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Loire. Le boom des ateliers où réparer soi-même : l’héritage des brodeuses au service du zéro déchet

Les Repair cafés et autres ateliers pour réparer soi-même et éviter de jeter se développent sur tout le territoire, jusque dans les zones rurales. Dans l’espace culturel récemment inauguré à l’entrée du petit v...

Les Repair cafés et autres ateliers pour réparer soi-même et éviter de jeter se développent sur tout le territoire, jusque dans les zones rurales. Dans l’espace culturel récemment inauguré à l’entrée du petit village de Cervières, dans la Loire, terre de couture, des habitantes se retrouvent régulièrement pour réparer des textiles abîmés.

Alexandre Pauze -

Aujourd’hui à 19:59 | mis à jour aujourd’hui à 20:00

Les ateliers de Cervières réunissent en moyenne une demi-douzaine de personnes. Photo Fournie Par L'Orée
Les ateliers de Cervières réunissent en moyenne une demi-douzaine de personnes. Photo Fournie Par L'Orée

Un savoir-faire ancestral au service de la population. Dans le pays nétrablais, au nord-ouest du département de la Loire, et plus précisément à Cervières, au cours de la deuxième partie du XIXe siècle, des centaines de femmes mettaient leurs talents de couturières au service de l’armée. Elles brodaient au fil d’or sur les uniformes militaires des insignes dont beaucoup reprenaient le symbole de la grenade, c’est de là que provient leur nom : les grenadières. Dans le petit village, qui compte aujourd’hui une centaine d’habitants, un musée – la Maison des grenadières – leur a été consacré. Il a laissé place au printemps à "L’Orée – De fils en liens", un espace culturel installé dans l’ancienne colonie de vacances entièrement rénovée à l’entrée du bourg.

C’est là, qu’environ une fois par mois, des habitants du secteur se réunissent pour réparer des vêtements ou du linge de maison abîmés. « On proposait des ateliers de broderie au fil d’or à la manière des grenadières de l’époque puis on a choisi, il y a trois-quatre ans de diversifier un peu notre activité pour attirer de nouveaux publics, explique Anastasia Sanchez, responsable de L’Orée. On a un peu surfé sur la mode du DIY ("Do it yourself", ou "faire soi-même", NDLR) et des Repair cafés qui se sont montés un peu partout mais qui concernent plutôt des appareils électroménagers ou de plus haute technologie. Nous, on se concentre sur le textile. On est encore en phase de rodage mais avec le bouche-à-oreille, ça commence à prendre ».

Satisfaction de réparer soi-même et geste écologique

Si la majorité des participants sont des femmes à la retraite, des personnes plus jeunes ont pris le pli et même un homme venu réparer… une bâche en mauvais état. Habituellement, il s’agit plutôt de vêtements (jeans et pulls surtout) que les participants veulent réparer ou customiser de manière plus artistique sous l’œil d’une couturière professionnelle du secteur ou même de plus loin (une Lyonnaise et une Ardéchoise sont récemment venues apporter leurs conseils). Le lieu est très bien équipé avec plusieurs machines à coudre.

L’aspect « faire soi-même » est important et « apporte une satisfaction » à ces couturières en herbe car « l’idée c’est pas de réparer à leur place mais de leur apprendre à réparer ». Le côté écologique entre aussi en ligne de compte à l’heure de la fast fashion et le Repair café de Cervières entre dans le cadre du programme « Presque zéro déchet » de Loire-Forez Agglomération, qui gère L’Orée. D’ailleurs, les locaux de L’Orée accueillent une friperie alimentée par des vêtements qui proviennent, pour la plupart, d’une recyclerie du Puy-de-Dôme voisin. Un lieu qui fait office d’unique commerce dans le village de Cervières.