La Russie se prépare à mobiliser 300.000 militaires supplémentaires : “C’est le dernier recours de Poutine”
Ce dimanche, Volodymyr Zelensky a affirmé que la Russie a perdu 267.000 hommes depuis le début de l'année dont 155.000 soldats morts au front. Des chiffres très importants qui pousseraient Poutine à lancer une ...
Ce dimanche, Volodymyr Zelensky a affirmé que la Russie a perdu 267.000 hommes depuis le début de l'année dont 155.000 soldats morts au front. Des chiffres très importants qui pousseraient Poutine à lancer une nouvelle mobilisation massive.
Une idée qui lui trotterait en tête alors que les élections législatives auront lieu le mois prochain. Le sujet est pourtant sensible à Moscou. En 2022, au début de la guerre, une première conscription avait déjà poussé de nombreux jeunes hommes russes à quitter le territoire. Plusieurs manifestations avaient également eu lieu pour montrer le mécontentement du peuple.
Le plan de Poutine serait de recruter 300.000 nouveaux hommes afin de conquérir les territoires manquants dans la région de Donetsk. Les troupes russes possèdent déjà 80 % de cette contrée.
Mais le Kremlin ne compte s'arrêter là et voudrait également que ses hommes gagnent du territoire dans les régions de Kharkiv et de Soumy se situant dans le nord de l'Ukraine.
Interrogé par nos confrères de la VRT, le spécialiste des questions de défense Roger Housen affirme que Poutine met dans la tête des Russes qu'une mobilisation post-électorale aura lieu. L'ancien colonel se base sur une déclaration du président russe qui accuse Kiev d'avoir déclenché une spirale dangereuse en ciblant des entreprises essentielles à l'économie russe.
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"Poutine prépare l'opinion publique russe à une mobilisation depuis près de deux mois" affirme Rouger Housen.
Il ajoute que les bras droits de Poutine évoquent des attaques de l'Occident contre l'État russe. "Ce n'est donc pas l'Ukraine, mais bien l'Occident qui est invoqué en premier lieu pour justifier cette mesure."
Le président russe travaille depuis plusieurs mois sur une mise en place parfaite des conditions pour cette mobilisation. Lorsqu'il avait fait la même chose en 2022, cela avait fortement déplu à la population ce qui avait entraîné l'exil de nombreux Russes. Il a, cette fois, adapté les réglementations pour que cela ne se reproduise plus.
"Ceux qui ne se présentent pas à leur convocation ne reçoivent plus de permis de travail, ni d'assurance maladie, et ne peuvent plus étudier" ajoute l'ancien colonel.
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La question des conscrits fait beaucoup parler en Russie. Lorsque Poutine avait voulu les envoyer sur une opération à l'étranger en 2023, le peuple était descendu dans les rues. Il avait alors "calmé" les choses en parlant d'aides financières.
Grâce à une modification législative, le Kremlin serait désormais en capacité de refaire le coup mais pas sûr que la population n'avale la pilule.
"S'il venait à mobiliser à nouveau des conscrits, il risquerait de susciter le mécontentement de la population. Cette nouvelle mobilisation serait son dernier recours" réagit Rouger Housen.
Les territoires occupés par la Russie dans la région de Donetsk représenteraient près de quatre fois la taille de la Belgique. "Pour contrôler un territoire aussi vaste, il faut au moins 150.000 militaires présents sur place en permanence, qu'il faut également relayer."
Et ce sans compter sur la résistance ukrainienne que feront face les troupes russes. "Cela nécessiterait en effet la mobilisation d'un nombre considérable de personnes pendant de nombreuses années" affirme-t-il.
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Zelensky a affirmé que les deux pays font statu quo sur le front depuis le début de l'année. Les Ukrainiens ont même repris entre 500 et 600 kilomètres carrés dans la région de Zaporijia cet été.
Le problème pour l'Ukraine se situe au nord-ouest du Donbass où les Russes ont fortement progressé cette année. Ils ont pris certaines villes importantes et pourraient s'emparer des deux dernières villes du Donbass encore sous le contrôle ukrainien.
"Si elles tombent, ce sera un coup dur pour Zelensky. Même si l'Ukraine ne perd pas beaucoup de territoire en termes nets d'ici 2026, la perte de ces villes serait douloureuse" explique le spécialiste des questions de défense.
Selon les affirmations de Zelensky, la Russie a perdu 267.000 hommes cette année. Une mobilisation de 300.000 soldats supplémentaires aurait-elle pour but de compenser ces pertes ou serait-ce un vrai renforcement ?
"En théorie, cette mobilisation ne servirait pas à remplacer les effectifs perdus, qu'il s'agisse des soldats tombés au combat ou des blessés. Ce rôle est déjà assumé par les contractuels" répond Roger Housen. Il ajoute que le vivier dont ils sont issus n'est pas infini et qu'on espère que cette mobilisation passe du côté Russe.
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De l'autre côté, des mobilisations sont également possibles même si "les Ukrainiens se mobilisent depuis le début de la guerre" affirme l'ancien colonel.
Comme en Russie, cela a fortement déplu et poussé énormément de jeunes hommes à fuir le pays.
Kiev a beau vouloir recruter des conscrits, le nombre de nouvelles recrues n'arrivera jamais à la cheville de celles de la Russie pour des raisons pures et simples de démographies.
"De plus, l'Ukraine a besoin de jeunes pour faire tourner l'économie et l'industrie de la défense. Si ceux-ci sont envoyés combattre, le pays se retrouvera face à un nouveau problème" ajoute Housen.
L'OTAN en danger ?
Qu'en est-il de l'OTAN ? Peut-on craindre un déploiement de troupes russes ? "En théorie, oui, mais cela n'arrivera pas. Les soldats qui seraient mobilisés doivent être équipés" rassure-t-il.
Ouvrir un deuxième front, fournir les véhicules et l'arsenal n'est pas une possibilité pour la Russie.
"Poutine n'a pas l'intention de franchir la ligne rouge fixée par l'Occident, à savoir la frontière de l'OTAN et de l'UE. La riposte serait si violente que les coûts de ce deuxième front l'emporteraient sur les bénéfices pour la Russie."
"Selon les analystes de l'OTAN, il faudra cinq à sept ans à la Russie, une fois la guerre avec l'Ukraine terminée, pour reconstruire son armée afin de pouvoir mener une nouvelle guerre comme celle contre l'Ukraine. Poutine sait très bien qu'il s'exposerait à de graves conséquences s'il envahissait un autre pays" conclut Roger Housen.