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Les zigzags russes de Marine Le Pen

La candidate du RN a publié ce week-end un communiqué pour dénoncer les risques d'ingérences russes dans la campagne présidentielle. Un changement de ton notable. Publié le lundi 21 septembre 2026 à 07:42 U...

La candidate du RN a publié ce week-end un communiqué pour dénoncer les risques d'ingérences russes dans la campagne présidentielle. Un changement de ton notable.

Publié le lundi 21 septembre 2026 à 07:42

Une fois encore, Emmanuel Macron a fait son cinéma. Convocation en 24 heures dans la salle Vega, vendredi 18 septembre, au sous-sol de l’Élysée. Directeurs du renseignement extérieur, intérieur et militaire, documents confidentiels à l’appui. Deux heures 45 de huis clos devant les candidats et chefs de partis.

Avec l’envie manifeste de retrouver un rôle, de réinvestir le seul domaine où un président à 7 mois de la sortie et au plus bas dans les sondages, conserve encore la main : la diplomatie, la sécurité et l’information classifiée.

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La première réaction de Marine Le Pen

De tout cela, Marine Le Pen n’est pas dupe. Comme Jean-Luc Mélenchon, elle a boycotté l’Élysée, envoyé Bardella à sa place. Et c’est auprès des sinistrés de Pomas, commune de l’Aude ravagée par une tornade il y a 3 semaines, qu’elle a ainsi raillé la mise en scène et l’alerte présidentielles. « Oui alors ça n’importe qui est capable de le faire. Vous allez dans les rues, vous demandez à quelqu’un, il est capable de vous dire « ouh la la, y’a un problème à l’international et donc c’est catastrophique pour les intérêts de la France »

Marine Le Pen moque cette alerte russe que l’appropriation par un président massivement rejeté rend naturellement suspecte.

24 heures plus tard pourtant, le ton change du tout au tout

Spectaculaire ! Dans un communiqué d’une cinquantaine de lignes cosigné avec Jordan Bardella, la candidate du RN s’appuie sur la réunion de l’Élysée pour dénoncer une « situation d’une particulière gravité », qui voit « une puissance étrangère, en l’occurrence la Russie, [tenter] de dicter (…) la politique de la France par l’intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique ». Aucune action hostile ne doit rester impunie, insistent les deux têtes du RN, d’autant que « nul ne peut prédire ou exclure (…) la survenue d’opérations d’une intensité supérieure ».

Fini de rire. Si le mot « guerre » n’est pas prononcé, si le « niveau du soutien financier accordé à l’Ukraine » est évoqué comme un « débat légitime », tout le reste est raccord avec l’avertissement lancé par Emmanuel Macron.

Comment expliquer ce revirement ?

Il y a deux façons de voir, qui ne sont pas exclusives l’une de l’autre. L’une nous fait dire que la réunion de l’Élysée n’a pas été inutile, qu’elle aura ouvert les yeux des dirigeants du premier parti d’opposition.

La deuxième, c’est que le RN prend les devants, il se couvre en cas d’attaque russe. Pour ne pas réitérer le désastreux aveuglement de 2022, quand quelques jours avant l’invasion, Marine Le Pen affirmait : « Je ne vois vraiment pas ce que les Russes feraient en Ukraine ». Avant que le parti n’envoie au pilon plus d’un million d’exemplaires d’une profession de foi illustrée de la poignée de main Le Pen/Poutine, 5 ans plus tôt au Kremlin.

Aujourd’hui, la ligne bouge sur les mots, pas sur les moyens : si le robinet n’est pas coupé, l’aide à Kiev sera bien rediscutée. Le virage est purement rationnel. C’est un communiqué qui ne coute pas un vote au Parlement européen, pas une ligne de programme, pas un euro d’aide à l’Ukraine.

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