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La sécurité du nouvel Air Force One offert par le Qatar inquiète

En changeant à la dernière minute d'avion mercredi pour quitter le sommet de l'OTAN en Turquie, le président américain Donald Trump a déclenché de nombreuses inquiétudes sur la sécurité entourant son nouvel "Air Force One", un cadeau du Qatar.

En changeant à la dernière minute d'avion mercredi pour quitter le sommet de l'OTAN en Turquie, le président américain Donald Trump a déclenché de nombreuses inquiétudes sur la sécurité entourant son nouvel "Air Force One", un cadeau du Qatar.

En s'envolant pour Ankara avec ce Boeing 747-8 réaménagé, le président américain n'avait pas caché son enthousiasme, décrivant un appareil "vraiment exceptionnel". Mais une fois sur place, Donald Trump a subitement renoncé à l'utiliser pour quitter le pays, à la dernière minute, rapidement.

Les journalistes invités à bord lors du vol retour du nouvel Air Force One ont d'ailleurs reçu la consigne, normalement réservée aux zones de guerre, de garder les stores des hublots baissés. Le transpondeur – le système d'identification de l'appareil – a été désactivé, rendant ainsi l'avion indétectable et gardant sa destination ainsi que son plan de vol secrets.

Le luxueux appareil a volé vers le Royaume-Uni sans le président américain afin, selon lui, que des troupes américaines puissent en profiter, car il est "magnifique". Pendant ce temps, Donald Trump a fait le trajet dans l'un des deux anciens modèles – des 747-200 modifiés – sans en donner la raison.

L'ancien Air Force One, un Boeing VC-25A, sur la base aérienne dEtimesgut, près d’Ankara. Turquie, le 8 juillet 2026. [AFP - SAUL LOEB]
L'un des deux anciens avions présidentiels, un Boeing VC-25A, sur la base aérienne d'Etimesgut, près d’Ankara en Turquie, le 8 juillet 2026. [AFP - SAUL LOEB]

Un assassinat planifié?

Selon le New York Times, le nouvel avion, offert par la famille royale qatarie [lire encadré], n'est pas équipé des mêmes systèmes de défense que ses prédécesseurs.

La presse américaine affirme aussi que le changement d'avion aurait été recommandé par son service de sécurité, au moment d'un regain des tensions avec l'Iran, pays frontalier de la Turquie. Le Wall Street Journal parle lui d'un avertissement provenant d'Israël.

Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême iranien, a récemment confirmé que Donald Trump était dans la ligne de mire de l'Iran. Il le serait même depuis 2020, suite à l'assassinat du général Qassem Soleimani par une frappe américaine à Bagdad.

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Il s'agit donc d'une vengeance, mais pas uniquement. "Lorsque ce régime fait irruption en 1979, l'un de ses fondamentaux idéologiques, c'est l'anti-occidentalisme", rappelle David Khalfa, consultant spécialiste du Proche-Orient, samedi sur France Télévisions: "L'anti-américanime étant un sous-produit de l'anti-occidentalisme, il est assez logique que le régime iranien veuille se débarrasser du 'Grand Satan' américain".

Dans un premier temps, Donald Trump a nié toute menace. Mais après avoir à nouveau changé d'avion au Royaume-Uni pour rentrer à Washington avec le nouvel appareil, il a fait référence à de supposées tentatives d'assassinat iraniennes: "Vous êtes probablement dans un vol dangereux à cause des salopards que nous devons gérer", a-t-il même lancé aux passagers invités.

L'ancien modèle a des systèmes de défense sophistiqués

"Le nouvel Air Force One est un avion ultramoderne équipé de protocoles de sécurité de haut niveau qui garantissent la protection du président et de son équipe", a soutenu vendredi le directeur de la communication de la Maison Blanche Steven Cheung dans un communiqué. Il peut même être transformé en "situation room" volante.

"Nous utilisons tous les moyens à notre disposition pour faire face" aux menaces contre le président, a-t-il poursuivi. Il avait mentionné la veille auprès de médias américains l'existence d'outils de "diversion et de désorientation".

Si aucun détail n'est public, il a été rapporté que l'ancien modèle d'Air Force One est doté de systèmes de défense sophistiqués, dont des brouilleurs de radars et des leurres anti-missiles. La présence ou non de ces équipements sur le nouvel appareil n'est pas connue, mais des éléments visibles sur les anciens ne le sont pas sur le nouveau. Interrogé, le Secret Service a renvoyé vers la Maison Blanche.

La sécurité nationale en jeu

Des sénateurs démocrates ont officiellement demandé à l'armée de l'air de s'expliquer sur de "véritables préoccupations en matière de sécurité nationale". D'anciens militaires ont également exprimé leurs doutes: "Peu importe que vous équipiez un avion qatari, il ne sera jamais construit de zéro pour avoir les capacités défensives d'un Air Force One fait sur mesure", a affirmé John Teichert, un ancien officier de l'armée de l'air, sur la chaîne de télévision Fox News.

L'avion qatari doit être utilisé en attendant que deux nouveaux Boeing dérivés du 747-8 soient livrés dans les prochaines années, après des retards en série. Donald Trump a expliqué qu'il serait donné, à terme, à son projet de bibliothèque présidentielle à Miami comme pièce d'exposition.

Mais ce don du Qatar, évalué à plusieurs centaines de millions de dollars, a soulevé des questions éthiques et constitutionnelles majeures concernant les cadeaux qu'un président peut recevoir de l'étranger. Des critiques balayées par Donald Trump, disant que "seulement quelqu'un de stupide" rejetterait ce cadeau.

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Stéphanie Jaquet et les agences

Un don du Qatar

La famille royale qatarie a fait don de ce jet luxueux à Donald Trump l'année dernière, après que ce dernier se soit plaint de l'état des deux anciens exemplaires d'Air Force One, en service depuis 1990. Il pourrait valoir entre 200 et 400 millions de dollars, selon les estimations.

Initialement conçu comme avion de ligne en 2012, l'appareil a été rapidement réaménagé par l'armée de l'air américaine, pour un vol inaugural le 1ᵉʳ juillet vers le Dakota du Nord. Mais l'armée américaine avait auparavant admis qu'elle avait dû faire des compromis, notamment sur l'agencement de l'intérieur, pour une mise en service rapide.

"Aucun risque n'a été pris en matière de sécurité, de sûreté ou de communications, mais l'équipe a effectué des arbitrages" sur d'autres aspects, a expliqué l'US Air Force dans un communiqué en juin.

En janvier, le New York Times expliquait que le président Trump pourrait commencer à voler dans cet avion dès l'été. Toutefois, il soulignait que les améliorations sécuritaires pourraient "prendre jusqu'à deux ans pour être complètes", selon le Pentagone et des personnes expertes dans cette industrie, et coûter entre 400 millions et un milliard de dollars.