thejournalofsierraleonestudies.com

Le député Philippe Brun exclu de la primaire du PS après des accusations de “violence”, l’intéressé évoque sa “stupeur”

Le député de l'Eure a par ailleurs été "suspendu à titre conservatoire" du Parti socialiste et de son groupe parlementaire à l'Assemblée nationale. ...

Le député de l'Eure a par ailleurs été "suspendu à titre conservatoire" du Parti socialiste et de son groupe parlementaire à l'Assemblée nationale.

Article rédigé par franceinfo - Elie Abergel, Alexandre Peyrout

France Télévisions

Publié le 16/09/2026 11:07

Mis à jour le 16/09/2026 16:25

Temps de lecture : 2min

Le député socialiste de l'Eure, Philippe Brun, lors des journées d'été du PS à Blois (Loir-et-Cher), le 28 août 2026. (ALAIN JOCARD / AFP)
Le député socialiste de l'Eure, Philippe Brun, lors des journées d'été du PS à Blois (Loir-et-Cher), le 28 août 2026. (ALAIN JOCARD / AFP)

Il ne sera pas le candidat de la gauche social-démocrate pour la présidentielle 2027. Le député socialiste Philippe Brun a été "suspendu à titre conservatoire" pour violences, a appris France Télévisions, mercredi 16 septembre, auprès de cadres du PS. La militante qui l'accuse a été l'une de ses collaboratrices.

Dans un communiqué, la direction du PS a rapporté avoir été informée, mardi soir, de "faits susceptibles de relever d'une caractérisation pénale" concernant l'élu de l'Eure, ajoutant ne pas "transige[r] sur la défense des droits des femmes". "Nous nous devons de respecter et d'entendre la parole recueillie", ajoute le bureau national du PS, tout en précisant ne pas "se substitue[r] aux instances et juridictions compétentes". Les règles internes du Parti socialiste prévoient qu'un adhérent peut être suspendu à titre conservatoire "dans l'attente d'une décision de la commission disciplinaire compétente".

Présent au bureau national mardi soir, Philippe Brun a tenté de se défendre. "C'était un moment vraiment compliqué", explique une participante à France Télévisions. "Il s'est défendu, il a le droit. Mais on sentait chez lui une forme de stupeur", rapporte un autre. Selon un troisième témoin, il aurait alors qualifié la plaignante de "folle" et d'"hystérique", avant de se faire reprendre par certains participants. Lorsqu'est venu le moment du vote, seul Philippe Brun a voté contre la mesure de suspension le visant.

Les accusations à l'encontre du député de l'Eure portent sur les registres du "harcèlement" et des "violences physiques", selon les informations de France Télévisions. Des éléments de preuve, notamment une photo, auraient été produits par la militante et auraient circulé. Un troisième motif concernerait également un "emploi familial". Toujours d'après les informations de France Télévisions, cette militante aurait saisi en juillet la commission des conflits, pour un différend "relevant de la relation employeur-employé", "d'ordre prudhommal", ainsi que la commission sur les violences sexistes et sexuelles, commission indépendante, qui ne partage pas les éléments à la direction du parti lorsque l'instruction est en cours. Une manière de "protéger la parole de la victime", explique un cadre du parti à France Télévisions.

En conséquence, le nom de Philippe Brun ne figure pas parmi la liste des cinq candidats qui participeront à la primaire de l'espace social-démocrate. Olivier Faure, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel, Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal ont eux rempli les conditions pour participer à la primaire, selon la liste communiquée par la commission de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. Autre répercussion pour Philippe Brun : il est exclu à titre conservatoire du groupe Socialistes et apparentés à l'Assemblée nationale, a appris franceinfo de sources parlementaires.

"Je trouve que c'est à l'honneur du parti. Prendre en compte la parole des femmes, ce n'est pas juste un slogan dans les manifestations. Quand il y a une femme qui accuse un de nos responsables de choses aussi graves, on ne peut pas fermer les yeux."

Un stratège socialiste

à France Télévisions

L'intéressé, âgé de 34 ans, a réagi dans un communiqué en disant avoir appris avec "stupeur" sa suspension du Parti socialiste et son exclusion de la primaire, assurant ignorer "ce qui [lui] est reproché". "Une ancienne collaboratrice que j'ai licenciée pour faute grave aurait saisi hier à 23h50 la direction du parti de faits 'pouvant être qualifiés pénalement'", a-t-il affirmé. "Je ne connais pas ces faits. J'ignore ce qui m'est reproché. Je n'ai pas été entendu par les commissions du parti", a-t-il ajouté. Il avait affirmé mardi matin qu'il avait déposé sa candidature à la primaire et disposait des parrainages requis pour y participer.

Sur le même thème

Shorts