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‘Mais c’est qui les casseurs ?’, Théo Francken suggère un lien entre émeutiers et phénomène migratoire - RTBF Actus

Face aux violences en marge des manifestations étudiantes, Théo Francken dégaine la carte d’une gendarmerie 2.0, des policiers formés par l’armée mais sous tutelle du ministre de l’Intérieur : "Les policiers on...

Face aux violences en marge des manifestations étudiantes, Théo Francken dégaine la carte d’une gendarmerie 2.0, des policiers formés par l’armée mais sous tutelle du ministre de l’Intérieur : "Les policiers ont besoin de soutien", dit-il. L’idée ce sont "des unités mobiles qu’on a eues dans le passé avec la gendarmerie, où des hommes qui travaillent pour la police sont formés militairement par la défense et peuvent faire des manœuvres et des tactiques vraiment contre les émeutes".

Une réponse sécuritaire qui ne convainc pas le PS notamment. Là, Théo Francken glisse cette petite phrase "Ils (les casseurs ndlr) ont cassé le quartier général du PS a Bruxelles. C’est bien ironique. Ils (les socialistes ndlr.) ont laissé tout le monde dans notre pays. Ils ont ouvert toutes les frontières". Et d’ajouter : "La société a changé avec la migration de masse pendant des décennies". Alors le ministre établit-il un lien entre l’immigration et les émeutes ? La réponse de Théo Francken fuse : "Mais c’est qui les casseurs ?".

Théo Francken n’apporte pourtant aucun élément factuel permettant d’établir un lien entre immigration et violences en marge des manifestations, ni sur l’identité des émeutiers, ni sur les enquêtes en cours. Interrogé à plusieurs reprises à ce propos, le ministre N-VA botte en touche en parlant d’une "culture de violence, une culture de rue qui est extrêmement agressive". "On voit ça à Bruxelles, on voit ça à Liège, on voit ça dans les grandes villes. Ça ne se passe pas à Lubbeek (commune du Brabant flamand, dont il est bourgmestre, ndlr.), je peux le dire", conclut-il.

Nous avons contacté Patrick Charlier, le directeur d’Unia (l’institution interfédérale de lutte contre la discrimination, qui promeut l’égalité). Nous lui avons fait écouter l’interview de Théo Francken pour savoir si ce discours pouvait être considéré comme répréhensible. Pour Patrick Charlier, "les propos tenus ne sont pas contraires à la loi mais Théo Francken fait des amalgames xénophobes en suggérant qu’il existe un lien entre les casseurs et l’immigration sans apporter le moindre élément de preuve". Il souligne cet "élément aggravant" selon lui : "Ce qui est problématique c’est qu’il s’agit d’un ministre en fonction qui tient ces propos, alors qu’il est censé être informé par les services de police et autres autorités des profils des casseurs".

Ce type de discours décomplexé n’est plus isolé en Europe. Le lien entre insécurité et immigration est régulièrement brandi par divers dirigeants au Danemark, en Hongrie, en Pologne ou encore en Italie. Même outre Atlantique, Trump a lancé à la France après les violences du 17 octobre : "Fermez vos frontières".