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Le patron de l’European Open est ravi d’accueillir David Goffin : “C’est un grand honneur qu’il ait choisi notre tournoi pour sa dernière danse”

Ne mâchons pas nos mots ! Sans lui, jamais depuis une décennie les fans de tennis n'auraient vu passer sur notre territoire des joueurs comme Andy Murray, Jannik Sinner, Stan Wawrinka ou Dominic Thiem, pour se ...

Ne mâchons pas nos mots ! Sans lui, jamais depuis une décennie les fans de tennis n'auraient vu passer sur notre territoire des joueurs comme Andy Murray, Jannik Sinner, Stan Wawrinka ou Dominic Thiem, pour se tenir à une liste très épurée ne comptant que des vainqueurs de Grand Chelem.

Lui, c'est Kristoff Puelinckx, cofondateur et CEO de Tennium, la société qui a créé l'European Open. Avant les trois coups de l'édition 2026, le Gantois, depuis son bureau qui est décoré de photos d'anciennes gloires de la petite balle jaune, a évoqué le passé, le présent et le futur du seul ATP 250 belge.

Kristoff, quel bilan avez-vous tiré de l'édition 2025, la première à Bruxelles ?

Il fut très positif. Cela s'est vu au niveau de la vente des billets mais aussi au niveau des sponsors. Le retour de BNP Paribas Fortis fut un atout majeur. Non seulement grâce à son important investissement financier mais aussi parce que c'est un partenaire marketing exceptionnel. Il assure une promotion intensive de l'événement. C'est l'une des meilleures collaborations qu'on puisse avoir dans le monde du tennis.

Comment appréhendez-vous l'édition 2026 avec, notamment, ce changement de court central, du Palais 12 au 5, pendant la semaine ?

Ce n'est pas l'idéal mais je ne m'en fais pas trop. Ce sera un défi opérationnel. Mais nous allons y faire face. Je pense que nous avons déjà géré des problèmes plus complexes. Notre équipe est expérimentée et je suis certain qu'elle fera un excellent travail.

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Comment expliquez-vous ce problème de date et donc de réservation ?

Il y a eu une confusion selon le calendrier utilisé et la semaine 42 qui nous est attribuée depuis plusieurs années. Donc, le Palais 12 n'était pas disponible toute la semaine. Je ne pense pas que ce soit la faute de qui que ce soit. J'ai apprécié l'aide de Brussels Expo pour trouver une solution. L'ATP a également été d'un grand soutien car elle n'était pas ravie de devoir changer de lieu en plein tournoi.

guillement

Le tennis est le troisième sport le plus populaire au monde."

Quelles sont vos relations avec l'ATP qui est à l'origine de la disparition, en 2028, de l'European Open sous sa forme actuelle ?

Il y a la direction de l'ATP, mais, en fait, nous sommes tous l'ATP. Les joueurs, les propriétaires et les organisateurs de tournois. Nous avons tous convenu d'une stratégie de croissance et plusieurs projets sont en cours. Tout d'abord, les joueurs veulent moins jouer, on parle beaucoup de leur santé. Deuxièmement, il est vrai que le circuit se concentre davantage sur les tournois majeurs, les Masters 1 000 et 500, et souhaite conserver un nombre restreint d'ATP 250 pour alléger le calendrier. Il y en avait trop. L'arrivée d'un Masters 1 000 en Arabie saoudite n'a rien arrangé. L'ATP a dû déplacer de nombreux tournois, ce qui impacte directement Bruxelles, car des tournois prévus en février vont se retrouver à l'automne. Il fallait trouver une solution.

Kristoff Puelinckx est heureux de voir David Goffin mettre un terme à sa carrière à l'European Open.
Kristoff Puelinckx est heureux de voir David Goffin mettre un terme à sa carrière à l'European Open. ©Belgaimage

L'European Open est une victime de ce développement ?

Oui, nous étions soumis à une forte pression concernant le calendrier et l'option proposée (NdlR : un tournoi sur herbe en juin) ne nous satisfaisait pas. Tout cela s'inscrit dans le contexte plus large de la croissance de notre sport.

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Qui se porte bien ?

Tennium gère plusieurs tournois (NdlR : Barcelone, Hambourg, Buenos Aires) et nous sommes satisfaits de l'évolution du circuit. Ces cinq dernières années ont été excellentes. La fréquentation est en hausse partout. L'audience est importante. Les nouvelles plateformes numériques génèrent beaucoup de revenus. Les sponsors sont très intéressés par notre sport. L'ATP est très bien positionnée. Il y a plus de cinq ans, on se demandait comment rivaliser avec les autres sports. Comment conquérir le public ? Comment attirer les sponsors ? Un travail considérable a été réalisé pour renforcer le marketing, l'image de marque du circuit et celle des joueurs. Tout le monde nous demandait comment on allait survivre avec les départs de Nadal, Federer et Djokovic. De nouveaux joueurs, Alcaraz et Sinner, suscitent maintenant l'enthousiasme. Et quand ils sont blessés, de nouveaux talents émergent. Nous avons créé un produit plus performant. Le tennis est le troisième sport le plus populaire au monde.

Et pour revenir à Bruxelles, quid de 2028 ?

Comme on ne pouvait pas poursuivre à Bruxelles, on a vendu notre licence à la fédération italienne. Mais nous sommes très attachés au tennis en Belgique. Nous allons organiser un nouvel événement à Bruxelles. Je suis sûr que vous aimeriez me convaincre de vous l'expliquer déjà aujourd'hui, mais je ne peux pas. Des discussions sont en cours. Nous croyons au potentiel du marché et de jeunes joueurs prometteurs émergent. Je suis très optimiste quant à l'avenir du tennis en Belgique.

guillement

Nous organiserons un nouvel événement à Bruxelles en 2028."

Votre société s'est aussi diversifiée. Vous avez, notamment, signé un partenariat avec la Fédération argentine de polo. Pourquoi ce choix ?

Notre diversification repose sur notre solide expertise dans l'organisation d'événements de haut niveau. C'est pourquoi nous avons été sollicités. Nous venons d'organiser la finale de la Ligue des nations de saut d'obstacles à Barcelone. C'est l'un des événements phares du calendrier équestre. Nous nous positionnons comme un opérateur de premier plan. Nous nous développons en Europe et en Amérique du Sud, qui ont toujours été nos principaux marchés. Nous avons commencé, aussi, au Moyen-Orient. Nous travaillons déjà en Arabie saoudite et espérons bientôt lancer des projets et des événements aux Émirats arabes unis. Il y a du potentiel là-bas.

Un potentiel financier ?

Il y a des financements et de l'intérêt pour des événements. L'argent est important, certes, mais il nous faut aussi des événements de premier plan, et ceux-ci ont besoin d'organisateurs de premier plan comme nous. Il est difficile de trouver des personnes possédant notre expérience dans la région. C'est pourquoi nous sommes bien accueillis. Nous sommes également approchés par des structures en Asie, mais cela reste à voir. Notre priorité immédiate en matière d'expansion est le Moyen-Orient.

guillement

Le circuit ATP et les exhibitions peuvent cohabiter, si un respect mutuel existe."

Justement, quel est votre point de vue sur toutes ces exhibitions lucratives organisées notamment en tennis ?

Il y a deux aspects à considérer. D'une part, l'ATP doit se montrer plus exigeante envers les joueurs quant à leur participation à ces exhibitions. De nombreuses personnes investissent des sommes considérables dans le circuit ATP pour offrir des tournois de haut niveau. Par conséquent, nous attendons des joueurs un engagement à jouer. Il est important que ces exhibitions soient organisées en dehors de la saison. Mais ces événements sont aussi positifs. Ils permettent de faire découvrir le tennis à des pays qui n'en ont pas l'occasion. Quand le tennis se développe, nous en profitons tous. Il ne s'agit pas d'une compétition l'un contre l'autre. Il faut collaborer. L'organisation d'exhibitions lucratives permet aux joueurs de gagner un revenu supplémentaire, c'est une bonne chose pour eux. Mais nous devons protéger le circuit et les investissements que nous réalisons dans l'ATP. Les deux peuvent coexister tant qu'ils se respectent.

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Passons à un autre sujet, quel regard portez-vous sur le départ à la retraite de David Goffin sur votre tournoi ?

J'en suis ravi. C'est un grand honneur que David ait choisi notre tournoi pour sa dernière danse. Il aurait pu prendre sa retraite sur un Grand Chelem, à Roland-Garros par exemple. David est une star mondiale dans notre sport. Sa renommée dépasse les frontières de la Belgique.

David est d'une certaine manière à la base de la création de l'European Open ?

Il y a plus de dix ans, nous étions en réflexion sur le choix du pays hôte du tournoi, d'autres options s'offraient à nous que la Belgique. Je me souviens d'une conversation avec David à Paris-Bercy. Je lui ai dit : 'Tu sais, si nous choisissons la Belgique, c'est en grande partie grâce à toi. Parce que tu es la plus grande star du tennis belge. Je voulais donc te demander si tu seras engagé.' Il a dit que c'était formidable pour le tennis belge, qu'il jouerait et serait pleinement investi.

guillement

Zizou, Raphaël et Alexander ont des personnalités différentes."

Vous lui organiserez donc une belle fête ?

Oui ! C'est un honneur de l'accueillir pour lui dire au revoir. David est un joueur à part, très élégant avec une belle technique. C'est un plaisir de le voir jouer.

Avec Zizou Bergs, Raphaël Collignon et Alexander Blockx, la Belgique possède une belle relève ?

C'est exceptionnel. Trois joueurs du top 50 pour un si petit pays. En plus, ils ont des personnalités différentes et se complètent. Ils sont très populaires à l'international. Notamment Zizou. Ce que Raphaël a accompli ces 18 derniers mois est incroyable. La récente progression d'Alexander a, elle, été impressionnante. C'est une belle opportunité pour eux de jouer devant leurs fans à Bruxelles. Cela conforte ma conviction que nous pouvons continuer à organiser un événement exceptionnel en Belgique avec des joueurs comme eux.

Votre société gère aussi la carrière de joueurs, vous n'avez pas eu l'occasion de les signer ?

Nous discutons avec les joueurs et ils font leurs choix. Nous serions ravis de les représenter. Nous avons un peu travaillé avec Zizou lorsqu'il était jeune, puis il a décidé de rejoindre IMG. Traditionnellement, nous nous concentrions davantage sur le développement du tournoi en Belgique, mais il est vrai que notre agence de joueurs s'est développée. Nous serions ravis de les représenter à l'avenir. Nous restons attentifs à ces possibilités.

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