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Laurent Milchior, patron des magasins Etam : “On a des équipes dans le magasin de République qui sont restées bloquées de 10h à 22h, ces 3 femmes ont eu la peur de leur vie”

Mis à jour le 20/10/26 à 14:01Par Gary AssoulineLe 17 octobre 2026, trois vendeuses d’Etam restent piégées des heures près de République, sous les violences urbaines. Le patron d’Etam appelle alors à des moyens...

Mis à jour le 20/10/26 à 14:01Par Gary Assouline

Le 17 octobre 2026, trois vendeuses d’Etam restent piégées des heures près de République, sous les violences urbaines. Le patron d’Etam appelle alors à des moyens inédits.

Trois vendeuses d’Etam enfermées derrière une porte d’appartement, casiers tirés pour la bloquer : c’est la scène racontée par Laurent Milchior, co-gérant du groupe, après les heurts près de la place de la République à Paris. Invité de Good Morning Business, le patron d’Etam décrit une journée « noire » et va jusqu’à demander que l’armée soit mobilisée pour le maintien de l’ordre.

Le dirigeant résume la scène ainsi : « On a des équipes dans ce magasin de République qui sont restées bloquées de 10h à 22h dans un appartement où elles ont pris leur casier pour bloquer la porte car les types rentraient dans l’immeuble, tapaient contre la porte pour rentrer. » Il affirme que « ces 3 femmes ont eu la peur de leur vie ». Et il avertit : « Pour l’instant, ça s’est passé correctement car il n’y a pas eu de blessés graves, de dommage, jusqu’au jour où ça va déraper. »

ETAM © Shutterstock

Pillages en chaîne : une journée noire pour Etam et le commerce

Ce samedi-là, le bilan est lourd pour Etam : quatre magasins pillés, 120 fermés avant 13 heures par précaution et plus de 500 autres qui baissent le rideau au cours de la journée. Le groupe chiffre les dégâts matériels à environ 500 000 euros. Laurent Milchior prévient que si ces scènes se répétaient « tous les week-ends comme pendant les Gilets jaunes », la facture pourrait atteindre 15 millions d’euros.

Au-delà d’Etam, le commerce de centre-ville encaisse le choc. L’Alliance du commerce évoque plusieurs centaines de millions d’euros de dégâts pour des enseignes, entre vitrines cassées et jours de fermeture. L’Institut Français de la Mode indique que les ventes d’habillement ont chuté d’environ 15 % en septembre 2026 par rapport à 2025, à l’approche des fêtes.

« Elles ont eu la peur de leur vie » : pourquoi le patron d’Etam appelle à l’armée

Pour Laurent Milchior, cette scène dépasse le simple incident. Elle symbolise des équipes contraintes de se confiner, la sécurité des salariées passant avant les marchandises et justifiant des fermetures de boutiques.

Le patron d’Etam estime que les forces de l’ordre étaient en sous-nombre et juge « anormal que la police se laisse caillasser, se laisse taper dessus car on lui demande de ne pas réagir ». Il dit en appeler au président de la République et au Premier ministre pour que l’armée puisse être mobilisée si les violences se prolongent. En droit français, les forces armées ne peuvent toutefois intervenir en maintien de l’ordre qu’à la demande de l’autorité civile, par réquisition, ce qui en fait un recours exceptionnel.

Combien ça coûte : chiffre d’affaires, assurance et salariés en première ligne

Sur le plan financier, Laurent Milchior parle d’un million d’euros perdus sur la journée, soit 10 % de la semaine. Il résume : « l’assurance charge d’exploitation ne fonctionne pas donc les 10% du chiffre d’affaires de la semaine ou les 35% qu’on a perdus sur le samedi, c’est pour nous. »

Le dirigeant pense aussi aux indépendants : « Des gens ont tout perdu », dit-il à propos de franchisés privés de magasin et d’informatique. Pour Etam, il assure ne pas demander de chômage partiel, préfère « repositionner les quelques personnes le temps de réparer » et compte sur le stock de l’entrepôt pour réassortir et rouvrir les magasins touchés.

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