Luca Guadagnino a réalisé un film de 7 heures… et voici pourquoi il va nous captiver
Pour qui s'intéresse de près au cinéma moite et sensuel de Luca Guadagnino, son lien avec le cinéaste Bernardo Bertolucci n'est pas un secret. Trente ans séparent les deux réalisateurs italiens, qui ont partagé...
Pour qui s'intéresse de près au cinéma moite et sensuel de Luca Guadagnino, son lien avec le cinéaste Bernardo Bertolucci n'est pas un secret. Trente ans séparent les deux réalisateurs italiens, qui ont partagé une relation nourrie d'une profonde admiration artistique et d'une certaine parenté esthétique, sans compter leurs collaborations directes, jusqu'au décès de Bertolucci en 2018. Tout commence entre 2013 lorsque Luca Guadagnino coréalise le documentaire Bertolucci on Bertolucci avec Walter Fasano, en regroupant quelques centaines d'heures d'archives et d'entretiens pour retracer le parcours du réalisateur du Dernier Tango à Paris. Treize ans plus tard, il présentera, à la Mostra de Venise 2026, un nouveau film de sept heures, imaginé comme un documentaire personnel et intime, dédié à la vie et à l'œuvre de Bertolucci.
Dans le pas de Bertolucci
Intitulé Joie de Vivre, le nouveau film de Luca Guadagnino se présente comme une analyse des films de Bernardo Bertolucci, afin de mieux interpréter le cinéma moderne, comme le précisait Alberto Barbera, directeur de la Mostra de Venise, en annonçant la présence du film pour la 83ème édition du festival. Lors d'un podcast enregistré pour le média IndieWire en octobre 2024, Guadagnino dévoilait les premiers éléments du projet : “Je suis en plein montage. Il y a encore quelques conversations que j’aimerais avoir. En fait, je voudrais en parler à Marty Scorsese. Nous tournons depuis un certain temps déjà. Ce ne sont pas des interviews, mais des conversations. C’est un film très personnel. J’en suis le protagoniste. On pourrait l’intituler ‘Bertolucci et moi’, mais ce ne sera pas le cas.” Parmi les personnes qui ont été filmées par le réalisateur italien pour ce Joie de Vivre, citons Mark Cousins, historien du cinéma et réalisateur résidant à Édimbourg.
Toujours selon IndieWire, le film ne vise pas à démontrer la grandeur de Bertolucci et s’oppose à ce que l’on considère les auteurs à travers un prisme hiérarchique. “Un maître est tel parce qu’il, elle ou ils vous permettent de vous comprendre d’une manière dont vous n’auriez peut-être pas eu l’occasion de vous comprendre vous-même, car ils vous ouvrent soudainement une vision de vous-même d’une manière inattendue, poursuit Guadagnino dans le podcast. Il s’agit donc surtout de faire ressortir quelque chose de vous plutôt que de planer au-dessus de vous.”

L’appartement du film The Dreamers de Bernardo Bertolucci à Paris
Idole controversée
Si le documentaire de Luca Guadagnino promet d'explorer un versant plus personnel de la vie de Bernardo Bertolucci, le cinéaste précisait auprès d'IndieWire ne pas souhaiter ignorer les controverses autour de son mentor, faisant sans doute référence à la scène de viol dans Le Dernier Tango à Paris, dans laquelle Marlon Brando utilise du beurre comme lubrifiant sur Maria Schneider, 19 ans à l'époque. L’actrice a déclaré dans les années qui ont suivi qu’elle s’était sentie “humiliée” et “violée” par ce moment improvisé, dont elle n'avait pas été mise au courant. “Nous avons essayé de mettre fin à cette idée saugrenue de controverse autour de Bernardo, car elle est en quelque sorte erronée”, précisait Guadagnino en 2024.
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