Reportage France - Les entreprises chinoises à la conquête de l’Europe au Mondial de l’automobile
Depuis le début de la semaine et jusqu'à dimanche, à Paris, se tient le Mondial de l'Automobile. 60 exposants, avec cette année, pour la première fois, un tiers de constructeurs chinois. Une manière de montrer qu'ils entendent bien continuer d'investir massivement le marché européen. Mais face à cette offensive chinoise, les marques historiques et les politiques tentent d'organiser la riposte.
Depuis le début de la semaine et jusqu'à dimanche, à Paris, se tient le Mondial de l'Automobile. 60 exposants, avec cette année, pour la première fois, un tiers de constructeurs chinois. Une manière de montrer qu'ils entendent bien continuer d'investir massivement le marché européen. Mais face à cette offensive chinoise, les marques historiques et les politiques tentent d'organiser la riposte.
Musique, éclairage, scénographie, on ne peut pas dire que les constructeurs chinois se soient faits discrets. Leurs stands rivalisent avec ceux des marques françaises et européennes, ils sont parfois même plus imposants. Le message est clair : les voitures chinoises partent à la conquête de l’Europe.
Dorothée Bonassies, directrice générale de la marque BYD France, leader chinois de l’électrique et de l’hybride, admet des objectifs de croissance agressifs entièrement assumés. « C’est vrai qu’on est fort d’une forte accélération sur cette année 2026. C’est vraiment un tournant. On progresse de plus de 150 % par rapport à l’année dernière, mais on va vite aussi sur le développement du réseau en France, souligne-t-elle. C’est très important pour construire la confiance des Français dans une marque. Il faut qu’ils nous voient, il faut qu’on soit présents sur le territoire français. Donc 130 concessionnaires aujourd’hui, l’objectif, c’est d’arriver à 200 d’ici la fin de l’année. Ça va très vite. »
Mais alors, quel est le secret des géants asiatiques pour vendre leurs hybrides électriques aux consommateurs européens ? Jean Reno dans la publicité pour le chinois Jaecoo contribue peut-être à augmenter les ventes. Mais l’une des raisons principales, c’est le prix. En moyenne, les voitures chinoises sont 20 % moins chères que les européennes.
« Même si, effectivement, aujourd’hui beaucoup de clients regardent les marques chinoises en se disant qu’elles vont être plus abordables, à aucun moment un client français ne sera prêt à faire de compromis sur la qualité du produit qu’il va acheter. On ne peut pas mettre 25 000 € à 35 000 € dans un véhicule en se disant : "C’est plus accessible, mais c’est pas grave si la qualité n’est pas là", analyse Lionel French-Keogh, directeur du groupe Chery France, premier exportateur de voitures chinoises et maison-mère de Jaecoo et Omoda. Donc quand on combine la qualité, la technologie, l’écologie et le prix, évidemment, c’est pour toutes ces raisons-là aujourd’hui que les clients français basculent vers des constructeurs chinois. De nouveau, les véhicules neufs sont accessibles. »
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De plus en plus de voitures chinoises vendues en Europe
Aujourd’hui, une voiture sur dix vendue en Europe est chinoise. Une tendance qui devrait s’amplifier. Mais les marques européennes ne restent pas les bras croisés. Et s’il est difficile de lutter sur le prix, les constructeurs historiques ont plus d’un tour dans leur sac.
Au milieu du stand, une voiture bien connue trône fièrement sous les projecteurs. La 2 CV, couleur orange acidulée modernisée, fait son grand retour. Et ça n’a rien d’un hasard. Face à la concurrence asiatique, maintenir le lien historique avec les Français est primordial. « Cela peut évidemment passer par là, c’est-à-dire l’héritage, la connexion avec les Français. On a besoin d’émotion, on a besoin de joie de vivre, insiste Caroline Malléus, responsable du produit et de la stratégie chez Citroën et DS. Et c’est ça qu’elle exprime, cette voiture. Elle exprime les copains, la joie, la liberté, toutes ces choses-là. Et encore une fois, dans le contexte actuel, c’est encore plus important. »
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Jouer sur la préférence nationale ou européenne, c’est la stratégie des constructeurs historiques, appuyée par Bruxelles, qui veut freiner les exportations de véhicules chinois sur le continent. Mais là encore, les géants asiatiques ont trouvé la parade. « On a repris une usine en Espagne, à Barcelone, pour pouvoir y produire des véhicules spécifiquement pour le marché européen. Donc, quelle que soit la réglementation mise en place, que ce soit en France ou en Europe, le groupe va s’adapter, explique Lionel French-Keogh. Parce que notre volonté de prendre pied sur le marché français et européen est extrêmement forte. Et donc, s’il faut le faire en ayant des usines en Europe, on le fera. »
Mais construire en Europe risque de rendre les marques chinoises moins bon marché, à condition que ces usines ne deviennent pas de simples chaînes d’assemblage de pièces fabriquées en Asie.
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