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Le soulagement pour les salariés de Trico, repris par le Chinois Yunyi: “C’était ça ou dehors”

Le drapeau de l'Empire du milieu flotte devant l'usine Trico à Aubange. Ouf de soulagement en ce mercredi 14 h pour les travailleurs de l'usine Trico. "À demain", lance à la cantonade une ouvrière avec son nouv...

Le drapeau de l'Empire du milieu flotte devant l'usine Trico à Aubange. Ouf de soulagement en ce mercredi 14 h pour les travailleurs de l'usine Trico. "À demain", lance à la cantonade une ouvrière avec son nouveau contrat en main. Elle vient de le signer. On fait la file dans les bureaux des cadres. Alors que la faillite a été prononcée mercredi matin, cette reprise est un vrai soulagement même si ce n'est jamais gai de diminuer son salaire. "Je suis assez content de ce que le nouveau dirigeant nous a proposés, confie Jean-Michel Dagoneau, nouveau salarié. Nous avons une diminution de 5% sur nos salaires, mais ils veulent vraiment investir dans l'entreprise. On espère du travail et un bel avenir. Les gens ont bien réagi. Au début, nous étions sceptiques, mais nous avons eu de bonnes explications. On y laisse quelques plumes, mais c'est cela ou être dehors." Une acquisition, soutenue par les syndicats et validée par plus de 90% des travailleurs. Ce sera la première usine du groupe chinois Yunyi en Europe.

Après le prononcé de la faillite de l'équipementier automobile Trico à Aubange par le Tribunal de l'entreprise, un accord de reprise a été conclu avec le groupe industriel chinois, propriété de deux dames. Pour la FGTB Métal Liège-Luxembourg et Setca Luxembourg, cela permet de maintenir une grande partie de l'activité industrielle sur le site. Elvi Soppelsa de la CSC ajoute que "les gens sont contents de resigner avec un groupe qui leur donne un avenir. On a confiance dans le repreneur, on parle de 10 millions d'euros sur 3 ans."

Être racheté par un groupe chinois, cela crée une certaine peur ? "C'est l'image d'Épinal, mais force de constater que la société Yunyi est déjà bien présente. Elle a un niveau technologique très proche du nôtre. Les nouveaux dirigeants ont surtout la technologie que nous n'avons pas sur le site. C'est un apport de technologique de leur part et ils veulent rayonner en Europe depuis Aubange", explique le tout frais patron Pierre-Antoine Nioré qui salue le rôle important des syndicats.

"Je veux remercier les salariés"

Sur le plan social, l'accord prévoit que la nouvelle structure reprenne 90% du personnel sous contrat à durée indéterminée, ce qui représente 184 travailleurs sur un total de 204. Certains en fin de carrière ont préféré ne pas poursuivre. Le texte acte également que 20 travailleurs actuellement sous contrat d'intérim bénéficieront d'un contrat à durée déterminée dans un délai de 12 mois.

Il s'agit d'un projet industriel stratégique pour l'implantation de Yunyi en Europe. Le nouveau CEO slovène était descendu sur place, l'objectif affiché est de développer l'activité locale et de reconquérir des parts de marché.

À noter que l'usine a toujours tourné sauf ce mercredi et qu'elle redémarrera demain matin. "C'est aussi ce qui a séduit Yunyi, ils ont vu une équipe soudée. Je veux remercier les salariés qui ont supporté cette étape et qui vont continuer avec nous", conclut le patron du site. À noter que chacun n'avait pas le couteau sur la gorge pour signer le contrat et pouvait réfléchir la soirée.


Ils l'ont dit

Pierre-Antoine Nioré, directeur

"Cela permet de reprendre une grande partie du personnel. C'est très positif pour l'avenir de la société. Le travail pour les intérimaires reste aussi sur le site. On était fabricant de bras et de balais d'essuie-glaces, cela continuera à l'être. Yunyi a la volonté d'étendre notre capacité en faisant un système complet. Il y a un effort que le personnel fait, Yunyi programme aussi des investissements sur le site. Cela permet à la société de rebondir et de ne plus perdre d'argent. Je pense que les gens repartent soulagés."

François Malherbe, Setca Luxembourg

"Nous sommes vraiment soulagés pour les travailleurs suite à l'annonce de la faillite tombée ce mercredi matin. Le repreneur est venu expliquer le projet industriel. C'est toutefois un peu triste pour les personnes non reprises. 20 personnes ne seront plus là, mais nous avons sauvé 90 % de l'emploi. Une inquiétude syndicale quant à un repreneur chinois ? Nous n'en pensons rien. Nous pouvons toujours avoir une crainte qu'ils délocalisent, mais nous savons qu'ils veulent être en Europe. L'usine d'Aubange est pour eux, une opportunité."

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