Le Canada inaugure seul le pont Gordie-Howe à la frontière avec les…
Une cérémonie uniquement canadienne a lieu vendredi matin pour marquer l’inauguration du pont international Gordie-Howe, alors que le gouvernement libéral fait face à de nouvelles questions concernant l’accord ...
Une cérémonie uniquement canadienne a lieu vendredi matin pour marquer l’inauguration du pont international Gordie-Howe, alors que le gouvernement libéral fait face à de nouvelles questions concernant l’accord de partage des recettes avec les États-Unis
Une célébration conjointe avec les États-Unis sur le pont reliant l’Ontario et le Michigan a été annulée en début de semaine. Le président Donald Trump a écrit vendredi sur les réseaux sociaux que le Canada avait « désinvité » les États-Unis, ce qui, selon lui, « n’est pas grave, étant donné qu’ils paient des droits de douane substantiels aux États-Unis ».
« L’accord initial sur le pont, qui avait été très mal négocié par une administration précédente, n’est plus valable, a-t-il déclaré. Nous avons modifié les termes de l’accord afin que les États-Unis d’Amérique perçoivent désormais 50 % des bénéfices ».
Le gouvernement fédéral a annoncé mardi qu’au vu des dernières menaces tarifaires du président américain, Donald Trump, le Canada ne célébrerait pas l’inauguration du pont dans le cadre d’un événement commun.
Lundi, M. Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 50 % sur toute une série de produits canadiens dans un délai de 30 jours.
Les responsables américains ont expliqué que ces nouveaux droits constituaient une réponse aux interdictions provinciales visant l’alcool américain, au système canadien de gestion de l’offre dans le secteur laitier et aux quotas imposés aux voitures américaines.
M. Carney a indiqué mardi matin s’être entretenu avec M. Trump et affirmait qu’ils avaient convenu d’intensifier les négociations commerciales.
Plusieurs personnalités politiques doivent assister à la cérémonie canadienne, notamment le ministre fédéral du Logement, Gregor Robertson, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, et le maire de Windsor, Drew Dilkens.
Lors d’une conférence de presse qui a suivi la cérémonie, M. Robertson a déclaré que l’accord de 2012 et le nouvel accord de principe restaient inchangés du point de vue du Canada.
« Il y a eu beaucoup d’émotion, beaucoup de va-et-vient ces dernières semaines, mais ces accords sont en place et ils sont publics, accessibles. Ils énoncent les modalités et les conditions, a soutenu M. Robertson. Nous avons hâte que le pont soit ouvert lundi. »
L’accord valable pour 15 ans portant sur l’ouverture du pont est distinct de l’accord signé par Ottawa en 2012, aux termes duquel le Canada prenait en charge le coût de la construction.
Le gouvernement Harper avait signé en 2012 un accord engageant Ottawa à prendre en charge l’intégralité des 6,4 milliards $ que coûterait la construction du pont, tout en partageant la propriété avec le Michigan. Selon ce plan, les deux parties ne se partageraient les recettes des péages qu’une fois la dette de construction du Canada, intérêts compris, remboursée.
Carney critiqué
Le premier ministre Mark Carney a essuyé de vives critiques à la suite de ses déclarations concernant l’accord sur le pont international Gordie-Howe.
L’accord de principe proposé pour l’ouverture du pont prévoit que le Canada partagera la moitié des recettes nettes des péages avec les États-Unis pendant les 15 premières années. Il stipule également que les versements du Canada seront effectués à un Fonds de développement économique Canada-États-Unis contrôlé par le gouvernement américain.
M. Carney avait assuré à plusieurs reprises que les recettes des péages ne seraient pas partagées avec les États-Unis avant que la dette contractée par le Canada pour la construction du pont ne soit remboursée.
S’adressant aux journalistes jeudi à Charlottetown, le premier ministre a précisé qu’il faisait référence à l’accord initial conclu avec l’État du Michigan, lequel, selon lui, reste en vigueur et prévoit un partage des recettes de péage avec cet État une fois que le Canada aura remboursé sa dette, soit dans environ 50 ans.
M. Carney a reconnu qu’il n’avait pas été aussi clair qu’il aurait pu l’être lorsqu’il a expliqué la nature de l’accord ces dernières semaines.
« Aurais-je pu mieux l’expliquer un dimanche matin au Stampede ? Oui. Avec un chapeau de cow-boy sur la tête ? Oui, j’aurais pu mieux l’expliquer ».
M. Robertson a souligné vendredi que l’accord de principe stipule que s’il y a des recettes nettes au cours des 15 premières années, celles-ci seront partagées. Il a précisé qu’elles seront investies du côté américain dans le développement économique local afin de stimuler le trafic et de générer des recettes de péage pour le pont.
« À ce stade, nous ne prévoyons pas de recettes nettes importantes au cours des premières années d’exploitation de ce pont, a-t-il indiqué. Nous prévoyons d’être remboursés dans plus de 50 ans. Il s’agit d’un retour sur investissement à long terme. Le Canada sera remboursé pour ce pont, cela fait partie de l’accord. »
Les conservateurs ont accusé le premier ministre d’avoir cédé aux États-Unis pour obtenir l’ouverture du pont et d’avoir mené les Canadiens en erreur au sujet du projet de partage des recettes de péage.
Développement régional
M. Robertson a déclaré que l’événement de vendredi visait à célébrer les nouvelles occasions pour les travailleurs, les entreprises et les communautés des deux côtés de la frontière.
« Le projet a déjà permis de créer environ 2500 emplois bien rémunérés, a-t-il indiqué. Les occasions économiques qu’il ouvre attireront de nombreux nouveaux investissements à Windsor et à Detroit, mais aussi bien au-delà. Il devrait apporter 1,3 milliard $ à l’économie de Windsor. »
Le nouveau pont reliant l’Ontario et le Michigan porte le nom du légendaire joueur de hockey canadien Gordie Howe, qui a mené les Red Wings de Detroit à quatre victoires en Coupe Stanley.
Juste avant la cérémonie, des dizaines d’enfants et d’invités ont joué au hockey de rue à proximité avec M. Robertson.
Dans son allocution, M. Robertson a affirmé que l’héritage de Gordie Howe avait ainsi été honoré et a remercié la famille de ce dernier d’avoir assisté à l’événement.
« Gordie a passé sa carrière à rapprocher les Canadiens et les Américains grâce au sport, et si son nom est devenu synonyme de Detroit, il reste l’un des sportifs les plus célèbres du Canada », a remarqué M. Robertson.
Murray Howe, un des fils de Gordie Howe, a pris la parole aux côtés d’une trentaine de membres de sa famille lors de la cérémonie.
« Ce pont sera un symbole indéniable du lien inestimable et de la véritable amitié qui unissent les peuples du Canada et des États-Unis, a-t-il déclaré. Nous, la famille, sommes extrêmement reconnaissants que notre père ait pu bénéficier d’une telle preuve d’amour, de respect et de gratitude au crépuscule de sa vie. Nous sommes profondément touchés par l’immensité de ce pont et, plus encore, par l’immensité de cet honneur. »