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Skyguide réduit de moitié ses licenciements

Le fournisseur de navigation aérienne Skyguide divise par deux ses suppressions de postes, privilégiant les départs à la retraite anticipée pour atteindre ses objectifs d'économies.

Publié13. juillet 2026, 13:53

Contrôle aérienLes licenciements chez Skyguide seront divisés par deux

À l'issue de la procédure de consultation, l'entreprise ne prévoit plus qu'une centaine de licenciements. Il y aura de nombreux départs à la retraite anticipée.

Christine Talos

Une part importante des suppressions de postes sera mise en œuvre par des départs à la retraite anticipée.

Une part importante des suppressions de postes sera mise en œuvre par des départs à la retraite anticipée.20min/Ela Çelik

Un peu de baume au cœur pour les employés de Skyguide. La casse sera un peu limitée dans le projet de restructuration du principal fournisseur de services de navigation aérienne suisse. Il devrait y avoir environ deux fois moins de licenciements qu'annoncé, transmet lundi l'entreprise. Alors qu'elle envisageait jusqu'à 220 suppressions de postes, elle estime désormais que ce chiffre pourrait être ramené à une centaine.

Mais le contrôleur aérien maintient la réalisation de 51 millions de francs d'économies et la réduction des effectifs prévue. Toutefois, une part importante de celle-ci sera mise en œuvre par des départs à la retraite anticipée. Une décision prise à l'issue de la procédure de consultation menée ces dernières semaines avec les collaborateurs et les partenaires sociaux, explique Skyguide.

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Le syndicat du trafic aérien critique

Pour Si-TrA, le syndicat indépendant du trafic aérien, cette annonce de Skyguide confirme que les solutions alternatives défendues depuis le début étaient crédibles et réalistes. Mais «elle ne justifie pas les 100 licenciements qui restent envisagés aujourd'hui», ajoute-t-il. Des suppressions de postes qui seraient «évitables» assure-t-il. Durant la consultation, Si-TrA a notamment proposé d'étendre les mesures d'adaptation jusqu'en 2029. «Une telle approche permettrait d'utiliser davantage les départs naturels, les retraites ordinaires et les retraites anticipées afin de réduire progressivement les effectifs sans licenciements contraints», explique-t-il. Il regrette que ces mesures aient été écartées ou insuffisamment prises en considération alors qu'elles offrent un potentiel réel pour éviter les licenciements restants. Si-TrA rappelle enfin que les arguments financiers avancés par Skyguide ne permettent toujours pas de justifier l'urgence sociale créée par ce projet.

Plan social

«Nous sommes conscients que les dernières semaines ont été synonymes de fortes incertitudes et de préoccupations pour nombre de nos collaborateurs», indique le directeur général Peter Merz. Qui reconnaît que la restructuration aura des conséquences pour les employés. «Un plan social équitable est prévu à cet effet», assure-t-il.

On se souvient que Skyguide avait justifié cette restructuration en mai «par une pression économique croissante, des coûts du personnel et des systèmes en hausse, des recettes incertaines, des objectifs d’efficacité européens et des structures internes complexes».

La restructuration validée

Le conseil d'administration a désormais validé les grandes lignes de la future organisation et donné son feu vert à la phase de mise en œuvre. L'objectif reste de rendre Skyguide plus légère, plus efficace et de garantir sa viabilité financière à long terme.

Au-delà des économies, Skyguide entend revoir sa stratégie. Le conseil d'administration a adopté une nouvelle vision qui recentre l'entreprise sur son cœur de métier: la navigation aérienne. L'entreprise étudiera notamment la possibilité d'abandonner, à terme, le développement en interne de certains systèmes de gestion du trafic aérien au profit de solutions standardisées déjà disponibles sur le marché. Un groupe de travail a été chargé d'évaluer les différentes options.

La sécurité reste la priorité

Skyguide assure que chaque mesure sera analysée sous l'angle de la sécurité avant d'être mise en œuvre. L'entreprise rappelle que cet aspect reste «non négociable» malgré les économies en cours. L'Office fédéral de l'aviation civile suit d'ailleurs de près l'ensemble du processus.

En parallèle, la Suisse attend toujours la décision de la Commission européenne sur son plan de performance pour la période 2025-2029, un dossier suivi par l'OFAC avec le soutien de Skyguide. Cette décision est attendue d'ici la fin de l'année.

Christine Talos

Christine Talos (cht) est journaliste au sein de la rubrique Suisse/Régions depuis 2011. Son domaine de prédilection est la politique suisse.

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