Luc Gilson revient dans une zone interdite au public, au cœur des Hautes Fagnes : « On sent qu’on s’enfonce »
Trente jours après le feu qui a ravagé 3.000 hectares, les Hautes Fagnes restent marquées et partiellement fermées. Luc Gilson est retourné sur le terrain pour mesurer les dégâts et comprendre les conditions qui ont compliqué l’intervention des pompiers.
Publié le 14 septembre à 21h39
Ajoutez-nous à vos favoris Google Trente jours après le feu qui a ravagé 3.000 hectares, les Hautes Fagnes restent marquées et partiellement fermées. Luc Gilson est retourné sur le terrain pour mesurer les dégâts et comprendre les conditions qui ont compliqué l’intervention des pompiers.Pile un mois après l’incendie qui a ravagé 3.000 hectares dans les Hautes Fagnes, Luc Gilson est retourné sur place pour se rendre compte de la situation. 30 jours plus tard, force est de constater que les traces du feu sont omniprésentes.
Quelles étaient les vraies difficultés ?
Avec Oliver Giust, capitaine à la zone de secours Vesdre-Hoëgne-Plateau, notre journaliste revient sur les conditions particulièrement compliquées qui ont rendu la tâche des pompiers encore plus dure. « Qu’est-ce qui a rendu cette intervention compliquée ? Parce que moi je marche ici depuis quelques minutes sur le sol, sur cette tourbe et on sent qu’on s’enfonce, c’est ça qui a compliqué votre travail ? », questionne Luc Gilson. « Il y a eu beaucoup d’aspects qui ont compliqué notre travail », répond le pompier.
« Le premier, c’est le terrain. Ici c’est vrai qu’on voit ces zones qui s’enfoncent parce que là on est sur un terrain qui est carbonisé, mais alors quand on regarde un petit peu cette molinie, en fait elle nous empêche de progresser rapidement, on fait trois pas puis on tombe, on trébuche, on doit se relever, donc en fait on n’arrive pas à progresser et le feu va plus vite que nous. En fait on n’arrive pas à aller le rattraper. »
« Ensuite ce sont les accès », poursuit Olivier Giust. « Il y a très peu d’accès ici dans les Fagnes. C’est un terrain naturel, il est compliqué de pouvoir aller trouver des endroits où on va pouvoir intervenir avec nos camions. Pour pouvoir réussir à saturer le feu ça a été très compliqué.
Enfin, « ce qui nous a vraiment occasionné la plus grosse difficulté », conclut le soldat du feu, « ce sont les conditions météo de base, avec une humidité très très basse le premier jour, avec une sécheresse de la végétation, et puis alors ce vent qui, sur les premières 24 heures, tourne une première fois à 360 degrés, le jour suivant également. Quand on se préparait, quand on se positionnait avec une stratégie, et bien à un moment donné le vent tournait et nous occasionnait ces difficultés. »
Un paysage profondément marqué
Plus loin, accompagné de Vincent Verrue, du Département de la Nature et de la Forêt (DNF), Luc Gilson constate qu’une large tranchée pour stopper l’avancée du feu. « Le but de l’opération est de retirer du sol la couche de combustible pour empêcher que le feu ne puisse traverser et ainsi sécuriser le périmètre », explique-t-il.
Pour l’instant, le site est toujours fermé au public. Quand les visiteurs seront de nouveaux autorisés à venir dans la zone, ils trouveront un paysage profondément marqué par les événements de l’été. Mais avant d’autoriser une réouverture des Hautes Fagnes, Vincent Verrue voit trois conditions : « D’abord, il faut que le feu soit totalement maîtrisé. Deuxièmement, il faut que le périmètre soit totalement sécurisé notamment par rapport aux arbres qui pourraient encore tomber. Le troisième point, ça va être la remise au point de toutes les infrastructures utilisées par les visiteurs. »
« La durée des travaux est difficile à estimer », poursuit-il. « Ils pourront commencer, peut-être, au printemps prochain. Ça dépendra de l’hiver. »
Que les promeneurs se rassurent, ils peuvent toujours venir admirer la beauté des paysages du coin car toutes les Hautes Fagnes ne sont pas fermées, uniquement la zone touchée par l’incendie. « Concentrez-vous sur les zones ouvertes et ne pénétrez pas dans la zone interdite, avant tout pour votre propre sécurité », conclut Vincent Verrue.
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