Les CPAS ont 50 ans mais sont surtout face au défi de leur avenir sous pression - RTBF Actus
En un demi-siècle, les CPAS sont devenus un pilier de l’action sociale locale. Leur champ d’intervention s’est progressivement élargi au gré des crises économiques, migratoires, sanitaires ou énergétiques. En 2...
En un demi-siècle, les CPAS sont devenus un pilier de l’action sociale locale. Leur champ d’intervention s’est progressivement élargi au gré des crises économiques, migratoires, sanitaires ou énergétiques. En 2026, la réforme du chômage constitue un nouveau tournant, avec l’arrivée dans les CPAS d’une partie des personnes exclues des allocations.
La pression est déjà forte. En Wallonie, les dépenses de transferts sont passées de 1,055 milliard d’euros en 2019 à près de 2 milliards en 2026. La dotation des communes aux CPAS atteint, elle, 814 millions d’euros, plus du double de son niveau de 2011.
La Fédération estime également qu’environ 800 équivalents temps plein supplémentaires étaient nécessaires avant même les principales exclusions du chômage.
À ces tensions s’ajoute un vaste train de réformes : chômage, collaboration avec le Forem, accueil des personnes étrangères, PIIS, calcul du revenu d’intégration ou encore projet d’intégration entre communes et CPAS. La Fédération réclame des compensations financières à la hauteur des nouvelles charges, davantage de personnel, un soutien à l’aide alimentaire, aux maisons de repos et à la lutte contre la précarité énergétique.
Pour l’avenir, elle plaide notamment pour la création de pôles sociaux locaux, accessibles et coordonnés, capables de préserver la mission fondatrice des CPAS : garantir la dignité humaine.
Préparer l’avenir
Pour Alain Vaessen, directeur général de la Fédération des CPAS, ce cinquantième anniversaire doit surtout permettre de préparer l’avenir. En 1976, quelque 7000 personnes bénéficiaient de l’aide des CPAS, contre environ 170.000 aujourd’hui.
Et la pression continue d’augmenter : en Wallonie, le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration a progressé de près de 25% en dix ans.
Les CPAS sont devenus un acteur incontournable de la sécurité sociale
Alain Vaessen, directeur général de la Fédération des CPAS
La réforme du chômage accentue encore cette évolution. Selon Alain Vaessen, près d’une personne exclue sur deux se tourne actuellement vers un CPAS en Wallonie.
À terme, il estime même qu’il pourrait y avoir davantage de bénéficiaires des CPAS que de chômeurs indemnisés. Une évolution qui impose, selon lui, des moyens humains et financiers supplémentaires pour maintenir un accompagnement de qualité. À cette pression s’ajoute la réforme structurelle voulue par le gouvernement wallon, avec la création à l’horizon 2030 d’un service public local intégré rapprochant communes et CPAS.
Une évolution qui suscite des interrogations au sein du secteur. Alain Vaessen insiste sur la nécessité de préserver un véritable "pôle social" et les spécificités du travail social. "La proximité avec le citoyen doit rester au cœur du modèle", conclut-il.