La “trumpisation” de la vie politique n’est pas une fatalité
La victoire de Lula n'est pas qu'un succès pour le Parti des travailleurs du Brésil. C'est un tremblement de terre dans tout le sous-continent sud-américain marqué, depuis le retour à la Maison-Blanche de Donal...
La victoire de Lula n'est pas qu'un succès pour le Parti des travailleurs du Brésil. C'est un tremblement de terre dans tout le sous-continent sud-américain marqué, depuis le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump, par une droitisation extrême de son échiquier politique.
La doctrine "Donroe" (révision de la doctrine Monroe par l'administration de Donald Trump) qui veut regarder l'ensemble des États de cette région comme un marchepied pour les intérêts de Washington en échange de certains égards, de certaines garanties de la part de la toute-puissance étasunienne, a déjà largement reconfiguré le paysage politique avec l'arrivée au pouvoir de sept chefs d'État tous alignés sur les priorités de l'administration Trump.
Au Brésil, la victoire spectaculaire de Lula : "La lutte ne fait que commencer"Des personnalités au profil parfois étonnant comme Keiko Fujimori au Pérou, fille d'un ancien dictateur condamné pour crimes contre l'humanité, comme Juan Antonio Kast, fils d'un ancien soldat de la Wehrmacht, membre du parti national-socialiste émigré après la Seconde Guerre mondiale au Chili ou comme Abelardo de la Espriella, avocat multimillionnaire qui a bâti sa réputation en défendant des groupes paramilitaires, des narcotrafiquants ou des politiciens accusés de corruption en Colombie.
Au Brésil, Lula, condamné à 12 ans de prison, notamment pour blanchiment, avant que ces condamnations ne soient annulées pour incompétence du tribunal, a fait de son opposition à la machine Trump un de ses arguments de campagne. Ses proches ont aussi martelé le risque que courait la démocratie brésilienne avec le retour d'un Bolsonaro soutenu par Donald Trump. Ils ont surtout rappelé l'attaque menée contre les institutions du Brésil au lendemain de l'annonce de la défaite de Jair Bolsonaro. Rappelé que l'ex-président avait été condamné à 27 ans de prison pour sa responsabilité dans cette attaque frontale contre la démocratie, rappelé que Donald Trump, avec les mêmes charges potentielles, était devenu président des États-Unis et pouvait menacer aujourd'hui leur pays.
Lula décroche un quatrième mandat au Brésil, Bolsonaro veut l'annulation du scrutinLa mobilisation populaire au Brésil a démontré que la "trumpisation" n'est pas une fatalité, que la dynamique politique extrémiste, présentée comme irrésistible, peut réellement être enrayée.
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