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Les débuts du cinéma parlant

Comment un auteur de théâtre à succès a-t-il basculé, en quelques années, vers le cinéma parlant naissant, jusqu'à devenir producteur et réalisateur de ses propres œuvres ? C'est ce que raconte ce cinquième épisode de la série consacrée à Marcel Pagnol, porté par Ariane Ascaride.

Comment un auteur de théâtre à succès a-t-il basculé, en quelques années, vers le cinéma parlant naissant, jusqu'à devenir producteur et réalisateur de ses propres œuvres ? C'est ce que raconte ce cinquième épisode de la série consacrée à Marcel Pagnol, porté par Ariane Ascaride.

Tout part d'une rencontre décisive en 1930. Fort du succès de Topaze et de Marius, Pagnol se lie d'amitié avec l'acteur et metteur en scène Pierre Blanchard, qui revient bouleversé d'un voyage à Londres où il a découvert le cinéma parlant. Dans un extrait de son ouvrage Cinématurgie de Paris, lu par Laurent Stocker, Pagnol relate cette confidence : « J'arrive de Londres où j'ai vu quelque chose d'admirable et d'extraordinaire (...) Un film parlant. » Le récit se poursuit avec la propre expérience de Pagnol, qui va lui-même assister à la projection de Broadway Melody et en ressort transformé : il y voit un « moyen d'expression nouveau qui prendra au théâtre ses meilleurs comédiens et peut-être ses salles ». Une intuition qu'il partage avec Léon Volterra, directeur du Théâtre de Paris, et avec Raimu, alors au sommet de sa gloire théâtrale mais sceptique face à cette nouvelle invention.

De la scène à l'écran : la naissance de la trilogie marseillaise

L'épisode revient ensuite sur le tournage de Marius, premier volet de la trilogie réalisé par Alexandre Korda, marqué par une anecdote savoureuse : un ingénieur du son, alors tout-puissant sur les plateaux, juge la voix de Raimu impossible à enregistrer et réclame de changer de comédien. Korda tranche sans hésiter : ce sera l'ingénieur qu'on remplacera. C'est sur ce socle que Pagnol va construire son cinéma, en restant systématiquement présent sur les tournages pour apprendre le métier, avant de fonder sa propre société de production en 1932. Son premier essai comme réalisateur, Le Gendre de Monsieur Poirier, se solde pourtant par un échec, jugé trop théâtral et académique.

Raimu, la trilogie et le poids du patriarcat

Le succès reviendra avec Marius, Fanny puis César, huit ans plus tard. Au-delà de la trilogie, l'épisode évoque aussi Angèle, adaptation d'un roman de Jean Giono et marquant les débuts de Fernandel dans l'univers de Pagnol : l'histoire d'une « jeune paysanne naïve » séquestrée par son père pour préserver l'honneur familial. Une récurrence que souligne la voix off en rappelant combien l'œuvre de Pagnol interroge, film après film, l'emprise masculine et le statut de « fille-mère » dans une société patriarcale.

À écouter

France Inter

50 min

À écouter

France Inter

36 min