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Les familles sous pression avant la rentrée scolaire : “L’inflation a joué sur les années précédentes mais certains postes ont fortement augmenté”

La facture s'annonce salée pour les parents. À quelques jours de la reprise des cours, la Ligue des Famille dévoile une grande enquête sur les frais scolaires. D'après les réponses de 1.146 familles interrogées...

La facture s'annonce salée pour les parents. À quelques jours de la reprise des cours, la Ligue des Famille dévoile une grande enquête sur les frais scolaires. D'après les réponses de 1.146 familles interrogées, les parents ont payé en moyenne pour la rentrée scolaire 2025-2026 70€ pour un enfant en maternelle, 188€ pour un élève en primaire (1-2-3e année), 285€ pour les dernières années primaire et 578€ pour les secondaires. Le coût passe à 920€ pour un ado scolarisé dans le technique de qualification et 973€ dans le professionnel.

"En secondaire, il ne devrait pas y avoir de changement pour cette rentrée. Pareil en maternelle et les débuts des primaires. La plus grosse inconnue se situe chez les 4e, 5e et 6e primaires", commente Merlin Gevers, chargé d'études à la Ligue.

Coût moyen d'une année scolaire
Coût moyen d'une année scolaire ©IPM Graphics / Didier Lorge

Gratuité des fournitures scolaires

La gratuité des fournitures scolaires, qui s'était arrêtée en 3e primaire est étendue aux 4e et 5e primaires mais avec une enveloppe beaucoup plus réduite. Jusqu'à l'année dernière, les écoles primaires recevaient 77€ par enfant pour l'achat des fournitures scolaires dans les années concernées par la gratuité du petit matériel.

À partir de cette rentrée, le gouvernement divise ce montant par 3 : les écoles n'auront désormais plus que 29€ par enfant cette année. Or les parents d'enfant en fin de primaire ont déboursé en moyenne 102€ pour du petit matériel (cahier, classeurs, crayons, intercalaires, etc.).

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"Où les écoles iront-elles chercher ces moyens ?", s'inquiète Madeleine Guyot, directrice générale de la Ligue. "Déjà l'an dernier, plus de 90 % des familles réutilisaient du matériel scolaire d'une année à l'autre. Il y a sans doute encore davantage de mises en commun des fournitures possibles au sein des écoles, de limitation des besoins, de réutilisation, et les achats groupés peuvent permettre des économies d'échelle. Mais c'est forcément limité. Pour financer le surplus, les écoles devront rogner sur d'autres postes importants… à moins qu'elles augmentent d'autres frais mis à charge des parents."

Face à cette réalité, plusieurs écoles ont déjà demandé aux parents s'ils acceptaient de payer les fournitures scolaires de leur enfant parce qu'elles ne seraient pas en mesure d'équiper tout le monde. "C'est illégal et ne pas respecter la loi présente de gros risques car l'école doit respecter la gratuité pour avoir la dotation. C'est toute la perversité de ce mécanisme à deux vitesses car tout le monde veut le meilleur pour son enfant", souligne Merlin Gevers qui rappelle que les contributions fiscales doivent permettre de financer un bon service d'éducation. "Il faut assurer le respect de la loi et donner les moyens nécessaires aux écoles de le faire."

Un ados sur quatre dépense plus de 204€ en livres scolaires

Les parents réutilisent le matériel autant que faire se peut. Selon le sondage, le neuf n'est jamais un choix volontaire. "La rentrée coûte extrêmement cher par rapport à tout ce qu'il y a à payer. L'inflation a joué sur les années précédentes mais certains postes ont fortement augmenté", souligne Merlin Gevers.

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Le matériel de sport est passé de 26€ en maternelle, 38€ en primaire et 60€ en secondaire à respectivement 38€, 71€ et 90€ en quatre ans (2022-2026). Les livres scolaires n'échappent pas non plus à une augmentation et ça peut chiffrer très fort. C'est en secondaire que ça coûte le plus cher avec une famille sur quatre qui en a pour plus de 204€."Les livres que l'on doit acheter sont hors de prix ! 400€ pour un enfant…", commente un parent.

Pourtant, la loi est très claire. "Jusqu'en 5e primaire, on ne peut pas demander d'acheter autre chose que le cartable vide, le plumier vide et les affaires de sport. En secondaire, bien que la plupart des écoles font payer les manuels scolaires, c'est interdit. Une école peut demander des frais de gestion pour le système de prêt mis en place ou organiser un achat groupé facultatif pour des manuels disponibles à la totalité des élèves. Mais la dure réalité est tout autre", détaille Merlin Gevers. "Les manuels scolaires font partie de la liberté pédagogique. D'ailleurs on constate une petite tendance à une diminution des recours aux manuels scolaires."

Repas chauds et voyages scolaires

Selon le baromètre des parents, deux familles sur trois sont en difficulté à un moment donné de l'année à cause du coût de la scolarité. Le repas représente un poste important en primaire et les prix ont fait x1,5 par rapport à 2022. Ce constat renforce les inquiétudes de la Ligue pour les 429 écoles de milieux défavorisés qui offrait un repas chaud, sain et durable grâce au projet financé par la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Le financement est largement tari. Comment continuer sauf à les rendre inabordables ? Les écoles avaient 3,70€ par élève et n'ont plus que 0,43€", déplore Merlin Gevers.

Le voyage scolaire représente une autre grande dépense pour les familles. Alors que c'est interdit, le voyage a été présenté comme obligatoire pour six élèves secondaires sur dix or le coût varie très fort d'un établissement à l'autre. 25 % des familles ont payé plus de 389€ en primaire et plus de 676€ en secondaire. Un élève de secondaire sur cinq invoque le coût pour justifier son absence. "Il faut des excursions et des voyages de qualité mais accessible à tout le monde. Or certains payent plus de 2.000€. Pour lutter contre les coûts excessifs et payer un prix socialement acceptable, il faut un plafond sur plusieurs années : on plaide pour un plafonnement sur six ans qui permettrait deux voyages de qualité", argue Merlin Gevers. Si les parents parlent de 482€ en primaire et 737€ en secondaire, la Ligue estime que 527€ en primaire et 903€ en secondaire correspondent davantage à la réalité économique du terrain.

La Ligue appelle la ministre de l'Éducation Valérie Glatigny (MR) à contrôler l'application de la gratuité scolaire, à l'évaluer et à ajuster les montants si nécessaire pour correspondre aux besoins. "Ce n'est pas ça qui va changer la direction budgétaire du gouvernement mais c'est une énorme différence pour les familles", conclut Merlin Gevers.

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