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Labrador : la compensation exigée par le PQ est « exagérée »

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador dénonce le livre bleu sur l’indépendance du Parti québécois, qui promet de demander au Canada une compensation financière pour l’« injustice » que représenterait l...

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador dénonce le livre bleu sur l’indépendance du Parti québécois, qui promet de demander au Canada une compensation financière pour l’« injustice » que représenterait la frontière du Labrador.

Le dossier est clos depuis longtemps, affirme le premier ministre, Tony Wakeham, en marge d’une conférence du secteur de la défense à Saint-Jean, mardi.

C’est complètement exagéré, renchérit le député fédéral du Labrador, Philip Earle.

Je pense que c'est le Parti québécois qui cherche à satisfaire ce qui reste de sa base militante. [...] Le Labrador a sa place au sein de notre pays et au sein de la province de Terre-Neuve-et-Labrador.

Dans un jugement controversé rendu il y a presque un siècle, en 1927, le Comité judiciaire du Conseil privé, à Londres, a tracé la frontière entre le Québec et ce qui était alors le Dominion de Terre-Neuve. Décision qui n’a jamais été reconnue par le gouvernement québécois, même si le dossier est plutôt inactif depuis des décennies.

Deux cartes du Labrador.

À gauche, une carte montrant la frontière entre Terre-Neuve-et-Labrador et le Québec, selon le gouvernement québécois. À droite, la carte du Labrador, selon Élections Canada, qui respecte le territoire que le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador considère comme étant le sien.

Photo : Gouvernement du Québec / Élections Canada

Dans son livre bleu (nouvelle fenêtre), présenté le mois dernier, le Parti québécois écrit que la seule façon de réparer cette injustice serait de proposer un règlement politique, voire une compensation financière.

Ainsi, un Québec indépendant soumettrait une demande de réparation de cette injustice dans le cadre de la négociation globale avec le Canada, peut-on lire dans le document de 524 pages.

Il s’agit d’une plateforme électorale, à mes yeux, et nous avons vu dans notre propre province que les choses qui se trouvent dans des livres bleus ne se concrétisent pas toujours, affirme le député Earle, un libéral.

Philip Earle.

Philip Earle, le député fédéral libéral pour le Labrador, en marge du congrès MASS du secteur de la défense des provinces de l'Atlantique, à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, le 14 juillet 2026.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Le mois dernier, le gouvernement progressiste-conservateur de Tony Wakeham a relancé les pourparlers avec le Québec concernant l’avenir de la centrale de Churchill Falls et la construction de nouvelles installations hydroélectriques sur le fleuve Churchill.

Si le barrage de Gull Island est construit au terme des négociations, ses lignes de transport traverseront fort probablement le territoire contesté par le Parti québécois.

C’est de la spéculation, pour le moment, affirme Tony Wakeham, questionné mardi sur les effets de l’arrivée possible au pouvoir d’un gouvernement péquiste sur les discussions en cours avec le Québec.

Rencontre bilatérale avec Fréchette

Il confirme d’ailleurs qu’une discussion bilatérale avec son homologue québécoise, Christine Fréchette, est prévue en marge de la rencontre du Conseil de la fédération à l’Île-du-Prince-Édouard, la semaine prochaine.

Il indique qu’il n’a pas demandé à son équipe de négociation d’obtenir une entente concernant Churchill Falls d’ici les prochaines élections provinciales au Québec, prévues le 5 octobre prochain.

Québec et Saint-Jean avaient annoncé une entente de principe concernant Churchill Falls et Gull Island en décembre 2024, mais le gouvernement Wakeham, porté au pouvoir en octobre dernier, cherche à bonifier l’accord et à prendre le temps qu’il faut pour en arriver au meilleur partenariat possible.