La visite d’Emmanuel Macron à Mende ? Un “signe de reconnaissance” pour l’université et de l’indifférence dans la rue qui n’a “rien de particulier à lui dire”
Ce mardi 1er septembre à Mende, le chef de l’État consacrera sa visite à l’éducation, du lycée Chaptal à la formation des futurs enseignants, avec lesquels il doit échanger.
Ce mardi 1er septembre à Mende, le chef de l’État consacrera sa visite à l’éducation, du lycée Chaptal à la formation des futurs enseignants, avec lesquels il doit échanger.
Au cas où vous auriez manqué l’information, le président de la République, Emmanuel Macron, sera présent à Mende ce mardi 1er septembre 2026, jour de la rentrée scolaire. Pour rappel, il devrait arriver au lycée Chaptal dès 11 h 30, dans lequel il rendra visite à une classe de seconde et leur présentera le dispositif "sans portable". Pour le déjeuner, le Président s’invitera au réfectoire de l’établissement, avant de se rendre, à 14 h 15, sur le site de Mende de la faculté d’éducation de Montpellier.
Là-bas, il devrait échanger avec des fonctionnaires stagiaires (des étudiants en master) et des étudiants de licence professorat des écoles, notamment au sujet de la réforme de la formation des métiers de l’enseignement.
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"C’est une excellente nouvelle pour le site de Mende, qui est un site éloigné des métropoles universitaires et dans lequel pourtant il y a une présence universitaire importante", souligne Agnès Perrin Doucey, doyenne de la faculté d’éducation de l’université de Montpellier.
Je vois sa venue comme un signe de reconnaissance.
Si elle est bien consciente que cette visite ne résoudra pas "toutes les difficultés", la doyenne préfère se montrer optimiste. "Je vois sa venue comme un signe de reconnaissance. Le Président a conscience que les petits sites ruraux existent, et c’est important de voir ce signal. C’est essentiel que le plus haut niveau de l’État vienne rencontrer le terrain."
Un moment important donc, qu’Agnès Perrin Doucey a tenu à préparer avec soin. "J’ai été amenée à préparer, avec un conseiller de l’Élysée, le contenu et les modalités de l’échange en question, auquel une quinzaine d’étudiants pourront prendre part, précise-t-elle. Certains étudiants de licence 1 ont été convoqués alors même qu’ils n’avaient pas encore fait leur rentrée ! C’est plutôt impressionnant pour leurs débuts dans la vie universitaire."
"Il faut donner envie aux jeunes de rester !"
À l’université de Montpellier, la réforme est vue d’un bon œil. Précurseur en matière de pluridisciplinarité (le site de Mende possédait déjà une licence pluridisciplinaire assez unique en France), l’établissement mendois "avait demandé la réforme depuis longtemps, confie la doyenne. Jusqu’à maintenant, il n’existait pas, ou très peu, de formation pluridisciplinaire. C’est là que le bât blessait."
Agnès Perrin Doucey compte aussi sur la réforme pour pallier la crise d’attractivité du métier. Même s’il ne suffit pas de rendre le métier attractif. "Il faut donner envie aux jeunes de rester !" Des jeunes en lesquels la doyenne place une pleine confiance : "J’imagine qu’ils expliqueront au Président pourquoi ils s’engagent dans cette voie, et quelles inquiétudes ils ont", conclut-elle.
Lou Del Terchio, originaire de Marvejols, fait partie des privilégiés qui rencontreront Emmanuel Macron à la faculté d’éducation. "C’est une chance de pouvoir le rencontrer le président directement chez nous, en Lozère", estime la jeune femme de 20 ans. Si aucune question ni aucune critique concernant sa formation ne lui viennent pour l’instant à l’esprit, elle espère qu’elles "viendront sur le moment". Elle qui n’imaginait pas un jour rencontrer un président de la République "compte bien en profiter".
Les habitants insensibles à la venue du Président
D’autres, en revanche, se montrent plus réservés à l’égard de cette visite présidentielle. La rédaction de Midi Libre a interrogé les quelques passants présents dans les rues de Mende ce lundi 31 août 2026.
Un commerçant du centre-ville espère pouvoir rencontrer le Président pour lui faire part des difficultés rencontrées par les commerces à Mende. Il regrette notamment le manque d’animations en centre-ville, qui, selon lui, nuit à sa fréquentation et à son attractivité.
Au détour d’un bureau de tabac, Roxane, 57 ans, assure quant à elle ne porter aucun intérêt à cette venue : "Je n’ai rien de particulier à lui dire. De toute façon, il a tellement de mépris que ça ne servirait à rien." Michel, lui, préfère carrément ne pas en parler, de peur de se mettre en colère. D’autres estiment simplement que le Président ferait mieux de rester à Paris et d’éviter de "dépenser de l’argent inutilement".
À Mende, la venue du Président semble finalement susciter bien peu d’enthousiasme chez les citoyens. Une indifférence qui tranche avec l’importance politique de la visite.