«Lex UBS» : Pression des industriels sur le Conseil des États
Publié21. septembre 2026, 13:13«Lex UBS»Les grands industriels tentent d'influencer le Conseil des ÉtatsLes grandes organisations économiques suisses ont écrit aux sénateurs pour leur demander d'assouplir la «L...
Publié21. septembre 2026, 13:13
«Lex UBS»Les grands industriels tentent d'influencer le Conseil des États
Les grandes organisations économiques suisses ont écrit aux sénateurs pour leur demander d'assouplir la «Lex UBS» juste avant le débat sur la régulation des banques.

La pression est énorme sur les parlementaires fédéraux autour de la «Lex UBS» soumise aux Chambres fédérales cette session d'automne. On savait qu'UBS tentait d'infléchir les élus pour qu'ils rejettent le durcissement des règles des grandes banques d'importance systémique que souhaite le Conseil fédéral après la débâcle de Credit Suisse. On apprend ce lundi que les grandes organisations économiques suisses s'y sont mises aussi.
Ainsi, selon les journaux de CH Media, Economiesuisse, l’Union suisse des arts et métiers (Usam), Swissmem, SwissHoldings et Scienceindustries auraient envoyé une lettre commune au Conseil des États, juste avant le débat de jeudi dernier, afin que les sénateurs soutiennent le compromis élaboré par leur commission économique.
Ce compromis allège nettement la proposition du Conseil fédéral. La commission prévoit en effet que les participations d’UBS dans ses filiales étrangères soient entièrement couvertes avec une combinaison de 50% de fonds propres durs (CET1) et 50% d’instruments AT1. Contre une couverture à 100% en CET1 exigée par la grande argentière Karin Keller-Sutter, ce qui coûterait 20 milliards à UBS. Une 3e variante, proposée par un sénateur du Centre, prévoit une couverture à 90%. Elle pourrait bien passer au final.
Répercussion sur l'économie
Pour les industriels, les solutions à 90% ou 100% de CET1 iraient au-delà des règles appliquées dans plusieurs autres places financières internationales et risqueraient de pénaliser UBS face à ses concurrents. Mais les associations ne défendent pas en premier lieu la banque, soulignent les journaux. Elles mettent surtout en avant les répercussions possibles sur la place industrielle.
Des exigences de fonds propres jugées trop élevées pourraient, selon elles, entraîner notamment une hausse des coûts de financement. Les investissements seraient entravés, les emplois menacés et, en fin de compte, la population en ferait les frais, estiment-elles.
En conflit par le passé
Une prise de position d’autant plus remarquable que certaines organisations s'étaient ouvertement opposées à UBS par le passé. Il y a deux ans, Swissmem était ainsi entrée en conflit avec la banque, dénonçant alors une détérioration des conditions d'octroi de crédits à ses entreprises membres.
Le Conseil des États doit reprendre mercredi ses délibérations sur la «Lex UBS», après avoir reporté le vote la semaine dernière au terme de plusieurs heures de débat tendu.

Christine Talos (cht) est journaliste à 20 Minutes depuis 2011. Elle travaille pour la rubrique politique, au sein de la rédaction nationale.
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