Armée : Martin Pfister s’excuse mais maintient le rappel des prêtres
Le Conseil fédéral reconnaît une erreur de procédure dans la suppression de l'exemption de servir pour les ecclésiastiques. Dans une lettre obtenue par la RTS, le ministre de la Défense Martin Pfister présente ses excuses aux Eglises et promet des aménagements pour les ecclésiastiques appelés sous les drapeaux.
Le Conseil fédéral reconnaît une erreur de procédure dans la suppression de l'exemption de servir pour les ecclésiastiques. Dans une lettre obtenue par la RTS, le ministre de la Défense Martin Pfister présente ses excuses aux Eglises et promet des aménagements pour les ecclésiastiques appelés sous les drapeaux.
Le conflit entre les Eglises et le Conseil fédéral est peut-être en passe de s'apaiser. Quelques semaines après les révélations de la RTS sur le rappel des prêtres et des pasteurs dans l'armée, décidé sans consultation préalable des églises, le chef du Département fédéral de la Défense, Martin Pfister, leur adresse une lettre d'excuses. Un document dont la RTS a obtenu copie.
>> La lettre (en allemand) du Département fédéral de la défense :
Le conseiller fédéral reconnaît une faute dans la manière de procéder, tout en confirmant le maintien de la réforme. "Le Groupement défense a commis une erreur en ne vous consultant pas au sujet de la révision de la loi sur l'armée. Il aurait clairement dû le faire. Nous vous demandons pardon", écrit-il.
>> Le sujet dans le 19h30 :
>> Relire : Prêtres rappelés sous les drapeaux: offusquées, les Eglises écrivent au Conseil fédéral
Neuf pasteurs déjà rappelés
Depuis le 1er juin, les ecclésiastiques ne bénéficient plus d'une exemption de servir. Cette modification de la loi sur l'armée a été introduite par le Conseil fédéral sans avertissement des Eglises, avant d'être adoptée par le Parlement sans que cette suppression ne soit relevée. Neuf pasteurs ont déjà été rappelés sous les drapeaux pour effectuer leurs jours de service restants.
Jusqu'ici, le gouvernement justifiait cette décision en estimant que la pastorale n'avait plus la même importance pour la société civile. Dans sa lettre, Martin Pfister nuance désormais cette appréciation: "Nous sommes conscients de l'importance des ecclésiastiques dans les situations de crise. Et nous apprécions leur contribution au bien-être spirituel des personnes qui en ont besoin".
Cette reconnaissance est accueillie favorablement par les évêques catholiques. Dans le 19h30, Alain de Raemy, évêque auxiliaire et administrateur du diocèse de Lugano, absout le gouvernement. "Dès que quelqu'un demande pardon, c'est la preuve qu'il a reconnu sa faute, il le mérite ce pardon!", a réagi le prélat jeudi.
Garanties attendues pour les évangéliques
Dans son courrier, Martin Pfister promet également des reports de service et des dispenses pour les ecclésiastiques qui ne pourraient pas quitter leur paroisse.
Une réponse jugée insuffisante par les Eglises évangéliques, les plus touchées car elles ont des pasteurs jeunes. "Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne solution, si chaque fois qu'un pasteur a un besoin dans son église, il doit demander une dispense. Ça n'est certainement pas le meilleur chemin. On souhaiterait que ce soit mis par écrit, que le Conseil fédéral fixe les exceptions", estime dans le 19h30 Stéphane Klopfenstein, pasteur et directeur du Réseau évangélique suisse.
Si la colère est quelque peu retombée après les excuses du Conseil fédéral, la situation garde un goût amer pour les Eglises. Elles regrettent d'avoir été oubliées par les autorités politiques, dans un pays qui continue pourtant d'invoquer Dieu dans le préambule de sa Constitution.
Jean-Marc Heuberger