bonjour chez vous !" et "Sens public" notamment, comme sur le numérique. Le dimanche 27 septembre, nous consacrerons six heures d’antenne à l’élection en deux séquences : une de 12 heures à 13h30 et une seconde de 17h30 à 22h30. Nous poursuivrons lundi 28 avec deux émissions spéciales. Mais en réalité, nous avons suivi tout au long de l‘été la constitution des listes, les alliances, les désaccords et les objectifs. »

Est-ce que le rôle du Sénat a évolué au cours des deux quinquennats d’Emmanuel Macron ?

« La relation entre l’exécutif sous la présidence d’Emmanuel Macron et le Sénat a été complexe pendant neuf ans. Le Sénat a renforcé son rôle de contre-pouvoir comme chambre de contrôle. Il a imposé durant ces dernières années l’image d’une chambre travailleuse et relativement apaisée malgré tout dans le contexte politique compliqué que l’on que l’on connaît. Le rôle du Sénat a été éclairé de manière beaucoup plus forte ces dernières années en raison de la difficulté à trouver une majorité à l’Assemblée nationale. »