“Le Belvédère du Rayon Vert n’est pas en perdition !” : face à la fermeture administrative, le propriétaire de l’hôtel mythique du littoral catalan veut agir vite
Contraint de fermer ce vendredi 31 juillet 2026 pour cause de non-conformités en matière de protection contre les incendies, le propriétaire de l’emblématique hôtel en forme de paquebot de la station balnéaire de Cerbère, dans les Pyrénées-Orientales, espère pouvoir rouvrir avant la fin de la saison. Il raconte sa version des faits, se dit prêt à réaliser les travaux réclamés et réfléchit à une action en justice.
Contraint de fermer ce vendredi 31 juillet 2026 pour cause de non-conformités en matière de protection contre les incendies, le propriétaire de l’emblématique hôtel en forme de paquebot de la station balnéaire de Cerbère, dans les Pyrénées-Orientales, espère pouvoir rouvrir avant la fin de la saison. Il raconte sa version des faits, se dit prêt à réaliser les travaux réclamés et réfléchit à une action en justice.
Portes closes ce lundi matin à l’hôtel du Belvédère du Rayon Vert de Cerbère. Sous le coup d’une fermeture administrative pour cause de non-conformités en matière de protection contre les incendies, l’établissement ne peut plus recevoir de public. Inauguré en 1932 et inscrit aux monuments historiques en 1987, le bâtiment en forme de paquebot typique du style Art déco fait désormais figure de vaisseau fantôme. En cette première semaine d’août, ses locaux, qui ont jadis accueilli Orson Welles, Maurice Chevalier, Bourvil, Fernandel ou encore Mistinguett, sont quasiment vides. Alors que la réceptionniste est en train d’annuler les réservations pour la semaine, le propriétaire du Belvédère, Jean-Charles Sin, fait le point sur la situation.
Depuis qu’il a pris la suite, il y a une quarantaine d’années, de son arrière-grand-père, Jean-Baptiste Deléon, fondateur de l’hôtel, Jean-Charles Sin a beaucoup investi pour rénover et entretenir la bâtisse. "Ça se chiffre en millions", confie-t-il. Aujourd’hui, l’entrepreneur ressent la décision du maire, qui a ordonné la fermeture administrative sur injonction du préfet, comme une "injustice".
Nous faire fermer au mois d’août, ça me semble un peu exagéré
"Cette fermeture intervient à une période où nous avons besoin de rentrées d’argent", soupire-t-il. "Nous étions archi-complets au mois d’août. Nous sommes d’accord pour effectuer les travaux en lien avec la protection contre les incendies qu’on nous demande. J’ai fait faire en début d’année un devis qui évalue le chantier à 37 000 euros. Mais il fallait que ce soit accepté notamment par la mairie et les bâtiments de France, puisque nous sommes dans un monument classé. Le temps que la demande soit examinée, le devis était caduc… Je reconnais que j’ai un peu traîné, mais nous faire fermer au mois d’août, ça me semble un peu exagéré. L’établissement n’est pas en perdition !"
Ému par les propositions d’aide reçues depuis vendredi, Jean-Charles Sin ne compte pas baisser les bras. Il entend trouver rapidement une solution au problème, de manière à pouvoir rouvrir avant la fin de la saison : "J’ai du personnel. Je ne peux pas les mettre à la porte. Je suis prêt à effectuer les travaux, qui peuvent être terminés en quelques jours." En contact avec un avocat, le propriétaire envisage également d’entamer une action en justice pour faire annuler la fermeture.
Une demande d’autorisation de travaux jugée "non conforme"
Le maire de Cerbère, Christian Grau, assure pour sa part dans un communiqué publié ce vendredi que "dès juillet 2024, la municipalité a engagé une démarche d’accompagnement auprès du propriétaire afin de lui permettre de régulariser la situation". Concernant le dossier de demande d’autorisation de travaux qu’a déposé Jean-Charles Sin, l’édile explique qu’il est "toujours incomplet à ce jour" et "qu’il ne répond pas aux prescriptions du service départemental d’incendie et de secours (Sdis)". Le communiqué précise également qu’à la suite d’un avis défavorable à la poursuite d’exploitation émis par le Sdis et la sous-préfecture, le propriétaire avait été mis en demeure le 20 mai dernier de se conformer aux prescriptions dans un délai de deux mois. "La commune souhaite vraiment que cet établissement puisse reprendre son activité dans les meilleurs délais, dès lors que les travaux nécessaires auront été réalisés, qu’un dossier conforme aura été déposé et que les prescriptions de sécurité auront été levées par les autorités compétentes", conclut le premier magistrat.