Le niveau de la Vesdre et de l’Amblève est très bas en raison de la sécheresse des dernières semaines : “La situation est préoccupante”
Les cours d'eau souffrent aussi de la sécheresse qu'on connaît actuellement. Dans l'arrondissement de Verviers, le niveau de la Vesdre et de l'Amblève a fortement baissé, ce qui a des effets sur la faune mais aussi sur la flore. "On attend qu'une chose, c'est qu'il pleuve", lance Pascal Crul, président de la Ligue royale des pêcheurs de l'Est.
L'été 2026 s'avère être particulièrement chaud et sec. Ce lundi 27 juillet 2026, la Cellule d'expertise (Celex), réunie à l'initiative du Service public de Wallonie, a d'ailleurs confirmé une sécheresse exceptionnelle sur l'ensemble du territoire wallon. Des mesures ont notamment été prises par le gouverneur de la Province de Liège pour éviter les risques d'incendie. Et si la végétation souffre de ces conditions, c'est également le cas des cours d'eau.
Depuis plusieurs jours, chez nous, la Vesdre et l'Amblève affichent un niveau très bas. "La situation est préoccupante mais elle n'est pas encore catastrophique", confirme Joëlle Stassart, chargée de communication au Contrat de rivière Vesdre. Mercredi, celle-ci était du côté de la piscine communale de Chaudfontaine. "Et le niveau était juste en dessous de 50 cm. Ce n'est vraiment pas beaucoup", indique-t-elle. La végétation semble pour le moment préservée. "Mais si la canicule continue, les cours d'eau vont continuer à descendre et ça deviendra plus préoccupant pour la végétation, donc la ripisylve."
Du côté de l'Amblève, le constat est similaire. "Sur la rivière, on voit que le niveau a baissé, oui. Mais certains ruisseaux, eux, notamment près de Faymonville, sont à sec", précise Céline Vandermeulen, chargée de communication au Contrat de rivière de l'Amblève-Rour, sur base du témoignage de l'un de ses collègues présent sur le terrain.
Un impact déjà sur la truite
Les poissons et autres habitants de la rivière pâtissent également de cette sécheresse, puisque cela influe directement sur le taux d'oxygène présent dans l'eau. "Depuis qu'on a travaillé dans la Vesdre, suite aux inondations, la lame d'eau n'est pas conséquente, remarque Pascal Crul, président de la Ligue royale des pêcheurs de l'Est. Le poisson ne sait plus se cacher dans les poches qu'il y avait autrefois, pour se reposer et chercher la fraîcheur. De plus, la couverture végétale n'étant plus là, la chaleur a un impact beaucoup plus important sur la rivière. Et comme il y a encore moins d'eau pour le moment, il y a encore moins de poches. La truite est en train d'en souffrir. Il y a de la mortalité à gauche et à droite."

Avant d'entraîner la mort des espèces, ces conditions climatiques créent surtout du stress, que ce soit sur les poissons, qui ont de plus en plus de mal à se déplacer ou les macro-invertébrés, moins visibles. "Ceux-ci souffrent aussi, assure Céline Vandermeulen. Ils déterminent le niveau de qualité d'un cours d'eau. Comme ils font partie de la chaîne alimentaire, cela se répercute sur les plus gros poissons."
Depuis le 18 juillet, la pêche en eau vive est interdite. "Avec la Ligue de l'Est, on gère aussi Butgenbach et Robertville. Heureusement que la pêche n'a pas été fermée sur les eaux calmes. Les pêcheurs peuvent quand même continuer à pratiquer leur sport, note Pascal Crul. Maintenant, on attend qu'une chose, c'est qu'il pleuve le plus rapidement possible car on enregistre tous des dégâts. Mais qui va venir nous soutenir ?"
Des polluants plus concentrés
Les températures élevées favorisent aussi la prolifération d'algues et de bactéries telles que les cyanobactéries. Un phénomène qui n'a toutefois pas été constaté dans notre région. Par contre, tous nos interlocuteurs insistent sur la présence de nombreux rejets qui sont encore réalisés vers nos rivières. "Toutes les maisons ne sont pas encore raccordées à des collecteurs. Donc, il y a des rejets domestiques, que ce soit des éviers, des machines à laver ou parfois des sanitaires", précise Joëlle Stassart, du Contrat de rivière Vesdre.

Et qui dit niveau bas dit moins d'eau pour diluer ces rejets. "Comme il fait chaud, les gens et les enfants ont tendance à aller un petit peu faire trempette, notamment en mettant leurs pieds dans l'eau. C'est le cas aussi des chiens. On applique donc le principe de précaution, en regardant d'abord s'il n'y a pas de rejet tout près, puis en se rinçant dès qu'on est de retour à la maison. Il suffit d'une petite plaie pour que ça s'infecte", explique-t-elle, tout en rappelant qu'il n'y a pas de zones de baignade naturelle contrôlées au niveau de la Vesdre.
Les orages et petites pluies annoncées ces jours-ci ne suffiront pas à faire remonter le niveau des cours d'eau. "Cela se fera sur le long terme", estime Céline Vandermeulen. Les Contrats de rivière et la Ligue des pêcheurs de l'Est ont conscience que ces épisodes de sécheresse seront de plus en plus fréquents. "Au niveau de la Vesdre, il faudrait vraiment refaire un couvert végétal. Une vingtaine de chantiers sont prévus par la SPI pour redonner vie à la rivière. On attend ça depuis 2021", conclut Pascal Crul.
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