La suppression des conseils de police révolte un conseiller d’Ath : “Peut-être sommes-nous encore bons pour les nids de frelons…”
Stéphane Delfosse, à Ath, regrette vivement la suppression des conseils de police. "La décision prise par le ministre de l'Intérieur est vraiment empreinte de dédain et d'irrespect…"
Stéphane Delfosse (Liste Athoise) a interrogé le bourgmestre Florent Van Grootenbrulle (PS), lors du récent conseil communal d'Ath, sur les mécanismes prévus afin de "répondre" à la suppression des conseils de police. "Comment les citoyens et leurs représentants vont-ils maintenant être mis au courant de l'évolution du fonctionnement et de l'avenir de notre zone de police ?" interroge l'ancien gendarme. "Est-ce que la solution de substitution ne serait pas une commission de sécurité où on pourrait éventuellement développer ces différentes informations et ces différentes évolutions qui sont sans doute à venir pour notre police ?"
Informer via la commission
Le bourgmestre a partagé un texte de sa composition. "Ce n'est pas un secret : j'ai déjà eu l'occasion d'exprimer devant le conseil mon attachement à la police de proximité et à l'ancienne organisation qui permettait, à mes yeux un échange plus direct et plus démocratique entre les autorités policières et, nous, les conseillers communaux. Le chef de corps apprécie également ces moments de dialogue avec les membres du conseil, mais la chaise restera vide, et ce n'est pas une décision qui est la nôtre. Cela étant, nous devons aujourd'hui appliquer le nouveau cadre légal."
"Les conseillers communaux conservent plusieurs moyens d'information et de contrôle" indique Florent Van Grootenbrulle. "Ils peuvent notamment adresser des questions écrites ou orales au collège de police par l'intermédiaire du bourgmestre. Ils disposent également d'un droit d'accès aux actes et documents relatifs à l'administration et au fonctionnement de la zone, dans le respect des règles de protection des données. Les procès-verbaux approuvés du collège de police leur sont transmis conformément aux dispositions légales. Nous travaillons actuellement à la mise en œuvre concrète de ces nouvelles dispositions afin de garantir une information complète et transparente vis-à-vis des conseillers, ce qui nécessite certains ajustements organisationnels."
"Concernant la commission sécurité, celle-ci constitue effectivement un cadre adéquat pour permettre des échanges approfondis, sur les enjeux de sécurité et de cadre de vie, qui concernent notre territoire, sans pour autant se substituer aux compétences exécutives du collège de police, ni aux prérogatives de gestion journalière de M. le chef de corps. Une réunion s'est d'ailleurs tenue en juin dernier, afin d'aborder l'approche globale développée par la Ville et ses partenaires pour le masterplan cadre de vie. Je regrette que certains débats qui pouvaient auparavant se tenir publiquement au conseil communal ne puissent plus y être organisés dans les mêmes conditions. Cette évolution limite de facto la publicité de certaines discussions auxquelles les citoyens pouvaient assister, même si le législateur a prévu d'autres mécanismes d'information et de transparence."

"On méprise les conseillers communaux…"
"La décision qui a été prise par le fédéral et plus particulièrement par le ministre de l'Intérieur est vraiment empreinte de dédain et d'irrespect vis-à-vis de vous toutes et tous" réagit Stéphane Delfosse. "Vous avez dû, en 2024, essayer de convaincre certains citoyens de la ville d'Ath de voter pour vous sur des sujets divers et notamment la sécurité. Et aujourd'hui, un ministre, décide que vous êtes devenus inutiles en la matière. Je trouve que c'est assez cocasse. Je ne sais pas si c'est l'adjectif le plus approprié, mais c'est assez cocasse que, tous partis confondus, les membres d'un exécutif, donc les ministres n'ont pas besoin d'être élus pour être ministres. Ils sont désignés par le fait du prince. Mais nous pas. Nous avons été choisis, quel que soit le nombre de voix que nous ayons récoltées. Et nous nier cette utilité, c'est vraiment dédaigneux."
"Dérive"
M. Delfosse dit encore constater une "dérive" de plus en plus marquée. "On essaie de faire en sorte que le pouvoir soit limité au plus petit nombre de personnes possible. Pour moi, c'est un danger pour la démocratie."
"Je ne peux que regretter cet enchaînement de décisions qui nous enlèvent, mois après mois, année après année, quelques prérogatives et quelques possibilités de décider que nous avions encore. Peut-être sommes-nous encore bons pour les nids de frelons ou bien pour les pigeons voyageurs et leur stérilisation. Mais je trouve quand même que c'est assez dédaigneux."
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