« Les entreprises croient en leur avenir mais freinent les recrutements » : le surprenant paradoxe de la rentrée
Après le trou d’air du printemps, le moral des patrons rebondit. En septembre, 76 % des dirigeants se disent confiants dans leur propre entreprise, soit 10 points de plus qu’en juin. C’est la quatrième rentrée ...
Après le trou d’air du printemps, le moral des patrons rebondit. En septembre, 76 % des dirigeants se disent confiants dans leur propre entreprise, soit 10 points de plus qu’en juin. C’est la quatrième rentrée consécutive marquée par une hausse. Le commerce affiche même 80 % de confiance, en progression de 17 points. Mais le niveau reste inférieur à celui de septembre 2025, où il atteignait 85 %. « Depuis le plancher du printemps, où la confiance des dirigeants avait atteint des niveaux proches de ceux de la crise sanitaire, le baromètre de septembre marque un vrai retournement », observe Adam Nicol, président de Grant Thornton France.
Une embellie qui s’arrête pourtant aux portes de l’entreprise. Le regard porté sur l’économie française demeure beaucoup plus sombre : seuls 28 % des dirigeants se disent confiants, malgré une hausse de 7 points depuis juin. La confiance dans l’économie mondiale remonte elle aussi à 28 %, contre 22 % avant l’été.
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Santé mentale en berne
Surtout, cela ne se traduit pas dans les embauches. Pour la première fois depuis novembre 2020, les entreprises sont plus nombreuses à prévoir de réduire leurs effectifs (12 %) que de les augmenter (9 %). C’est tout le paradoxe de cette rentrée. « Les entreprises croient en leur avenir mais freinent les recrutements, relève Adam Nicol. Ce n’est pas de la frilosité, mais de la lucidité face à une conjoncture nationale atone, un contexte budgétaire illisible et une demande qui peine à redémarrer. »
L’autre enseignement du baromètre concerne la santé mentale. 88 % des dirigeants déclarent en tenir compte dans la gestion de leur entreprise et 82 % estiment que leur propre santé mentale influence sa performance. Paradoxalement, 96 % jugent leur santé mentale bonne.
Mais le constat est moins rassurant pour leurs équipes. Sur les douze derniers mois, 20 % constatent une dégradation. Les entreprises ont pourtant multiplié les réponses : 54 % ont engagé des actions de prévention des risques psychosociaux, 49 % adapté l’organisation du travail et 39 % pris des mesures pour améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.