La start-up du spatial Infinite Orbits inaugure à Toulouse sa première usine dédiée à la production de satellites très spéciaux
La start-up toulousaine Infinite Orbits a inauguré ce 7 septembre 2026 sa première usine de satellites dans le quartier de Montaudran. L'investissement, de sept millions d'euros, va permettre de fabriquer trois satellites, commandés par le CNES, la Direction générale de l'armement (DGA) et un fournisseur de services de télécommunications. L'entreprise vise de nombreux autres contrats dans les prochaines années.
l'essentiel La start-up toulousaine Infinite Orbits a inauguré ce 7 septembre 2026 sa première usine de satellites dans le quartier de Montaudran. L'investissement, de sept millions d'euros, va permettre de fabriquer trois satellites, commandés par le CNES, la Direction générale de l'armement (DGA) et un fournisseur de services de télécommunications. L'entreprise vise de nombreux autres contrats dans les prochaines années.
Avec trois satellites inscrits à son carnet de commandes, la start-up Infinite Orbits, créée en 2017, vient d'implanter sa première usine de satellites dans le quartier de Montaudran à Toulouse. Au numéro 18 de l'avenue Didier Daurat, un grand bâtiment comprenant une salle blanche de 500 m2 a été inauguré ce 7 septembre 2026. Cet investissement de sept millions d'euros va permettre d'assembler, d'intégrer et de tester ses premiers satellites commandés par le CNES, la Direction générale de l'armement (DGA) et SES, le premier fournisseur de services de télécommunication satellitaire au monde basé au Luxembourg.
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Trois satellites pour des missions d'inspection, de protection et d'extension de vie
Ces trois satellites auront des missions bien différentes. Le premier à être construit, Orbit Guard 3, sera un micro-satellite de 50 kg pour le CNES. D'un volume d'environ un mètre cube, il doit servir à valider une mission complexe d'inspection de proximité en orbite géostationnaire. Concrètement, il s'approchera de Meteosat-8, un ancien satellite météo européen inopérant, pour analyser son état structurel et mesurer sa vitesse de rotation. L'objectif est de démontrer l'efficacité des algorithmes de navigation autonome d'Infinite Orbits pour s'approcher en toute sécurité d'un débris spatial ou d'un satellite non coopératif, et ouvrir ainsi la voie au nettoyage ou à la réparation spatiale.
Le deuxième satellite, Orbit Guard 4, sera lui un patrouilleur militaire d'une centaine de kilogrammes. Face à la multiplication de satellites espions en orbite, la DGA souhaite l'utiliser pour protéger ses satellites. Il pourra manœuvrer de manière autonome à moins d'un kilomètre d'un objet suspect, et grâce à ses caméras haute performance et ses logiciels d'intelligence artificielle, Orbit Guard 4 sera en mesure de caractériser la menace et de s'interposer si besoin. Ces deux satellites doivent être livrés en milieu d'année prochaine.
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Endurance, le troisième satellite commandé à Infinite Orbits par SES, ira lui, au contact d'un satellite géostationnaire pour prolonger sa durée de vie. Lorsqu'un satellite de télécommunications qui vaut souvent plusieurs centaines de millions d'euros arrive en fin de vie, ce n'est en effet généralement pas parce que ses instruments sont en panne, mais simplement parce qu'il a épuisé ses réserves de carburant. Et sans carburant, on ne peut plus corriger sa trajectoire pour rester face à la Terre et il devient, de fait, inutile.
D'une masse de 750 kg, le satellite Endurance, aura donc pour mission de s'amarrer. "Il sera équipé d'un bras avec une pince déployable qui permettra de venir s'accrocher directement au satellite géostationnaire. Il utilisera ses propres moteurs et ses propres réservoirs pour maintenir le satellite client sur sa bonne orbite et assurer ses corrections de trajectoire de manière à le rendre de nouveau opérationnel pour cinq années supplémentaires", explique Franck Davaux, le directeur de la nouvelle usine. La livraison d'Endurance est prévue fin 2027, début 2028.
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Un marché de niche très prometteur
Et après ? Si pour l'heure, aucune autre commande ferme n'a été signée, Adel Haddoud, le patron d'Infinite Orbits, n'est pas du tout inquiet. "Les satellites que nous faisons, sont des objets très complexes, capables de réaliser des opérations de proximité, et il y a très peu de sociétés dans le monde à faire cela. Je pense donc qu'il est fortement probable qu'on double notre production de satellites chaque année jusqu'à la fin de la décennie. Signe qui ne trompe pas, Infinite Orbits compte aujourd'hui quelque 200 salariés, dont une centaine a été recrutée sur les douze derniers mois. Et la pépite toulousaine du spatial prévoit de continuer sur la même lancée avec une centaine d'embauches supplémentaires annoncées d'ici à l'été prochain.