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“La situation est vraiment tendue”: le gazole bondit à 2,13 euros le litre et ça risque de s’aggraver avec la nouvelle escalade en Iran et les pénuries en Russie

Une nouvelle escalade de la guerre au Moyen-Orient, les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes et des marges de raffinage très élevées font grimper les prix à la pompe. Alors que les stocks restent limités, les analystes ne s'attendent pas à une décrue rapide.

"La situation est vraiment tendue": le gazole bondit à 2,13 euros le litre et ça risque de s'aggraver avec la nouvelle escalade en Iran et les pénuries en Russie

Publié aujourd'hui à 12h40

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Une nouvelle escalade de la guerre au Moyen-Orient, les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes et des marges de raffinage très élevées font grimper les prix à la pompe. Alors que les stocks restent limités, les analystes ne s'attendent pas à une décrue rapide.

Après une accalmie à la fin du mois de juin, les prix du gazole ont nettement rebondi ces derniers jours pour se situer bien au-dessus de la douloureuse barre des 2 euros le litre. Ce lundi 20 juillet, en pleine période de vacances, le carburant le plus consommé en France s'achète en moyenne à 2,13 euros le litre, soit 23 centimes de plus que le 1er juillet dernier, selon les données du site Carbu.com.

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L'essence SP95-E10 atteint aussi 2 euros le litre en moyenne, mais la crise la plus aiguë concerne le diesel, dont les Européens sont fortement importateurs, estiment les analystes.

"La situation est vraiment tendue. Le véritable goulot d'étranglement du système pétrolier actuel réside dans le raffinage, plus encore que dans le pétrole brut. L'épicentre de cette situation se situe sur le marché du diesel, et en particulier en Europe", observent ainsi les analystes de Morgan Stanley dans une note.

Ces fortes tensions s'expliquent en partie par la nouvelle escalade militaire au Moyen-Orient, qui propulse les cours du pétrole brut au-dessus des 90 dollars le baril et éloigne la perspective d'un cessez-le-feu durable. Le trafic maritime y reste très perturbé.

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Ce lundi, l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO rapporte qu'un navire est en feu dans le détroit d'Ormuz après avoir été "frappé par un projectile d'origine inconnue" et au moins deux pétroliers ont été "arrêtés" par les Gardiens de la Révolution iraniens. De leur côté, déplorant au moins trois morts ce week-end, les États-Unis indiquent avoir mené une neuvième nuit de bombardements.

Des marges au plus haut

Mais ce n'est pas tout. Les prix du gazole sont tirés à la hausse par la situation en Russie. La multiplication des attaques ukrainiennes contre des raffineries russes a conduit à une chute considérable de la production de carburant, tombée à son niveau le plus faible depuis plus de vingt ans, selon des données de EA Analytics rapportées par Bloomberg.

Faisant face à des pénuries et à une très forte hausse des prix à la pompe, Moscou a annoncé le 8 juillet interdire ses exportations de gazole. Ses clients habituels, comme la Turquie ou les pays d'Asie du Sud-Est, sont donc obligés de s'approvisionner ailleurs, faisant grimper les cours en Europe.

"La Russie exporte en règle générale environ 800.000 barils de diesel ou d'essence chaque jour, soit environ 10% de l'offre disponible. Cela a évidemment un impact significatif", note Janiv Shah, vice-président du cabinet spécialisé Rystad Energy, auprès de l'AFP.

Dans ce contexte, et comme depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les marges des raffineurs atteignent des niveaux records. "La marge de raffinage européenne sur le diesel est aujourd'hui plus élevée que le pic atteint en 2022. (...) Les stocks en Europe sont bas, tandis que la demande reste élevée, voire progresse. Et la disponibilité des stocks hors d'Europe est tendue. Tout cela participe à faire grimper cette marge", observe Janiv Shah.

Pas d'embellie en vue

La situation risque de ne pas s'améliorer sensiblement dans les prochains jours, ce qui pourrait maintenir les prix à un niveau élevé.

"Peu d'indicateurs font envisager une baisse des prix, sauf s'ils grimpent à un tel point qu'ils détruisent une partie de la demande", anticipe le vice-président du cabinet spécialisé Rystad Energy.

Les marges dégagées par les raffineurs sont également importantes aux États-Unis. Elles ont atteint le niveau le plus élevé jamais enregistré, notait Bloomberg, alors que les prix à la pompe sont aussi repassés au-dessus de la barre symbolique des 4 dollars le gallon.

Ce rebond risque de relancer l'inflation et pourrait pousser la banque centrale américaine à relever ses taux directeurs, au risque de ralentir l'activité économique outre-Atlantique. La Banque centrale européenne, qui a déjà effectué une hausse le mois dernier, sera confrontée à la même question lors de sa réunion jeudi.

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