Apprentissage en Suisse romande : Pourquoi les jeunes préfèrent le gymnase
Publié23. août 2026, 12:11RöstigrabenLes Romands se lancent nettement moins dans un apprentissageFaire un apprentissage séduit bien moins les Romands que les Alémaniques. Manque d’information, préjugés et attra...
Publié23. août 2026, 12:11
RöstigrabenLes Romands se lancent nettement moins dans un apprentissage
Faire un apprentissage séduit bien moins les Romands que les Alémaniques. Manque d’information, préjugés et attrait du gymnase expliquent en partie ce fossé.


L'apprentissage reste bien moins répandu en Suisse romande qu'en Suisse alémanique. Les chiffres sont même spectaculaires: dans le canton de Genève, seuls 15% des jeunes de moins de 20 ans ont opté pour cette formation durant l'année scolaire 2024/2025. Contre près de 70% à Berne ou Zurich. Et même 83% à Glaris, révèle dimanche la «SonntagsZeitung».
Principale explication: le manque d'information. C'est du moins ce qu'avance une enquête commandée par le canton de Vaud à l’institut de recherche GFS Bern. «De nombreux jeunes ne connaissent que les apprentissages les plus courants, comme celui d'employé(e) de commerce ou d’assistant(e) médical(e). Ils ne savent pas quels métiers s’offrent à eux et lesquels pourraient leur correspondre», souligne Susana Camarda, directrice du Service vaudois de la formation professionnelle et continue.
Main-d'œuvre bon marché et salaires plus faibles
Il y a aussi une question de mentalité: «Beaucoup de Romands considèrent comme problématique le fait que les apprentis soient parfois davantage traités comme de la main-d’œuvre que comme des personnes en formation», souligne le chercheur Lorenzo Bonoli, de la Haute école fédérale en formation professionnelle (HEFP). Les préjugés des parents jouent aussi un grand rôle. Souvent ils craignent qu'avec un apprentissage, leurs enfants gagneront moins bien leur vie plus tard.
Le gymnase reste donc la «voie royale», alors que l'apprentissage est considéré comme une forme de «renoncement aux études». Ce qui se reflète dans les statistiques: alors que le taux de maturité gymnasiale se situe entre 15 et 25% dans les cantons alémaniques, il dépasse 32% dans le canton de Vaud et atteint même près de 50% à Genève.
Apprentis sur le tard
Mais ce fort attrait du gymnase a aussi un revers: davantage de jeunes abandonnent leur formation en cours de route avant de se tourner tardivement vers un apprentissage. À Genève, l’âge moyen d’entrée dans cette voie atteint ainsi 20 ans.
Autre conséquence: lorsque ce sont les élèves les moins performants qui choisissent un apprentissage, les entreprises sont aussi moins enclines à investir dans la formation. Résultat: l’offre de places d’apprentissage diminue, souligne Lorenzo Bonoli.
Efforts depuis plusieurs années
La «SonntagsZeitung» rappelle que depuis 2022, le canton de Vaud s'est lancé dans une opération séduction afin que les jeunes optent davantage pour l'apprentissage après la scolarité obligatoire. Ceci via des campagnes sur TikTok et Instagram. À Genève, le projet «Go Apprentissage» vise depuis 2016 à faciliter le passage vers la formation professionnelle en entreprise. Les premiers résultats apparaissent: depuis 2019, la proportion d’apprentis augmente légèrement à Genève et sa baisse a été stoppée sur Vaud.

Christine Talos (cht) est journaliste à 20 Minutes depuis 2011. Elle travaille pour la rubrique politique, au sein de la rédaction nationale.
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