« Le problème était connu » : à Strasbourg, une enfant de 5 ans soupçonnée d’agressions sexuelles sur sept élèves de son école
Dans une école de Strasbourg (Bas-Rhin), sept enfants disent avoir été victimes d’attouchements, parfois même de pénétrations digitales par une camarade de classe, âgée de 5 ans. Une enquête administrative au sein de l’établissement a été diligentée par le rectorat.
Une enfant de 5 ans est soupçonnée d'agressions sexuelles sur sept de ses camarades, au sein de son école à Strasbourg.
© ANDBZ / N/C
Chloé Semat 15/09/2026 à 14:27, Mis à jour le 15/09/2026 à 14:27
Dans une école de Strasbourg (Bas-Rhin), sept enfants disent avoir été victimes d’attouchements, parfois même de pénétrations digitales par une camarade de classe, âgée de 5 ans. Une enquête administrative au sein de l’établissement a été diligentée par le rectorat.
À l’école Schoepflin, à Strasbourg (Bas-Rhin), on entendrait presque les mouches voler. Plusieurs dizaines d’élèves, particulièrement de petite section, n’ont pas pris le chemin de leur établissement, ce lundi 14 septembre. Par ce geste, leurs parents ont voulu protester contre le manque de réaction de l’Éducation nationale, quelques jours après la révélation d’un vaste scandale d’agressions sexuelles au sein de ce groupe scolaire. Au total, sept enfants disent avoir été victimes d’attouchements, parfois même de pénétrations digitales, selon des témoignages rapportés par des parents.
D’après les informations des Dernières nouvelles d’Alsace (DNA), les faits se seraient déroulés dans les toilettes, la cour de récréation et en salle de classe et les premiers signalements remontent à octobre 2025. C’est notamment le cas d’un garçon de 5 ans, toujours scolarisé à l’école maternelle Schoepflin, qui aurait subi des agressions sexuelles dans un coin isolé de la cour de récréation, en avril dernier. L’enfant s’est par la suite renfermé, avant de développer une incontinence fécale. « Il ne voulait plus retourner à l’école, on ne comprenait pas pourquoi », témoigne son père de 44 ans auprès du quotidien local.
La suite après cette publicité
Avant d’ajouter : « J’ai tout appris au moment des grandes vacances, il a mis du temps à parler. » La fillette lui aurait touché le sexe et mis un doigt dans les fesses. « Il ne voulait pas nous raconter de peur qu’elle se fasse gronder, c’était son amie », se désole le quadragénaire, en soulignant qu’en l’occurrence, l’Éducation nationale « tombait vraiment très bas ». Les familles concernées reprochent en effet à l’établissement d’avoir tardé à les informer de ces faits répétés : « L’équipe pédagogique n’a pas pris au sérieux la situation. » « Il faut aussi protéger cette petite fille de 5 ans qui est la première victime dans cette histoire », estiment également certains parents.
La suite après cette publicité
« On a fait la rentrée comme si de rien n’était »
Ces derniers s’interrogent également sur la surveillance exercée au moment des faits. « Le problème était connu, majeur et répété. C’est l’école qui recevait […] ces signalements. Des enfants font des crises, ont des taches de sang dans leurs sous-vêtements, ont des problèmes d’incontinence. Pourtant, on a fait la rentrée comme si de rien n’était », s’insurge auprès des DNA une parente d’élève, dont la petite fille aurait subi des pénétrations digitales.
Selon l’AFP, les parents n’auraient été informés qu’en juin, à la faveur d’une réunion, que les faits rapportés par leur enfant n’étaient pas isolés. Dans un e-mail envoyé aux familles le 8 septembre, la directrice d’école a concédé que « l’année dernière, certains enfants de maternelle ont pu avoir des comportements inappropriés touchant à l’intimité ». « Les situations signalées ont fait l’objet des procédures appropriées », défend le rectorat, qui a ordonné une enquête administrative au sein de l’école, proposé un accompagnement psychologique à certains élèves, et transmis un signalement à la cellule de recueil, de traitement et d’évaluation des informations préoccupantes (CRIP).
La suite après cette publicité
La suite après cette publicité
Un changement d'école prévu pour la fillette mise en cause
Concernant la fillette mise en cause, âgée de 5 ans et fille d'une enseignante de l'école, il existe une présomption du discernement, détaillée dans le Code de la justice pénale des mineurs. Celle-ci stipule que les enfants de moins de 13 ans sont présumés ne pas comprendre la portée de leurs actes et ne peuvent pas être poursuivis ni condamnés à des peines. « Fin août, on nous a dit par mail que la petite fille […] ne serait plus scolarisée en maternelle. Sauf que cette année elle est en CP dans la même école, donc les enfants vont encore la croiser », constate une mère de famille dont les deux enfants, alors âgés de 3 et 4 ans, ont rapporté des épisodes problématiques.
Ce lundi, dans la soirée, le directeur académique a annoncé que l’enfant allait changer d’école. « C’est ce qui nous semblait indispensable pour que nos enfants puissent aller à l’école sans crainte », a insisté la mère de famille, espérant que l’enfant bénéficiera d’un suivi dans son nouvel établissement. De son côté, la mairie de Strasbourg assure avoir « pris très au sérieux les alertes formulées » et indique que « pour l’année scolaire 2026-2027, plusieurs mesures sont mises en œuvre » dont une « surveillance renforcée » de la cour et des sanitaires.
Contenus sponsorisés
Sur le même sujet