Le complexe sportif inquiète le bourgmestre rochois: “La Commune est-elle capable de supporter le coût des travaux ?”
Le complexe sportif de l'Athénée était à l'ordre du jour du dernier conseil rochois. Le dossier concernant sa rénovation pose problème au bourgmestre Jean-Pierre Dardenne à trois niveaux, comme il nous l'a expl...
Le complexe sportif de l'Athénée était à l'ordre du jour du dernier conseil rochois. Le dossier concernant sa rénovation pose problème au bourgmestre Jean-Pierre Dardenne à trois niveaux, comme il nous l'a expliqué au lendemain de la séance.
"Le premier concerne la convention que l'ancienne majorité a négociée et que la SPABS (société publique d'administration des bâtiments scolaires) a refusé d'amender, si ce n'est que la durée du droit de superficie a été portée de 20 à 30 ans, débute-t-il. Cette convention précise que l'intégralité de l'investissement, soit 3 500 000 €, et la totalité des frais d'entretien, sont à charge de la Commune. L'Athénée va donc bénéficier d'un hall rénové sans que, pendant 30 ans, cela ne lui coûte le moindre euro."
"Si j'avais été seul à décider…"
Le deuxième point qui chiffonne le bourgmestre, c'est le coût de ce dossier, à savoir 3 millions d'€ hors subsides. Il se demande si la Commune est capable de le supporter compte tenu de son endettement et des prévisions budgétaires. "L'endettement cumulé de la Commune (9 500 000 €) et de la RCA (6 500 000 €) s'élève à 16 000 000 €. Il est le résultat d'engagements pris par l'ancienne majorité, exception faite d'un montant de 500 000 € emprunté pour l'acquisition des cinq immeubles situés rue de l'Église, est préoccupant lorsque l'on sait que nos recettes annuelles ne sont que de 11 250 000 €." Il souligne néanmoins que la RCA avait emprunté plus que nécessaire pour couvrir le coût des travaux et qu'elle disposait alors d'un bas de laine supérieur à 2 millions. "Ce montant pourra être consacré au financement des travaux à réaliser au complexe de l'Athénée, avec pour conséquence que le montant à emprunter se limiterait à 1 000 000 €. Mais, même pour ce montant réduit, la question se pose de savoir si les banques vont suivre", ajoute-t-il.
Enfin, sa troisième crainte concerne les frais de fonctionnement puisqu'en 2025, le complexe sportif a coûté 825 000 € à la Commune. "Face à cet ensemble d'inquiétudes, n'aurait-il pas été préférable de renoncer à cet investissement ?, se demande-t-il. Si j'avais été seul à décider, j'aurais renoncé à ce projet, dont je ne doute pas de l'utilité tant sur le plan sportif que sur le plan récréatif, mais dont je crains qu'il nous emmène vers de sérieuses difficultés financières.Mais je ne suis pas seul et les plus jeunes au sein de la majorité estiment, quant à eux, que l'utilité de cet investissement vaut bien une part de risque. J'accepte donc ce projet."
Il insiste cependant sur trois éléments, à savoir que le volume d'emprunt a atteint un plafond, que chacun doit être conscient que les investissements futurs seront limités et que la couverture des frais d'investissement et de fonctionnement doit incomber aux utilisateurs de manière significative. "Quel que soit le niveau de pouvoir, la dépense ne doit être engagée que si elle est absolument nécessaire."
"La vieille et la jeune garde" selon Guy Gilloteaux
Contacté, le conseiller Guy Gilloteaux est revenu sur la distension au sein de la majorité. "Il y a d'un côté la vieille garde qui veut faire attention à l'argent public et de l'autre, la jeune garde qui veut investir et parier sur l'avenir, explique-t-il. Et c'est cette dernière qui a eu raison. Nous l'avons rejointe parce qu'il me semble que l'investissement au niveau de l'aménagement du hall sportif de l'Athénée est nécessaire, ainsi que les accompagnements qui se font du côté du terrain de football. Financièrement, l'échevine Manon Dubois a insisté sur le fait qu'à terme, l'endettement ne serait pas plus important que dans d'autres Communes, le niveau est d'ailleurs bas par rapport à ce qui est demandé par la Région wallonne. L'endettement ne serait donc pas un souci."
Guy Gilloteaux a insisté sur le fait qu'après les élections de 2024, sa majorité a laissé en provisions, réserves et en boni global plus de 5 millions d'euros. "Jean-Pierre Dardenne insiste toujours sur l'endettement mais parle très peu de ce que nous avons laissé. En outre, nous avons reçu une autre information selon laquelle deux millions d'euros n'ont pas été utilisés pour les travaux de la piscine. Aussi, une partie du subside de la Région wallonne n'a pas entièrement été utilisé. Cela nous met dans une situation plutôt agréable." Guy Gilloteaux explique alors que s'il y avait des choix à opérer, la minorité regarderait du côté de l'acquisition des immeubles du côté de l'église.
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