Le Hutois surfe sur la vague du succès avec son école de kite lancée au Portugal il y a dix ans : “Il fallait oser, j’ai tout plaqué”
François Berck, d'origine hutoise, a tout plaqué il y a dix ans pour lancer son école de kitesurf sur la côte portugaise. Son école a grandi et accueille des apprentis surfeurs du monde entier.
François Berck n'a pas peur de se jeter à l'eau, au propre comme au figuré. Il a tout plaqué pour vivre son rêve. Cette année, le Hutois d'origine souffle les dix bougies de son école de kitesurf, "Kite Control", installée dans la jolie lagune d'Obidos, au-dessus de Lisbonne.
Rien ne prédestinait pourtant cet étudiant en immobilier à tout plaquer pour vivre de sa passion : le kitesurf. Retour sur son parcours, jalonné de décisions fortes et mené avec une sacrée détermination.
"Je suis né à Tinlot puis ma famille a déménagé à la Sarte à Huy. J'ai fait mes études secondaires à Huy puis mon cursus supérieur à Liège, en immobilier. Une fois mon diplôme en poche, je suis parti un an en voyage pour découvrir le monde. Puis j'ai travaillé pour PNB Paribas."
Mais le Hutois a la bougeotte et décide de s'envoler au Canada pour apprendre l'anglais et ajouter ainsi une corde à son arc professionnel. "Finalement, je ne suis pas revenu. Je suis resté là bien plus longtemps que prévu. J'ai découvert Toronto, Vancouver, j'ai pratiqué le snowboard tout en travaillant comme serveur pour payer mes frais."
C'est là que François se rend compte que la vie métro-boulot-dodo n'est pas faite pour lui et il commence à rêver de kitesurf, une passion qu'il avait déjà développée en Belgique. "J'avais appris le kite à Oostduinkerke et j'avais passé mon brevet d'instructeur IKO, qui me permet de travailler dans le monde entier."
Des États-Unis à l'Australie en passant par la Grèce
C'est le début d'un long périple à travers les plages de surf les plus prisées et les plus paradisiaques du monde. Il enseigne d'abord le kite dans la baie de San Francisco, "une révélation, j'en étais désormais certain, c'était ça que je voulais faire", puis sur l'île de Paros en Grèce et à Perth en Australie où il a enchaîné deux saisons. "Là, je me suis gravement cassé la cheville, j'ai été opéré ce qui m'a obligé à rentrer en Belgique."
En convalescence, le Hutois se pose des questions. Comment voit-il son avenir ? Quel chemin emprunter ? L'idée d'ouvrir sa propre école de kitesurf commence à germer dans sa tête. Et il décide de se former : gestion, site internet, logo… "Sur papier, tout s'est construit assez vite." Encore fallait-il trouver l'endroit…
Et c'est au Portugal qu'il a jeté son dévolu et exploré les premières pistes. La côte atlantique portugaise offre de superbes spots et est considérée comme le paradis des surfeurs (et des kitesurfeurs) en Europe… Il y a dix ans, l'activité commençait seulement à percer mais n'était pas encore très développée. "Avec mon père, on s'est rendu sur place pour visiter divers spots et on est tombé sur la superbe lagune d'Obidos au nord de Lisbonne."
Sa première école dans un van
L'endroit lui a tapé dans l'œil : pas trop loin de la capitale, pas encore trop fréquenté, avec une nature préservée et un double profil entre lagune et océan. "Dans la lagune, il n'y a pas de vague, ce qui est parfait pour le débutant. Dans l'océan, on profite des grosses vagues. Et puis il n'y avait pas vraiment d'école de kitesurf dans les environs." Grâce à la rencontre de locaux et d'intermédiaires qui l'ont épaulé, lui qui ne parlait pas un mot de portugais, il a pu construire son projet. Deux mois plus tard, il revenait avec son van et tout son matériel. "J'ai tout plaqué en Belgique, je suis parti seul et j'ai démarré comme ça, sur le bord de la plage, sans bâtiment. Tout était dans mon véhicule."
Le 31 mai 2016, il donnait son premier cours de kite. Aujourd'hui, il en est à sa 11e saison. En dix ans, son école, baptisée "Kite Control", a pris de l'ampleur : des bâtiments ont été construits, il gère une équipe de moniteurs et a désigné un manager. Durant la haute saison, d'avril à octobre, son école accueille des clients du monde entier pour des cours de kite privé, semi-privé, collectif. "95 % de ma clientèle sont des touristes qui veulent découvrir ce sport. Ils viennent de partout, notamment des pays nordiques et d'Espagne."
François développe aussi des leçons de wingfoil (une variante du funboard et du kitesurf), discipline en pleine expansion, de la location de matériel, de vélos, des logements… Et le succès est au rendez-vous. "Je suis dans la plus grande lagune d'eau salée du Portugal. Elle est encore authentique, la vie y est paisible. C'est un site parfait pour des activités de sport nautique sans être trop loin de la capitale. À l'époque, j'étais le premier "étranger" à venir installer une école de kite là-bas. Aujourd'hui, il y a cinq ou six écoles et il y a une bonne entente entre nous."
"Il faut oser, prendre des risques"
En regardant dans le rétroviseur, l'ex-Hutois se rend compte des défis qu'il a relevés… "C'est vrai que mon parcours n'est pas classique. Je suis quelqu'un qui aime entreprendre et je l'ai fait dans un domaine qui était au départ une simple passion. Pour se lancer, il faut oser, prendre des risques, sans trop réfléchir."
Avec son épouse et son enfant (le deuxième va pointer le bout de son nez dans quelques semaines), sa vie est désormais au Portugal. Mais il continue à beaucoup voyager, notamment pour des compétitions de parapente, "une autre de mes passions" et comme coach sportif de kitesurf ("je suis déjà allé au Maroc, au Brésil pour du perfectionnement"). Sans oublier les séjours réguliers en Australie, en France, en Allemagne où il a de la famille et, bien entendu, en Belgique, à Huy, "où je reviens deux à trois fois par an".
Vite-dit
En parallèle dans l'immobilier
Diplômé en immobilier, François a également développé depuis 2019 une activité parallèle d'achats et de locations de maison, à destination des surfeurs ente autres. Il gère ainsi trois maisons. "Je les achète, les retape et les propose à mes clients, pour séjourner pendant leur semaine de cours."
Le kite, sensation de glisse et de liberté
Pour apprendre le kitesurf, il faut compter une semaine de cours, assure l'instructeur. Il existe différents niveaux et l'école peut délivrer des certificats. "La plupart des gens qui viennent ici ne sont pas des sportifs aguerris, ils viennent pour découvrir ce sport. Parfois, certains reviennent pour se perfectionner mais c'est plus rare."
L'apprentissage se fait en douceur, par étapes : préparer et monter son matériel (monter les lignes, gonfler son kite), piloter le kite sans la planche, maîtriser la planche dans l'eau sans le kite et enfin, coordonner les deux. Les sensations sont assez exceptionnelles, souligne François. "Il y a cette sensation de liberté et de glisse incroyable et puis le kite nous emmène toujours dans des superbes endroits, des paysages de rêve." La discipline reste abordable et accessible ? "On apprend assez vite, ça vient facilement. Il faut plus de temps pour évoluer dans le ski que dans le kite.
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