Main aux fesses, jupe soulevée : Marie Portolano traînée en justice par Pierre Ménès après l’avoir accusé d’agression sexuelle, que lui reproche-t-il à son tour ?
L’histoire semblait appartenir au passé, mais elle revient aujourd’hui devant la justice. En 2021, Marie Portolano avait marqué les esprits avec son documentaire Je ne suis pas une salope, je suis une journalis...
L’histoire semblait appartenir au passé, mais elle revient aujourd’hui devant la justice. En 2021, Marie Portolano avait marqué les esprits avec son documentaire Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste, dans lequel elle dénonçait le sexisme dans le journalisme sportif. À cette occasion, une séquence avec Pierre Ménès avait refait surface. La journaliste y évoquait un épisode où l’ancien chroniqueur lui aurait soulevé la jupe avant de lui toucher les fesses. Plusieurs années plus tard, cette affaire connaît un nouveau rebondissement... mais cette fois, les rôles judiciaires sont inversés.
Ce lundi 7 septembre 2026, Marie Portolano doit être jugée devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour diffamation, après une plainte déposée par Pierre Ménès. L’ancien consultant de 63 ans a saisi la justice à la suite de la publication du livre Je suis la femme du plateau, paru en mars 2024, dans lequel la journaliste revient sur ce qu’elle affirme avoir vécu. Deux passages de l’ouvrage sont visés par la procédure. L’audience pourrait toutefois être reportée, la défense de Pierre Ménès ayant demandé un renvoi en raison d’un rendez-vous médical à Rennes.
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Pierre Ménès
Marie Portolano : de quoi accuse-t-elle Pierre Ménès ?
Pour comprendre pourquoi Marie Portolano se retrouve aujourd’hui devant la justice, il faut revenir en 2016. La journaliste affirme que Pierre Ménès lui aurait soulevé la jupe avant de lui toucher les fesses, hors antenne mais devant le public du Canal Football Club. Elle n’avait pas porté plainte à la suite de cet épisode. Les faits avaient néanmoins été rendus publics plusieurs années plus tard, en 2021, au moment de la diffusion de son documentaire. Dans une séquence, Marie Portolano confrontait directement son ancien collègue à ce souvenir. Pierre Ménès assurait alors ne pas s’en rappeler. Lorsqu'elle lui demandait s'il serait capable de recommencer à soulever la jupe de quelqu'un, bien que cela soit humiliant, il persistait : "Oui. J'en suis désolé [si ça l'avait humiliée]... Ouais, mais bon. Mais il faut aussi prendre les gens comme ils sont, tu vois."
Trois ans plus tard, la journaliste est revenue sur cette période dans son livre. Sans nommer l’ancien consultant, elle écrit : "il se permettait de faire ce que bon lui semblait aux femmes qui l'entouraient. De toucher qui il voulait, où il voulait, avec le consentement non des personnes concernées évidemment, mais de celles qui auraient tout à fait pu l'arrêter". Un second passage est également visé par la plainte : "Il avoue qu'il l'a fait".
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Marie Portolano et son compagnon, Grégoire Ludig
Pierre Ménès poursuit Marie Portolano pour diffamation
C’est donc sur ces mots que Pierre Ménès, qui clame subir de graves retombées des accusations depuis plusieurs années, a choisi de contre-attaquer sur le terrain judiciaire. Il a saisi la justice trois mois après la sortie du livre. Marie Portolano, qui n'a jamais porté plainte, avait tenu à prendre ses distances avec la vague de réactions provoquée par les révélations de 2021. Elle avait notamment regretté la "chasse à l'homme" visant l’ancien chroniqueur et rappelé qu’il n’était pas "coupable" de "l'intégralité du sexisme en France". Le parquet de Nanterre avait toutefois ouvert une enquête en 2022 concernant les faits qu’elle avait relatés.
Christophe Bigot conteste aujourd’hui le bien-fondé de la procédure engagée contre sa cliente. "Elle ne devrait pas être poursuivie en diffamation pour ça, alors qu'elle ne fait que témoigner de ce qui lui est arrivé", estime-t-il. En 2023, Pierre Ménès a par ailleurs été condamné à deux mois de prison avec sursis pour une agression sexuelle survenue en 2018 dans un magasin Nike, tout en étant relaxé de deux autres accusations lors du même jugement.
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