Le prix Sakharov 2026 décerné à la Cour pénale internationale, visée par des sanctions américaines
Logo de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, le 28 mars 2026. JOHN THYS / AFP Le Parlement européen a décerné jeudi 22 octobre son prix...
Logo de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, le 28 mars 2026. JOHN THYS / AFP
Le Parlement européen a décerné jeudi 22 octobre son prix Sakharov 2026, qui récompense le combat pour la démocratie et la liberté de pensée, à la Cour pénale internationale (CPI). Une récompense qui intervient alors que l’institution est actuellement dans le collimateur de Donald Trump.
« L’Union européenne repose sur le respect du multilatéralisme et des institutions internationales, et ce prix salue l’important travail accompli par la cour pour faire respecter le droit et la justice à l’échelle internationale », a déclaré Roberta Metsola, la présidente du Parlement européen dans l’hémicycle à Strasbourg, déclenchant des applaudissements et une ovation des eurodéputés.
Basée à La Haye, aux Pays-Bas et comptant 125 États membres, la CPI juge les individus accusés des pires atrocités commises dans le monde : crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide.
« Message d’espoir » face aux attaques de l’administration Trump
« La Cour pénale internationale remercie le Parlement européen de lui avoir décerné, ainsi qu’à ses fonctionnaires, le Prix Sakharov pour la liberté de pensée de cette année », a de son côté déclaré sa présidente, la juge Tomoko Akane. « Cette distinction intervient à un moment où la Cour et ses fonctionnaires sont confrontés à des défis sans précédent, notamment des sanctions visant à entraver le mandat judiciaire de la Cour, » a-t-elle souligné, après avoir remercié le Parlement européen.
« C’est historique », a abondé Chloé Ridel, du groupe Socialistes et Démocrates (S&D) voyant là « un message d’espoir et de résistance envoyé à Donald Trump ». La gauche et le centre soutenaient dès le début la CPI pour le prix Sakharov tandis qu’une partie de l’extrême droite et surtout la droite proposaient de récompenser l’opposant tanzanien Tundu Lissu. La cheffe des sociaux-démocrates Iratxe Garcia Perez a salué une « victoire pour la justice internationale et une défaite pour les autocrates ».
Ce soutien affiché à la CPI intervient dans un contexte d’attaques des États-Unis contre la cour. Le 9 octobre, Washington a annoncé de nouvelles sanctions contre la Cour pénale internationale, visant à paralyser son fonctionnement quotidien, quelques heures après la remise du prix Nobel de la paix à l’une de ses anciennes juges, la Sud-Africaine Navi Pillay.
Le président américain Donald Trump, qui estime depuis plusieurs années que le prix Nobel devrait lui revenir, a fustigé un choix « honteux ». Son secrétaire d’État Marco Rubio a lui promis de démanteler « brique par brique » la Cour de La Haye, qualifiée de « tribunal voyou ». L’Union européenne avait déploré les sanctions « profondément regrettables » des États-Unis contre la Cour pénale internationale, et promis d’aider l’institution à poursuivre ses missions. Ces pénalités récentes pourraient affecter directement le paiement des 900 employés de la cour et les déplacements liés aux enquêtes. Elles impacteraient aussi surtout son autonomie technologique, puisqu’elle dépend fortement de Microsoft.
L’an dernier, le prix Sakharov avait récompensé deux journalistes emprisonnés en Biélorussie et en Géorgie, Andrzej Poczobut et Mzia Amaghlobeli. Andrzej Poczobut, un Polono-Biélorusse arrêté par Minsk en 2021, a été libéré en avril 2026 dans le cadre d’un échange de prisonniers coordonné par les États-Unis.
Par Service Actu ((avec AFP))