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Les Russes sont de plus en plus menaçants là-haut: face à la recrudescence “d’actions inamicales” dans l’espace, l’Europe doit vite développer ses systèmes de défense

La France a accueilli pour la première fois un sommet international sur l'espace, un événement au cours duquel le chef d'état-major des armées Fabien Mandon a souligné "l'importance stratégique" et "le rôle croissant" de l'espace dans la sécurité européenne.

Les Russes sont de plus en plus menaçants là-haut: face à la recrudescence "d'actions inamicales" dans l'espace, l'Europe doit vite développer ses systèmes de défense

Publié aujourd'hui à 12h01

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La France a accueilli pour la première fois un sommet international sur l'espace, un événement au cours duquel le chef d'état-major des armées Fabien Mandon a souligné "l'importance stratégique" et "le rôle croissant" de l'espace dans la sécurité européenne.

Le 24 février 2022, la Russie débute son invasion à grande échelle de l'Ukraine. Les troupes du Kremlin attaquent sur plusieurs fronts du pays, mais aussi dans l'espace. Les Russes s'en prennent au réseau de satellites KA-SAT via une cyberattaque. Kiev reconnaîtra quelques jours plus tard que cela avait causé "une énorme perte de communication au tout début de la guerre".

Dès 2017, la ministre des Armées de l'époque, Florence Parly, dénonçait une tentative d'espionnage russe sur un satellite franco-italien dédié aux communications militaires. Alors, dans les couloirs du sommet spatial, organisé à Paris les 9 et 10 septembre, la question de la défense des intérêts européens arrive en bonne position des préoccupations. En 2022, les 27 ont recensé plus de 150 incidents d'interférence satellitaire, comme des tentatives de piratage ou de brouillages de signaux. Autre exemple notable, fin 2021 quand Moscou a détruit un vieux satellite d'écoute. Des centaines et centaines de débris avaient obligé les astronautes de la Station Spatiale Internationale à se protéger dans la capsule d'urgence.

"Beaucoup d'actions inamicales observées par la France"

Alors, l'Europe est-elle désormais prête à protéger ses intérêts dans l'espace, sans le soutien des États-Unis dont l'engagement est de plus en plus incertain ? "Je ne veux pas me livrer à des spéculations, mais nous nous préparons de plus en plus. Nous sommes de plus en plus prêts", défend auprès de BFM Business Timo Pesonen, à la tête de la direction générale de l’industrie de la défense et de l’espace de la Commission européenne.

Les actions de la Russie dans l'espace sont documentées, malgré les difficultés d'attribuer certaines agressions dans ce milieu. Et l'idée que Moscou y teste la solidarité de l'Otan n'est jamais exclue.

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"Nous devons développer les systèmes nécessaires à notre défense terrestre et à notre sécurité. Nous devons développer les systèmes de défense spatiale, car l'espace devient indéniablement un espace disputé et nos adversaires peuvent chercher à détruire nos systèmes", constate le commissaire européen à la Défense et à l'Espace, Andrius Kubilius.

Et pour ce dernier, les dangers sont déjà d'actualité. "Nous constatons à quel point les Russes interfèrent avec les signaux de Galileo. Cela se produit actuellement", poursuit-il auprès de BFM Business. Une analyse similaire à celle du général Fabien Mandon, chef d'état-major des Armées, qui explique, depuis le sommet spatial organisé à Paris, que "beaucoup d'actions inamicales sont observées par la France".

"L'espace est clé, son importance est stratégique et son rôle croissant. Dans un conflit ouvert, l'espace est systématiquement utilisé", détaille-t-il, alertant sur "les conséquences très fortes en cas de conflit débridé" dans l'espace. Alors, Galileo, le système européen de navigation par satellite, pourrait-il être une cible ?

"Galileo est le système de navigation le plus précis et le plus fiable au monde. Nous devons en être fiers, mais Galileo a été créé en temps de paix. Il doit désormais être davantage adapté aux besoins de la défense", demande Timo Pesonen.

Cela passe par davantage de résilience. "Nous travaillons sur sa résistance au brouillage", évoque laconiquement Andrius Kubilius. Mais Timo Pesonen va, lui, plus loin. "Il ne suffit plus de recevoir des données toutes les 24 heures. Ça, c'est acceptable, par exemple, pour observer le changement climatique. Mais pour une utilisation opérationnelle précise, notamment militaire, ou en cas de catastrophe, il nous faut être plus rapide. C'est pourquoi nous devons investir davantage dans l'observation de la Terre afin d'être plus efficaces dans le contexte actuel", plaide-t-il.

Les lanceurs, épine dans le pied de l'Europe

Parmi les programmes phares cités par l'Union européenne pour sa défense dans l'espace figure aussi le programme Iris² qui vise à doter l’Europe d’une capacité autonome de communications satellitaires haut débit. Il s'agira d'une constellation multi-orbite combinant des satellites en orbite basse, moyenne et géostationnaire. Les premiers satellites doivent être lancés à partir de 2029 et la constellation commerciale doit atteindre sa pleine capacité d'ici 2032.

"Avec Iris², l'Europe sera à la pointe de la connectivité sécurisée", prédit Andrius Kubilius.

Mais ce dernier s'attarde sur l'importance des lancements, sans lesquels "rien de tout cela ne se concrétisera". "L"Europe y accuse un léger retard. Nous allons manquer de lanceurs dans les années à venir", alerte le commissaire européen, un constat partagé par l'Agence spatiale européenne (ESA) et par le chef d'état-major des Armées : "On ne peut pas être réactif militairement avec des créneaux de lancement prévus des années avant", déplore-t-il depuis le sommet spatial.

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À l'issue de l'événement, les principales puissances spatiales européennes, dont la France, ont signé une déclaration dans laquelle elles appellent "l'Union européenne à s'engager pleinement en faveur d'une véritable politique spatiale européenne, cohérente et ambitieuse, fondée sur la souveraineté technologique, la sécurité, la recherche et les capacités industrielles". Mais le texte n'a pas recueilli l'unanimité des membres de l'UE, la Finlande, l'Estonie, l'Autriche ou encore la Roumanie n'apparaissant pas dans le document.

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