Lorraine. 4L Trophy : ils s’étaient perdus de vue dans le désert, ils repartent aujourd’hui en couple
C’est à bord d’une 4L F4, la version fourgonnette de la mythique Renault 4, que les amoureux s’élanceront pour l’édition 2027 du raid humanitaire 4L Trophy. Photo Joan Moïse ...
Leur histoire a commencé par… un vent. Celui du désert. Un souffle qui, porté par une même passion pour « les vieilles mécaniques », a fini par les réunir.
Alors qu’en 2025, ils prennent le départ du 4L Trophy et filent vers Algésiras avant de rejoindre le Maroc, leurs regards se croisent au milieu du flot de véhicules bardés de logos d’entreprises qui défilent sur l’autoroute.
« J’ai repéré la plaque 57 devant nous, et le sponsor, qui était un garage près de chez moi », se souvient Chloé, originaire de Raville. Ni une ni deux, à la faveur d’un dépassement, elle dégaine son ardoise et griffonne à la hâte un « Salut les Mosellans ! ».
Pendant une poignée de minutes, les deux équipages échangent ainsi des messages manuscrits avant de convenir de se retrouver sur un groupe Snapchat. La suite ? « Plus rien ! », s’amusent aujourd’hui Chloé et Nathan.
« On s’est complètement perdu de vue. J’ai bien tenté de repérer une 4L orange, mais, sur le bivouac, retrouver quelqu’un parmi 3 000 participants, c’est mission impossible. »
Passion commune
Puis vient le retour. Teinté d’un goût « d’inachevé » pour Chloé, qui reprend son travail de préparatrice de commandes, tandis que Nathan a presque oublié l’inconnue à l’ardoise.
Quelques mois plus tard, pourtant, leurs trajectoires se frôlent à nouveau. Sans qu’ils le sachent, ils écument les mêmes rassemblements de voitures anciennes. « Ce qui est fou, c’est qu’on passait exactement les mêmes week-ends ! », souffle Chloé, tombée dans la mécanique grâce à son père, passionné par ces modèles anciens.
De son côté, Nathan, domicilié à Zimming, passe des heures aux côtés de son grand-père, Richard, qui bichonne ses trouvailles à l’ombre de son atelier.
« J’ai reconnu sa 4L à la bourse Auto Rétro 57 de Créhange. » Sauf que, là encore, la jeune femme fait chou blanc. Le carrossier-peintre est introuvable.
Il faudra encore attendre quelques mois avant la rencontre décisive. « J’avais créé un groupe Snapchat pour trouver des exposants ayant participé au 4L Trophy, pour un stand de Metz Auto Passion , se souvient Chloé. Nathan a été le premier à répondre. » « Moi, je n’ai fait le rapprochement avec “la fille à l’ardoise” qu’en voyant sa 4L rouge, confie le garçon de 20 ans avec malice. On a commencé à se parler en dehors du groupe, et on ne s’est plus jamais lâché. »
Un nouveau départ à deux
Pour les 30 ans du raid automobile, le couple de Trophistes rêvait de repartir à l’assaut du désert. Ensemble, cette fois, à bord d’une 4L F4, la version fourgonnette de la mythique Renault.
Tous deux en sont conscients : « Participer en couple au 4L Trophy, c’est quitte ou double : cela peut resserrer les liens ou les déchirer. Le couple peut être mis à rude épreuve, parce que l’on rencontre forcément des galères. »
Nathan portera la casquette de pilote. « Son point fort, c’est la mécanique », convient sa compagne en le taquinant sur « son côté têtu ». Chloé, « la reine de l’organisation », tiendra la carte et la boussole, histoire de mener tout le monde à bon port. « Dans tous les cas, il nous faudra nous écouter. »
Une règle essentielle pour réussir un raid… comme une histoire d’amour.