Les subsides wallons ne garantissent pas la préservation de la Maison de la Réunion, à Mons, actuellement en vente
Située à quelques pas de la collégiale Sainte-Waudru, la Maison de la Réunion est à vendre. Mais quel avenir pour ce bâtiment historique, qui a bénéficié d'importants investissements publics lors de sa rénovati...
Située à quelques pas de la collégiale Sainte-Waudru, la Maison de la Réunion est à vendre. Mais quel avenir pour ce bâtiment historique, qui a bénéficié d'importants investissements publics lors de sa rénovation ? Interrogée par le député wallon Guillaume Soupart (MR), la ministre du Tourisme, du Patrimoine et de la Petite enfance, Valérie Lescrenier (Les Engagés), précise les garanties existantes pour préserver ce bien.
Aujourd'hui propriété de la Province de Hainaut, la Maison de la Réunion accueillait encore des conférences ces dernières années. Le bâtiment, qui abritait les chanoinesses au XVIIIe siècle, a fait l'objet d'une importante rénovation, soutenue notamment par un subside wallon de près de deux millions d'euros.
Dans une stratégie de rationalisation de son patrimoine, la Province a toutefois décidé de mettre le bien en vente. Une décision qui soulève des questions quant à la préservation de son caractère historique et à l'avenir de cet ensemble immobilier.
Une inscription qui ne protège pas le bâtiment
Dans sa réponse au député montois, Valérie Lescrenier confirme que la Maison de la Réunion est inscrite à l'Inventaire régional du patrimoine. Le bâtiment y figure pour son authenticité, sa lisibilité et sa qualité architecturale. Il se situe également dans la zone tampon du beffroi de Mons. Cette inscription ne signifie toutefois pas que le bâtiment bénéficie d'une protection patrimoniale particulière.
La Province de Hainaut contrainte d'adopter un plan d'austérité de 139 mesures fortes : Le personnel ne sera plus remplacé"Une inscription simple à l'Inventaire ne présente qu'une valeur indicative et scientifique", précise la ministre. Elle vise principalement à sensibiliser le public, les propriétaires et les futurs acquéreurs à l'intérêt patrimonial du bien. Autrement dit, cette reconnaissance ne suffit pas à imposer des contraintes spécifiques au futur propriétaire.
Pas de clauses de préservation imposées
Autre interrogation du député montois : les quelque deux millions d'euros de subsides wallons accordés pour la rénovation peuvent-ils entraîner des obligations particulières lors de la vente ? Sur ce point, la réponse de la ministre est claire. Pour un bien non classé, rénové grâce à des fonds publics qui ne relèvent pas du patrimoine, le Code wallon du Patrimoine ne permet pas d'imposer au futur acquéreur des clauses spécifiques de préservation.
Reste cependant un espoir, puisque la Province de Hainaut a prévu plusieurs scénarios de vente dans son annonce immobilière, en fonction de l'affectation envisagée par le futur acquéreur. Une manière de tenir compte des investissements publics consentis pour transformer l'ensemble en lieu de conférences et de développement économique.
"L'Agence wallonne du Patrimoine (AWaP) se tient à la disposition de la Province et des candidats acquéreurs pour apporter son expertise en vue de préserver l'intérêt patrimonial du bâtiment", précise encore la ministre. Reste donc à voir quelle affectation sera retenue pour la Maison de la Réunion et dans quelle mesure son futur propriétaire souhaitera préserver ce témoin de l'histoire montoise.
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