Le Tournai d’avant : Comment une bergerie est devenue le sanctuaire de religieux
Un ou deux cafés de rouliers, un magasin où se vendent divers accessoires, une ferme ou deux, quelques habitants qui s'y emploient ; des châteaux, le grand des De Croy, le petit des De Robiano et, à deux pas de...
Un ou deux cafés de rouliers, un magasin où se vendent divers accessoires, une ferme ou deux, quelques habitants qui s'y emploient ; des châteaux, le grand des De Croy, le petit des De Robiano et, à deux pas de l'étoile des routes, le château de la Verte Feuille, maison de campagne du bourgmestre De Rasse, racheté par les Desclée et passé aux Sœurs de la Sagesse.
Avant la France, l'Allemagne vit une époque difficile pour les chrétiens car le mouvement Culturkampf sévit durement ; les religieux souffrant de ces exactions sont carrément expulsés.
Notre dossier complet "Le Tournai d'avant"Les Rédemptoristes en sont victimes. Sept Pères de la région de Munich se réfugient à Rumillies en 1873 où le comte de Robiano leur donne asile en son château, détruit depuis.

Lorsque les lois Combes suscitent un départ multiple des Ordres Religieux, arrivent dans notre région de multiples Ordres tels en 1901 les Pères de la Salette dont le souvenir est gardé par leur église de la rue du Crampon.
Dans le cadre de ce "Tournai d'avant", on ne peut oublier les Sœurs de la Sagesse chargées de l'enseignement chrétien aux enfants ; déjà présentes en ville, elles prendront place dans deux salles contiguës à l'église et animeront leçons, patronage pour hommes et jeunes gens ; au fil du temps, une école y est toujours implantée.

D'autres Ordres ont trouvé asile en ce faubourg accueillant, souvent par la force des choses. Ainsi, les Camilliens de 1830 à 1902, les Pères Chartreux de 1901 à 1913, les Petits Frères de Saint-Gabriel au 26 de la chaussée, les Sœurs de St-Joseph dites Oblates.
Qu'en est-il d'un sanctuaire pour ces religieux et les habitants ?
Le faubourg Morelle ressort de Saint-Brice, une église bien éloignée pour les fidèles et Rumillies n'est pas mieux. C'est là une réalité qui heurte le sens religieux des frères Edmond (+ 1880) et Florimond (1877) Desclée qui avaient conçu le projet de bâtir sinon une église, du moins une chapelle, à côté de leur domaine.

Là se trouve une bergerie encore solide. Encore fallait-il trouver des desservants ! Le comte de Robiano suggère les Pères bavarois, le Supérieur des Rédemptoristes y fut favorable. Ainsi est fait.
Les frères Desclée financent les travaux qui débutent en août 1874. Accessible via un chemin le long du domaine Desclée, existe cette bergerie dont les murs et plafond sont retapés. L'architecte Bruyenne aménage le site. Ce sera, derrière l'entrée, une longue nef menant à l'autel où trône une statue de Notre-Dame de Lourdes, cadeau du comte. Déjà, le 29 octobre, l'abbé Labis, doyen de Saint-Brice, bénit la chapelle où chaque dimanche deux messes sont célébrées pour une assemblée toujours nombreuse.
Le Tournai d'avant: en septembre 1834, l'aérostier du Roi s'envolait de TournaiLaquelle déborde de l'enceinte lors de la Mission générale de Tournai prêchée en avril 1875, la piété des habitants permettant ensuite d'enjoliver les murs d'un chemin de croix admiré lors d'une seconde mission en 1881. Les mauvais jours arrivent, hélas.
Car les Pères bavarois chargés des offices rentrent au bercail en 1885, un vicaire de Saint-Brice les remplace uniquement le dimanche. Les grands jours de la "chapelle à moutons" où se célébraient toutes les fêtes, surtout mariales, sont passés. D'autant qu'en 1890, le faubourg devient paroisse à part entière et que, sur la chaussée de Renaix, se construit, selon les plans de l'abbé Vital Duray, curé d'Ellignies-Sainte-Anne, l'église du Sacré-Cœur. Revenue dans le domaine public, la chapelle se convertit en entrepôt de matériel agricole et on n'en voit plus trace…