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Le PLQ annulerait les mesures de détaxation de la CAQ

Le Parti libéral du Québec (PLQ) de Charles Milliard promet à son tour d'équilibrer les finances publiques en 2029-2030. Et il entend, pour ce faire, mettre fin au remboursement des droits de mutation immobiliè...

Le Parti libéral du Québec (PLQ) de Charles Milliard promet à son tour d'équilibrer les finances publiques en 2029-2030. Et il entend, pour ce faire, mettre fin au remboursement des droits de mutation immobilière (la fameuse « taxe de bienvenue ») pour les premiers acheteurs et rétablir la taxe de vente sur certains produits alimentaires.

Ces mesures avaient été annoncées en avril et en mai derniers, dans la foulée de l'élection de Christine Fréchette comme cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) et première ministre.

Le PLQ calcule que leur annulation lui permettrait d'engranger quelque 250 millions de dollars par année, ce qui contribuera au rétablissement des finances publiques en 2029-2030.

Le cadre financier du PLQ a été présenté en conférence de presse, dimanche matin, à Québec, par Charles Milliard, qui était pour l'occasion accompagné de ses candidats Frédéric Beauchemin (Brome-Missiquoi) et Julie White (Jean-Talon).

Le document de 15 pages pave la voie au rétablissement de l'équilibre budgétaire en 2029-2030, en faisant disparaître les « écarts à résorber » du ministre Eric Girard, tout en maintenant les versements au Fonds des générations.

Le remboursement des droits de mutation immobilière aux premiers acheteurs, advenant l'élection d'un gouvernement libéral le 5 octobre, prendrait fin le 31 mars 2027, a précisé le PLQ par courriel à Radio-Canada.

En lieu et place de ce programme, le parti de Charles Milliard propose de rembourser 36 % de la TVQ sur l'achat d'une maison ou d'une copropriété neuves de moins de 500 000 dollars, pour un allègement maximal de 10 000 dollars. Des modalités différentes sont prévues pour les plex.

Mais pour rétablir les finances publiques, le PLQ ne compte évidemment pas sur sa seule promesse d'annuler les mesures de détaxation annoncées par Christine Fréchette ce printemps.

Pour ce faire, le parti de Charles Milliard prévoit, comme la CAQ l'a fait dans son propre cadre financier, une hausse des transferts fédéraux de 4,36 milliards de dollars (G$) de 2027-2028 à 2030-2031 en lien avec les dépenses engagées par le Québec pour offrir des soins de santé et pour accueillir les demandeurs d'asile.

À l'instar de plusieurs de ses concurrents, le PLQ compte aussi, pour la même période, économiser 4,25 G$ en misant sur la modernisation et une efficacité accrue de l'État québécois.

Il entend également utiliser 4 des 9 G$ tirés de la provision pour éventualités et de la provision au Fonds de suppléance budgétés par le gouvernement du Québec le printemps dernier, contre 5 G$ pour la CAQ.

M. Beauchemin, Mme White et leur chef, Charles Milliard, en conférence de presse.

Frédéric Beauchemin était, la session dernière, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, alors que Julie White, avant de se porter candidate, travaillait comme PDG de Manufacturiers et Exportateurs du Québec.

Photo : Radio-Canada / John Jaramillo

Le PLQ est le quatrième des cinq principaux partis politiques à rendre public son cadre financier, après la CAQ, le Parti conservateur du Québec (PCQ) et Québec solidaire (QS). Celui du Parti québécois (PQ) sera dévoilé mardi matin, avant le premier débat des chefs, à TVA.

Le cadre financier du PLQ, cela dit, est le plus réaliste et le plus pragmatique, a fait valoir son chef, dimanche.

[Nous proposons] un État plus efficace, plus performant, qui offre de meilleurs services à la population et redonne des marges de manœuvre pour remettre le Québec sur la voie d’une prospérité durable et partagée.

Le PLQ chiffre le total de ses engagements à 11,9 G$ sur cinq ans.

Ses promesses les plus coûteuses sont celles visant à suspendre puis à alléger la contribution des entreprises au Fonds des services de santé (FSS), dont le coût total est estimé à 1,8 G$, ainsi que celle d'investir davantage dans les infrastructures, une proposition dont les effets sont eux aussi évalués à 1,8 G$ sur l'horizon financier.

Comme la CAQ, le PLQ entend aussi plafonner les dépenses de portefeuilles à seulement 1 % en 2028-2029 et en 2029-2030, ce que la vérificatrice générale du Québec, dans son analyse du rapport préélectoral d'Eric Girard, a comparé au coup de frein donné par le gouvernement Couillard en 2015-2016.

Dans son cadre financier, le parti de Charles Milliard affirme toutefois que ses différents engagements permettront d’atteindre sur cinq ans une croissance moyenne de près de 5 % pour le portefeuille de la santé et des services sociaux, de 3 % pour l’éducation et de 5 % pour l’enseignement supérieur.

M. Milliard s'est également engagé cette semaine à ne pas réduire le budget réservé à la culture.

Les libéraux préparent l'austérité, s'inquiète QS

Réagissant au cadre financier du PLQ, la co-porte-parole de QS Ruba Ghazal a fait savoir dimanche que son parti promettait lui aussi d'abolir la mesure annoncée par la CAQ en avril concernant les droits de mutation immobilière.

Mme Ghazal, en point de presse, a annoncé que sa formation, en cas de victoire le 5 octobre, annulerait le remboursement de la taxe de bienvenue pour offrir aux premiers acheteurs un prêt pour la mise de fonds pouvant atteindre 50 000 dollars.

La candidate de QS au poste de première ministre s'est cependant désolée que le PLQ, comme la CAQ, entende plafonner à 1 % les dépenses de portefeuilles pour 2028-2029 et 2029-2030, et ce, même si son parti n'offre pas de précisions à cet effet dans le cadre financier qu'il a présenté vendredi.

C'est quoi le taux d'inflation? C'est ça que j'ai envie de demander à M. Milliard. On a dépassé le 3 %. Et quand les dépenses ne suivent pas le taux d'inflation, c'est des coupures [sic] et de l'austérité, a-t-elle souligné.

Ce n'est pas étonnant de la part du Parti libéral du Québec, qui est le parti de l'austérité. Ça a toujours été leur façon de gérer l'État.

Charles Milliard, en conférence de presse, s'est défendu de vouloir replonger le Québec dans les années Couillard. Ce n'est pas de l'austérité qu'on propose, a-t-il assuré. C'est un retour à un réalisme économique, avec un gouvernement qui a plombé les finances publiques dans les huit dernières années.

La CAQ, de son côté, a réagi au cadre financier du PLQ par la bouche du ministre sortant Eric Girard, qui a notamment déploré que les libéraux veuillent faire passer le Plan québécois des infrastructures (PQI) de 180 à 195 milliards de dollars, une hausse qu'il juge trop élevée.

M. Girard a toutefois félicité les libéraux pour leur proposition, similaire à celle de son parti, de consacrer 75 % des dépenses en infrastructures au maintien des actifs.

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, enfin, a jugé en après-midi que le cadre financier du PLQ était plus crédible que ce que les autres partis ont fait. On sera un peu dans cette approche-là aussi, d'avoir quelque chose d'optimiste, mais quand même réaliste, a-t-il dit.

Le PCQ, au moment d'écrire ces lignes, n'avait pas réagi au cadre financier du PLQ.

Charles Milliard montant dans son autobus de campagne.

Le visage de Charles Milliard a été ajouté sur son autocar de campagne.

Photo : Radio-Canada / John Jaramillo

L'autocar de campagne de Charles Milliard, par ailleurs, arborait un nouveau look, dimanche matin, alors que le visage de son chef, en déficit de notoriété, a été ajouté des deux côtés du véhicule.

On [avait] décidé de ne pas mettre la photo sur l'autobus, parce qu'on voulait mettre d'autres choses en valeur, s'est justifié M. Milliard dimanche. [Mais] les gens nous ont dit : "Vous voulez être premier ministre, on veut vous voir la face, au propre et au figuré".

Le chef du PLQ estime que l'épisode aura paradoxalement contribué à le faire connaître.

Écoutez, au nombre de fois où on m'a [dit] qu'il n'y avait pas ma face sur l'autobus, ma notoriété a monté en flèche. Mais là, les gens voulaient avoir le visage des chefs sur l'autobus. Moi, je dis : "Aucun problème, le voici". Et puis la photo n'est pas si mal, s'est enœugueilli le chef libéral.