Mayotte, Gabriel Attal, futur Premier ministre… Ce qu’il faut retenir de l’interview d’Édouard Philippe sur BFMTV
En déplacement à Mayotte en vue de l'élection présidentielle, Édouard Philippe a répondu aux questions de BFMTV. L'ancien Premier ministre assume une posture ferme sur l'immigration, tout en pressant Gabriel Attal à un potentiel rassemblement.
En déplacement à Mayotte en vue de l'élection présidentielle, Édouard Philippe a répondu aux questions de BFMTV. L'ancien Premier ministre assume une posture ferme sur l'immigration, tout en pressant Gabriel Attal à un potentiel rassemblement.
Édouard Philippe a été le premier à se déplacer en cette rentrée politique. Alors que la gauche tient ses universités d'été, l'ancien Premier ministre est parti en outre-mer, à Mayotte, où il a annoncé des mesures fortes contre l'immigration.

Édouard Philippe parvient-il à s’imposer en tant que candidat à l’élection présidentielle ?
3:08
Le candidat à l'élection présidentielle a annoncé vouloir "fermer totalement les vannes de l'immigration" et suspendre le droit à l'immigration. Un thème sur lequel il est revenu dans un entretien exclusif à BFMTV.
• "Muscler notre jeu" à Mayotte
S'il refuse la comparaison avec Marine Le Pen et le Rassemblement national, le maire du Havre assume ses propos, déplorant une "crise" migratoire "exceptionnelle" à Mayotte.
"Moi, je ne propose pas de supprimer le droit d'asile en France, a-t-il clamé. Mais je considère qu'il faut, à Mayotte, arrêter toute forme d'immigration légale et illégale, arrêter la délivrance de titres de séjour au titre du regroupement familial, et muscler notre jeu."
Le président d'Horizons entend renforcer les moyens maritimes pour lutter contre les arrivées clandestines et "muscler notre discussion" avec les Comores. Il justifie ces mesures par "l'impact sur le fonctionnement des services publics d'une immigration non maîtrisée".
• Une passe d'armes avec Jean-Luc Mélenchon
Des déclarations qui ont forcément fait réagir à gauche, provoquant l'indignation de Jean-Luc Mélenchon. Le leader de La France insoumise, en tête des sondages à gauche, a fulminé contre les propos de l'ancien macroniste. "C'est aberrant, ridicule et provocateur", a-t-il déploré.
Des remarques qui ne semblent pas atteindre Édouard Philippe, qui assure être "rarement d'accord" avec son adversaire. "Je vais continuer à faire la campagne telle que je le fais, c'est-à-dire en disant ce que je pense", a-t-il assumé, réclamant un débat public "proposition contre proposition".
"Le débat public avec des gens qui proposent des choses et qui acceptent d'être en désaccord, c'est la démocratie. Qu'il propose ce qu'il croit bon pour la France, il le fera. Je ferai de même et les Français choisiront", a-t-il conclu sur le sujet.
• Sébastien Lecornu candidat à l'élection présidentielle?
À ce titre, il a salué la venue sur le territoire mahorais de Sébastien Lecornu, prévue ce mercredi. Édouard Philippe assure qu'il va l'appeler "pour lui dire les messages que j'ai entendus" et "les gestes qui me paraissent devoir être faits à court terme".
Interrogé sur la potentielle volonté du Premier ministre de se mêler à l'élection présidentielle, le président d'Horizons assure qu'il ne "croi(t) pas qu'il s'y intéresse ou qu'il le prépare". Il l'a même appelé à un potentiel rassemblement, en vue du scrutin.
• Quelle date pour le rassemblement avec Gabriel Attal?
"Je considère que toutes celles et ceux qui se classent traditionnellement dans le camp de la droite (...) ont vocation à travailler ensemble, à se rassembler s'ils veulent convaincre les Français, a martelé Édouard Philippe. Moi, je propose ce rassemblement. Je ne considère pas avoir d'adversaires politiques dans l'espace central, mais j'ai des concurrents qui proposent leurs programmes."
Un appel, sans le nommer, à Gabriel Attal, autre candidat de la droite républicaine, qui a appelé à un rassemblement de son camp en février, quelques mois seulement avant le premier tour. Trop tard pour Horizons et leur leader? "Avant l'heure, ce n'est pas l'heure, a-t-il éludé. Après l'heure, ce n'est plus l'heure. (...) Ce sera entre novembre et février. Déjà février, c'est tard."
Selon lui, ce rassemblement qui "se passera" sera décidé par "la dynamique, les propos, la tenue, la campagne" et pas "une succession de sondages". Dans les dernières estimations, Édouard Philippe demeure devant son cadet mais l'écart se resserre entre les deux hommes, tous les deux symboles d'un quinquennat Macron.
• Quel Premier ministre en cas de victoire?
Il reste, d'après les sondages, le mieux placé pour battre Marine Le Pen en cas de second tour. En cas de victoire, certains noms sont évoqués pour devenir Premier ministre, à l'image de Xavier Bertrand, adoubé par Gérald Darmanin. Bien trop tôt pour le candidat, qui ne révélera un nom que quand il "sentir(a) que c'est nécessaire".
D'ici là, l'Assemblée risque de se déchirer une nouvelle fois à la rentrée pour voter un budget. "Une tâche redoutablement difficile", concède l'ancien Premier ministre, alors que "les finances de la France ne sont pas bonnes", estime-t-il. Un défi à venir pour le prochain gouvernement, alors que le socle commun prévoirait un budget déficitaire de 4,9%.