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Les 8 nouvelles habitudes des voyageurs que les agences doiven…

Voyage solo, slow tourisme, train, recherche d’expériences ou besoin de personnalisation : les habitudes des voyageurs évoluent. Pour les agences, l’enjeu n’est pas de courir après toutes le...

Voyage solo, slow tourisme, train, recherche d’expériences ou besoin de personnalisation : les habitudes des voyageurs évoluent. Pour les agences, l’enjeu n’est pas de courir après toutes les tendances, mais de savoir les détecter et les intégrer dans le conseil.

1. Le voyageur veut parfois partir… seul

Les 8 nouvelles habitudes des voyageurs que les agences doivent intégrer - Depositphotos.com Studiostock

Les 8 nouvelles habitudes des voyageurs que les agences doivent intégrer - Depositphotos.com Studiostock

MSC Croisières

Le voyage solo séduit de plus en plus, mais voyager seul ne signifie pas forcément rechercher l’isolement. Le client peut vouloir de l’autonomie, tout en souhaitant rencontrer d’autres voyageurs, participer à des activités ou bénéficier d’un cadre rassurant.

Selon le Travel Trend Report 2026 de Dertour Group, près de 30 % des personnes interrogées dans 13 pays européens envisagent de voyager seules au cours des douze prochains mois. En France, la proportion atteint 32,2 %.

La question n’est donc pas seulement de savoir si le client part seul, mais ce qu’il recherche derrière cette décision : liberté, repos, rencontres, défi personnel ou sécurité. Cette réponse permettra d’orienter la proposition vers un séjour individuel, un circuit accompagné ou une formule alternant temps libre et activités collectives.

2. Le slow tourisme remet le voyage sur les rails… du temps long

Moins courir, rester plus longtemps au même endroit, privilégier les mobilités douces, découvrir une destination en profondeur : le slow tourisme répond à une envie de voyager autrement.

Selon l’étude Dertour, 53,2 % des Européens interrogés se disent attirés par le slow travel. Parmi eux, 58,5 % souhaitent prendre davantage leur temps pour découvrir une destination sans se sentir pressés.

Cette tendance peut se traduire par un séjour dans une seule région, un itinéraire moins dense, une découverte à pied ou à vélo, ou encore une croisière fluviale. L’agence doit donc s’intéresser au rythme souhaité par le client. Préfère-t-il multiplier les étapes ou prendre le temps de s’installer ? Veut-il visiter davantage ou profiter pleinement de quelques lieux ?

3. Le train devient une vraie alternative

Le train peut désormais constituer un véritable argument commercial, au-delà de la seule question environnementale. Arrivée en centre-ville, confort, possibilité de profiter du trajet : il répond à plusieurs attentes des voyageurs.

Chez Déclic Evasion, les séjours en train ont progressé de 16 % entre 2024 et 2025. Familles, voyageurs souhaitant éviter l’aéroport ou clients à la recherche d’une autre manière de se déplacer peuvent être intéressés.

La vente du ferroviaire reste toutefois complexe, entre outils de réservation, correspondances, après-vente et gestion des perturbations. Pour l’agent, l’enjeu est de connaître les itinéraires pertinents et de proposer le train lorsque celui-ci apporte une réelle valeur au voyage, plutôt que d’attendre que le client le demande.

4. Les voyageurs recherchent davantage de personnalisation

Face à une offre standardisée accessible en quelques clics, la personnalisation reste un atout majeur de l’agence. Elle commence dès la qualification du besoin : rythme, centres d’intérêt, contraintes, niveau de confort, habitudes de voyage ou envie d’autonomie.

L’enquête DIGITRIPS Pro menée auprès de plus de 400 agents de voyage en France en 2026 confirme cette place centrale du conseil personnalisé : 47 % des répondants le citent comme leur priorité numéro un dans leur quotidien.

5. Les clients arrivent avec leurs propres idées… parfois générées par l’IA

Itinéraire conçu avec ChatGPT, hôtels repérés sur Instagram, avis consultés sur Google, vidéos TikTok… Le client peut désormais arriver en agence avec une partie de son voyage déjà imaginée.

Plutôt que de considérer ces recherches comme une concurrence, l’agent peut les utiliser comme point de départ. Que souhaite conserver le client ? Quelles sont ses priorités ? Qu’est-ce qui l’a convaincu dans cet itinéraire ?

Le rôle du professionnel consiste ensuite à vérifier la faisabilité, corriger les incohérences, sécuriser les réservations et enrichir la proposition. L’expertise ne disparaît pas : elle intervient plus tôt, dans la validation et la mise en cohérence du projet.

6. Les voyageurs cherchent aussi du sens

Transport, hébergement, activités, saisonnalité, consommation locale : les critères environnementaux peuvent entrer dans la discussion commerciale. Mais tous les clients n’ont pas les mêmes priorités, et le sujet ne doit pas se transformer en leçon de morale.

L’agent peut interroger le voyageur sur ce qui compte pour lui : limiter les déplacements en avion, privilégier le train, voyager hors saison, favoriser les acteurs locaux ou choisir des activités moins fréquentées.

La RSE devient ainsi un critère de personnalisation, au même titre que le budget ou le confort. Encore faut-il pouvoir s’appuyer sur des informations fiables et des engagements concrets.

7. Les voyageurs veulent des expériences… pas forcément plus d’activités

Rencontre, atelier, découverte gastronomique, activité dans la nature, hébergement singulier : les voyageurs recherchent des expériences qui correspondent à leurs goûts et à leur personnalité.

Mais l’immersion ne signifie pas nécessairement multiplier les activités. Un programme trop chargé peut contredire l’envie de déconnexion ou de temps long.

L’enjeu est de trouver le bon équilibre entre découvertes, temps libre et respiration.

8. Ne pas courir après toutes les tendances

Solo, slow, train, tourisme responsable, expériences immersives, voyage sur mesure, IA… Faut-il pour autant tout proposer ? Non.

Une agence n’a pas vocation à devenir experte de chaque tendance. La spécialisation peut lui permettre de construire une expertise identifiable, à condition de s’appuyer sur une demande réelle, une capacité opérationnelle et un modèle économique cohérent.

L’objectif est donc de repérer les évolutions qui correspondent à sa clientèle et à son territoire, puis de monter en compétence sur celles qui présentent un potentiel commercial. Veille, formation, éductours et observation des demandes peuvent aider à faire le tri.

Plutôt que de commencer systématiquement par « Où voulez-vous partir ? », pourquoi ne pas demander : « Comment aimez-vous voyager ? »

Seul ou à plusieurs ? Lentement ou avec un programme dense ? En train ou en avion ? Avec beaucoup d’autonomie ou accompagné ? À la recherche de confort, d’aventure, de rencontres ou de déconnexion ?

Ces réponses permettront souvent de faire émerger la destination ou le produit. Et c’est peut-être là que se situe l’évolution du métier : ne plus seulement connaître les destinations, mais connaître les différentes façons de voyager.