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Le coup de force de trop d’Infantino?

Et si c'était la lubie de trop ? En proposant de créer une société commerciale ouverte à des investisseurs privés, chargée de gérer les activités les plus lucratives de la Fifa, Gianni Infantino pensait sans do...

Et si c'était la lubie de trop ? En proposant de créer une société commerciale ouverte à des investisseurs privés, chargée de gérer les activités les plus lucratives de la Fifa, Gianni Infantino pensait sans doute avoir trouvé sa nouvelle machine à cash. Il a surtout mis le feu à la planète football. Et rien ne dit que l'incendie pourra être éteint de sitôt. L'Italo-Suisse a bien retiré son projet, mais ce spectaculaire rétropédalage ne suffira probablement pas à rétablir une confiance que beaucoup disent désormais avoir perdue.

C'est maintenant son maintien à la tête de la plus grande fédération sportive du monde qui est en jeu. Son projet de "libérer le potentiel commercial de la Fifa" prévoyait la création d'une société dont une partie du capital serait cédée à un groupe d'investisseurs piloté par… le frère du gendre de Donald Trump. Une initiative qui n'a pourtant jamais été soumise aux instances de gouvernance de la fédération. Ses membres l'ont découverte dans un simple communiqué de presse, tombé de nulle part. Sans débat. Sans procédure. Sans le moindre vote. Dans un climat déjà profondément dégradé par de nombreuses outrances – faut-il rappeler l'affaire Balogun ?- il n'en fallait pas davantage pour déclencher la tempête.

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L'UEFA dénonce un "projet miteux, opaque et fomenté en coulisses" et affirme avoir "perdu confiance" dans le président de la Fifa. La Concacaf, qui regroupe 41 fédérations d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes, a elle aussi torpillé le projet, réclamant samedi une "remise à plat complète" de la gouvernance d'Infantino et y voyant "le symptôme d'une gouvernance qui a cessé de placer le football au premier plan" et qui agit "en dehors de tout cadre, sans transparence, sans consultation ni procédure régulière".

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Depuis dix ans, Gianni Infantino a bâti son pouvoir sur une promesse : rompre avec les dérives de l'ère Blatter grâce à davantage de transparence et à une meilleure redistribution des richesses. C'est aujourd'hui précisément sur ces deux terrains qu'il est attaqué. Le procès est devenu politique. La question est désormais entre les mains des 211 fédérations appelées à élire le prochain président en mars 2027. Elles ne choisiront pas seulement un président. Elles décideront si la Fifa peut continuer à être gouvernée à coups de force. Ou si l'heure est venue d'en finir avec le système Infantino.

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