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Le télescope James Webb découvre une quantité surprenante de métaux autour du trou noir supermassif de la Voie lactée

Au cœur de la Voie lactée, le télescope James Webb a révélé une composition chimique étonnante autour de Sagittarius A, notre trou noir supermassif. Les métaux du centre galactique y sont bien plus abondants qu...

Au cœur de la Voie lactée, le télescope James Webb a révélé une composition chimique étonnante autour de Sagittarius A, notre trou noir supermassif. Les métaux du centre galactique y sont bien plus abondants qu'on ne l'imaginait. Une découverte qui pourrait éclairer l'histoire des étoiles ayant peuplé cette région de notre galaxie.

Adrien Bar Hiyé

Rédacteur

Publié le 25/10/26 à 21:00

Ce résumé généré par IA a été validé par les journalistes de la rédaction.

Une équipe menée par Nicole Ford a mesuré, dans une étude parue le 19 octobre 2026 dans The Astronomical Journal, une forte teneur en éléments lourds dans le gaz qui enveloppe le trou noir central de notre galaxie, grâce au télescope James Webb. Ces éléments ne se forgent qu’au cœur des étoiles et dans leur mort violente, ce qui en fait des traceurs de l’histoire du lieu. Les métaux du centre galactique y dessinent la même signature chimique que plusieurs étoiles voisines, signe qu’astres et gaz se sont formés ensemble.

Une moisson de métaux au bord du trou noir

Braqué sur le centre de la Galaxie, James Webb a décortiqué la lumière infrarouge des filaments de gaz qui spiralent vers Sagittarius A*, le trou noir supermassif niché à près de 26 000 années-lumière de la Terre et quatre millions de fois plus lourd que le Soleil. La lueur analysée aujourd’hui a donc quitté le centre galactique il y a 26 000 ans, à l’époque où nos ancêtres peignaient les grottes. Dans ces nuages, le télescope a relevé une abondance inattendue d’éléments lourds.

En astronomie, le mot métal ne désigne pas que le fer ou l’or, mais tout élément plus lourd que l’hydrogène et l’hélium, du carbone à l’oxygène. En trouver autant si près d’un trou noir supermassif, le long d’une structure de gaz en spirale baptisée minispirale, n’avait rien d’évident. Jusqu’ici, nul ne savait à quel point son voisinage immédiat était enrichi.

Des métaux forgés par les étoiles

Ces atomes ne sortent pas du néant. Ils naissent dans le cœur des étoiles, puis une supernova, l’explosion d’une étoile massive en fin de vie, les projette dans l’espace alentour. C’est ainsi que se sèment le carbone de nos cellules comme l’or de nos bijoux.

Surtout, le gaz mesuré affiche la même composition chimique que plusieurs étoiles voisines. Pour l’équipe de Nicole Ford, ce cousinage trahit une histoire commune, le gaz et les astres se seraient formés au même moment, dans la même matière déjà enrichie. Nuage par nuage, Webb a su séparer la chaleur émise et la quantité de métaux qu’elle renferme.

Du centre galactique aux origines de la Terre

Cette richesse chimique pèse sur l’appétit du trou noir. Plus un gaz contient de métaux, plus il se refroidit vite, et plus il bascule aisément au-delà du point de non-retour. Sagittarius A* engloutit pourtant beaucoup moins de matière, et plus lentement, que la plupart de ses semblables, une lenteur que ces mesures aident à expliquer. Le gaz le plus froid chute le plus vite vers le centre.

Au-delà de la Voie lactée, la même méthode pourrait montrer comment les métaux se répartissent autour des trous noirs géants des galaxies lointaines, et éclairer la façon dont la Terre a hérité de ses propres éléments lourds. Les auteurs rappellent toutefois que le rayonnement du gaz dépend aussi des conditions locales, si bien qu’il ne suffit pas, à lui seul, à retracer le passé d’un trou noir.