Maladies valvulaires cardiaques : mieux les dépister pour agir au bon moment - A la une - Destination Santé
29 septembre 2026 Se sentir en forme ne suffit pas à garantir la santé de son cœur. Avec l’âge, certaines maladies cardiovasculaires peuvent en effet s’installer...
29 septembre 2026
Se sentir en forme ne suffit pas à garantir la santé de son cœur. Avec l’âge, certaines maladies cardiovasculaires peuvent en effet s’installer silencieusement, sans symptôme. Parmi elles, les maladies des valves cardiaques. Quels sont les premiers signes ? Comment les détecter et les prendre en charge ? À l’occasion de la Journée Mondiale du Cœur, le 29 septembre, le point avec Anne Bernard, professeure de cardiologie au CHU et à l’Université de Tours et chef du service de médecine cardiovasculaire.
Une maladie fréquente, grave… mais encore méconnue
Le cœur possède quatre valves, véritables petits clapets qui permettent au sang de circuler dans le bon sens. « Elles permettent au sang de progresser pour être éjecté par l’aorte et ainsi circuler dans l’ensemble de l’organisme », explique Anne Bernard, professeure de cardiologie au CHU et à l’Université de Tours et chef du service de médecine cardiovasculaire. Lorsque l’une d’elles est atteinte, on parle de maladie valvulaire ou de valvulopathie. « Parmi les plus fréquentes, le rétrécissement aortique survient lorsque la valve devient plus rigide et s’ouvre moins bien. L’insuffisance mitrale, elle, correspond à la valve mitrale qui fuit. »
En vieillissant, les valvulopathies deviennent plus fréquentes et peuvent être mortelles dans certains cas : « leur fréquence augmente nettement avec l’âge, notamment après 65 ans, et plus encore après 75 ans ». Lorsqu’elles deviennent sévères, elles peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie quotidienne. « Sans prise en charge, elles peuvent être responsables de symptômes, affaiblir le cœur et entraîner une insuffisance cardiaque. » Selon une estimation extrapolée à partir de données européennes publiées, les valvulopathies seraient associées à environ un décès toutes les dix minutes en Europe. Pourtant, selon une enquête Ipsos pour Edwards Lifesciences, seuls 9 % des 60-80 ans en France déclarent bien connaître ces maladies.
Une maladie silencieuse qui peut être facilement banalisée
Les valvulopathies peuvent rester silencieuses pendant des années. « On peut avoir une maladie valvulaire et ne s’en rendre absolument pas compte. Il peut se passer des années avant qu’elles soient diagnostiquées. » Lorsque les symptômes apparaissent, ils sont souvent banalisés : « il y a l’essoufflement, une fatigue plus importante, une baisse de la capacité à l’effort. Ça peut être aussi des douleurs dans la poitrine à l’effort, des malaises ». Le piège est alors de mettre ces changements sur le compte de l’âge. « On va arrêter de monter les escaliers, réduire ses activités, puis on se dit qu’on est bien pour le niveau d’effort que l’on fait. » Pendant ce temps, la maladie peut continuer à évoluer et « le cœur va s’affaiblir de façon silencieuse ».
Parlez-en à votre médecin : le réflexe clé à adopter
Face à une maladie qui peut rester silencieuse, le réflexe c’est de consulter. « Le premier moyen de repérer une maladie valvulaire est l’auscultation cardiaque. Poser le stéthoscope sur la poitrine permet notamment de détecter un souffle cardiaque. » Une échographie cardiaque permet ensuite de confirmer et de préciser le diagnostic. « Si on sait qu’on est porteur d’une valvulopathie, il faut se faire suivre régulièrement », insiste Anne Bernard. Cette vigilance concerne aussi les femmes, qui peuvent être autant touchées que les hommes : « une femme doit faire attention à sa santé cardiovasculaire autant qu’un homme pour être prise en charge à temps ».
Des solutions existent… l’importance d’agir au bon moment
Les maladies valvulaires peuvent être traitées, « notamment par chirurgie ou, pour certains patients, par des techniques réalisées à l’aide de cathéters. Pour certaines valvulopathies sévères et chez des patients soigneusement sélectionnés, les recommandations et les données cliniques récentes permettent d’envisager une intervention avant l’apparition de symptômes, après une évaluation spécialisée et individualisée ». L’objectif est d’éviter que la maladie n’affaiblisse le cœur, de préserver l’autonomie et d’améliorer la qualité de vie. « Pouvoir monter les escaliers, porter des charges, marcher… de façon tout à fait normale. »
Dans l’enquête Ipsos, 60 % des répondants âgés de 60 à 80 ans ont déclaré avoir bénéficié, au cours de l’année écoulée, d’un examen du cœur par un professionnel de santé, par exemple une auscultation, un électrocardiogramme ou une échographie cardiaque. Dans cette enquête, 73 % des personnes interrogées ont indiqué ne pas savoir si l’affirmation selon laquelle les maladies cardiovasculaires touchent principalement les personnes de plus de 65 ans était vraie ou fausse. « Il faut écouter son cœur, être attentif aux signes et aux modifications, et en parler avec son médecin », résume Anne Bernard. Détecter plus tôt une maladie valvulaire permet d’agir au bon moment et de préserver le fonctionnement du cœur et ainsi la qualité de vie.
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Source : Studio Romantic/Shutterstock.com
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Ecrit par : Emmanuel Ducreuzet – Edité par : Vincent Roche
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