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La vidéo du jour. Quatre ans après la mort de Mahsa Amini, où en est-on en Iran ?

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De nombreuses femmes ne portent plus le voile dans les grandes villes en Iran, malgré des lois encore plus répressives. Alors où en est-on aujourd’hui dans le pays ?

La rédaction -

Aujourd’hui à 14:13 | mis à jour aujourd’hui à 14:19

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« Les femmes iraniennes, grâce au mouvement Femme, Vie, Liberté, ont gagné une bataille mais pas la guerre », résume Azadeh Kian, professeure de sociologie à l’université Paris Cité, interrogée sur France Inter. Un soulèvement inédit provoqué par la mort de Mahsa Amini, il y a quatre ans. En 2022, la jeune femme de 22 ans décède pendant sa garde à vue, trois jours après avoir été interpellée pour un voile mal ajusté. Entre septembre et décembre 2022, des centaines de milliers d’Iraniens descendent dans la rue pour protester contre cette mort atroce, survenue après son arrestation pour le « port de vêtements inappropriés ».

Quatre ans plus tard, la police des mœurs n’est plus présente dans les rues des grandes villes iraniennes, où de nombreuses femmes ne portent plus le voile islamique, pourtant toujours obligatoire selon la loi. Pourtant, paradoxalement, une loi encore plus répressive qui oblige les femmes à se voiler, a été approuvée dans le pays en décembre 2024. Pour la chercheuse Azadeh Kian, « le pouvoir est contraint, notamment du fait de la guerre, de les laisser tranquilles », indique-t-elle, évoquant d’abord un calcul stratégique du régime plutôt qu’une avancée idéologique. En effet, le pays est toujours confronté à l’offensive conjointe d’Israël et des États-Unis.

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Une liberté fragile

Selon des sondages du ministère de l’Intérieur cités par Azadeh Kian, plus de 80 % des personnes interrogées en Iran soutiennent la liberté des femmes de porter ou non le voile. Mais cette liberté conquise dans l’espace public reste fragile, et la sociologue redoute « un retour de bâton » une fois le conflit terminé. Et pour cause, la répression sanglante du régime continue : les manifestations se poursuivent dans le pays après les massacres commis par la République islamique lors du dernier grand soulèvement populaire en janvier dernier.

Dans le Kurdistan iranien, berceau de la jeune femme, l’Alliance des partis kurdes d’Iran a néanmoins appelé à une grève nationale ce mercredi. Face à cet appel, les autorités ont déjà renforcé leur dispositif sécuritaire : l’ONG Hengaw fait état de dizaines d’arrestations préventives dans la région, redoutant une nouvelle vague de répression.

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